J.J. Abrams était à Paris il y a quelques jours pour présenter son nouveau Star Trek.

Tellement obnubilé par le fait que le réalisateur du renouveau de la franchise va passer de l’autre coté de la barrière en réalisant un nouveau Star Wars, on aurait presque pu oublier qu’il nous proposait un deuxième volet réunissant l’équipage de l’Enterprise face à Benedict Cumberbatch.
Il faut dire que le film sort dans les salles françaises le 12 juin prochain, soit plus d’un mois après la plupart des autres pays du monde (et ce, pour éviter de tomber en plein Festival de Cannes). Vous avez donc plus de six semaines à patienter.

Mais d’ici là, un avant-goût, en attendant un gros dossier sur l’univers de James Tiberius Kirk et une deuxième critique par un spécialiste.

 

Star Trek est sans aucun doute l’univers de science fiction le plus décliné : six séries télévisées et douze films sans parler des romans, bande dessinées et multiples supports. William Shatner, Leonard Nimoy ou encore Patrick Stewart sont devenus célèbres grâce à l’œuvre de Gene Roddenberry et les fans, les Trekkies, sont sans doute aussi nombreux que ceux de Star Wars ou du Seigneur des Anneaux.
Après dix films se déroulant chronologiquement, la franchise est arrivée dans les mains de J.J Abrams, alors connu principalement pour avoir créé des séries télés et n’avoir tourné qu’un seul long, le troisième Mission Impossible. A une époque où le reboot est à la mode, Abrams et ses scénaristes trouvent alors une pirouette pour inclure les personnages rajeunis dans la chronologie officielle : inventer une histoire impliquant le Spock original et du voyage dans le temps pour faire de cette nouvelle saga une sorte d’univers parallèle. L’idée, si elle permet à la fois de rajeunir l’équipe, de modifier des choses mais aussi de faire intervenir des éléments des séries originales comme Leonard Nimoy, n’a pas manqué de faire hurler les Trekkies.

Quatre ans après le premier volet, arrive Into Darkness. Et le débat n’a pas fini de faire rage.

Ne vous fiez une nouvelle fois pas à ce que raconte les bandes annonces, largement trompeuses (on se souvient du premier teaser montrant bien peu de voyage spatial). Nous sommes quelques temps seulement après les évènements du premier film et Kirk est toujours une tête brulée, bien que bien installé dans le fauteuil de Commandant de l’USS Enterprise. Il va contrevenir à une règle essentielle de Starfleet (ne pas influencer une civilisation) pour sauver Spock d’une mort certaine. La conséquence de son acte sera sans appel : il va perdre le commandement de son vaisseau. Au même moment, à l’autre bout de la planète, un homme convint un autre de commettre un attentat. John Harrison fait faire exploser un bâtiment officiel au coeur de Londres pour ensuite s’attaquer au haut commandement de la flotte. Un plan minutieusement préféré alors que le héros vient de perdre tout ce qu’il possède.

Ca ne vous rappelle rien ? On est pourtant face à un nouveau film reprenant la structure de Chris Nolan déployée dans The Dark Knight et Rises : un méchant charismatique, ayant un plan très arrêté et un héros mis à mal. Si Nolan se prenait les pieds dans sa propre idée, repompée également par Avengers (ce ne sera pas le seul point commun, le méchant d’Into Darkness rappelant surtout Loki), il faudra attendre Skyfall pour que le schéma fonctionne. Mais le succès du James Bond de Sam Mendes aurait dû mettre la puce à l’oreille de J.J. Abrams : ce qui fonctionne une ou deux fois ne fonctionne pas systématiquement. Ainsi, le gros reproche à faire à ce nouveau Star Trek est son caractère déjà-vu. On connait l’histoire, on sait ce qui va se passer et à part deux évènements majeurs, le film ne contient aucun élément scénaristique vraiment original.

Alors pourquoi y aura-t-il débat ? Parce qu’au milieu de son histoire déjà racontée ailleurs, J.J. Abrams n’oublie pas l’héritage de la franchise ni le fait que nous sommes dans une chronologie parallèle. Ainsi les Trekkies retrouveront des éléments connus et d’autres modifiés. Reste à savoir comment ils les percevront, comme un beau cadeau ou comme une horrible trahison. Le spectateur que je suis, qui a vu une poignée de films, a néanmoins beaucoup apprécié le dernier quart. On en dira pas plus, vous comprendrez en salles le pourquoi du comment.

On parle de l’impression de déjà-vu, il faudra aussi évoquer certains éléments forcés. Le scénario d’Orci, Kurtzman et Lindelof (aïe…) est truffé d’éléments uniquement destinés à multiplier les univers visuels et les péripéties. Une bombe à désamorcer ? On aurait pu le faire au coeur de l’Enteprise mais c’est sans doute plus drôle sur une planète inconnue ? Un méchant qui se téléporte ? Il aurait pu le faire à l’autre bout de la Terre mais préfère se déplacer en territoire hostile pour montrer une autre civilisation et glisser ainsi une scène de combat. AU final, le scénario -comme le montrait d’ailleurs la première bande annonce- aurait pu se dérouler intégralement sur Terre que ça n’aurait pas posé de problème. Mais il faut bien justifier qu’on est dans Star Trek et que les voyages spatiaux sont la base de l’univers.

On critique, on critique mais un peu à l’image d’Iron Man 3, ce 12e Star Trek est quand même un divertissement de haut vol. On reprochait aux troisièmes aventures de Tony Stark de souffrir de problème d’écriture tout en étant du grand spectacle, le schéma se reproduit donc ici. Les acteurs sont bons et chacun a son moment malgré la foule de personnages. Benedict Cumberbatch, méchant monolithique, déborde charisme rendant inintéressant les Loki et autre Bane.
Si vous en avez la possibilité, allez donc le voir au format Imax. La mise en scène de J.J. Abrams n’a rien de novatrice mais il fait le boulot, préférant notamment les longs plans aux montages ultra cut et le rythme est suffisamment enlevé pour qu’on ne s’ennuie jamais.
On en prend donc plein les yeux mais également plein les oreilles, Michael Giacchino offrant au film une de ses meilleures compositions et prouvant une nouvelle fois qu’il est l’un des meilleurs dans son domaine à l’heure actuelle.

Au final, s’il faut bien s’assoir sur ses défauts, Star Trek Into Darkness n’en est pas moins un divertissement de qualité, qui remplit son contrat à l’heure où le space opera est devenu un genre bien trop rare. A la vue de ce deuxième volet, une chose est au moins certaine : J.J. Abrams a les épaules pour continuer à faire de la science fiction dans une galaxie lointaine, très lointaine…

 

Star Trek Into Darkness – Sortie le 12 juin 2013
Réalisé par J.J. Abrams
Avec Chris Pine, Zachary Quinto, Benedict Cumberbatch
Alors qu’il rentre à sa base, l’équipage de l’Enterprise doit faire face à des forces terroristes implacables au sein même de son organisation. L’ennemi a fait exploser la flotte et tout ce qu’elle représentait, plongeant notre monde dans le chaos…
Dans un monde en guerre, le Capitaine Kirk, animé par la vengeance, se lance dans une véritable chasse à l’homme, pour neutraliser celui qui représente à lui seul une arme de destruction massive.
Nos héros entrent dans un jeu d’échecs mortel. L’amour sera menacé, des amitiés seront brisées et des sacrifices devront être faits dans la seule famille qu’il reste à Kirk : son équipe.

3 commentaires

  • Trackback: CloneWeb » Star Trek : Dans les Ténèbres
  • rafa07 mardi 11 juin 2013 14 h 14 min

    7’ai vu la série des années 70,revu à multiples reprises les six premiers films du capitaine Kirk et Monsieur Spock et je peux dire en tant que fan des premiers Star Trek que ce deuxième opus m’a embarqué du début à la fin.

    Du pur spectacle de science fiction comme on en fait peu, les changements de JJ Abrams par rapport à “la colère de Khan” ne choque pas, le résultat est là: Une réussite !!!

  • Alexander_R mercredi 12 juin 2013 10 h 04 min

    Je suis un Trekkies de la première heure et encore une fois, ce film qui en plus d’être juste une insulte au Cinéma SF est la mise à mort pure et simple de tout l’esprit Star Trek. Rarement j’ai vu un scénario aussi crétin, enfin si la dernière fois ce fut avec Prometheus…

    JJ Abrams n’a jamais été un bon réalisateur et le film le montre encore une fois, on dirait un pilote tv, c’est réalisé comme un pilote pour la TV, aucune impression de gigantisme spatial.

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