Le long-métrage français évènement et présenté en work in progress au Festival d’Annecy s’appelle Les Hirondelles de Kaboul.

C’est un évènement pour plusieurs raisons : d’abord parce que c’est l’adaptation du roman, premier volet d’une trilogie, de l’algérien(ne) Yasmina Khadra mais aussi parce que c’est le premier film live pour la réalisatrice Zabou Breitman mais aussi pour la jeune et talentueuse Eléa Gobbé-Mévellec, qui avait auparavant travaillé sur Ernest et Célestine et le Chat du Rabbin.

Derrière le pseudonyme de Yasmina Khadra se cache l’écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, pseudo composé des prénoms de son épouse. Il est l’auteur des Hirondelles de Kaboul, histoire sur la condition des femmes (mais aussi un peu des hommes) en Afghanistan à la fin des années 90. On y suit deux couples qui vont se croiser, et qui sont sous le joug des talibans. L’un des personnages est un gardien de prison qui avoue à sa femme avoir pris gout à la lapidation d’une femme. Les deux autres veulent être libres et ne pas suivre les obligations intégristes.

D’abord prévu pour être adapté en live, par Zabou Breitman, le film est vite devenu une production animée – quand les producteurs se sont rendus compte de la complexité de tourner une telle histoire avec de vraies acteurs. Il fallait donc une jeune animatrice pour épauler la réalisatrice de Je l’Aimais et le travail d’Eléa Gobbé-Mévellec a convaincu le producteur Ivan Rouveure qui voulait impérativement un point de vue féminin sur cette histoire compliquée.

Le live a néanmoins été utilisé. Les acteurs prévus pour le doublage ont tourné les scènes dans un semblant de décor, avec quelques éléments de costumes et en apprenant le texte par coeur. C’est donc leur interprétation, y compris l’improvisation et les bruitages, qui a ensuite été animée – du moins en partie. Une technique déjà utilisée par Disney avec la Belle au Bois Dormant ou par les studios Aardman.

Les images montrées étaient très belles et très travaillées. Du trait noir d’abord, qui laissaient place à des couleurs à tendance pastelles avec un travail particulier sur la lumière et la poussière. Un style épuré et beau, qui contraste avec la violence du propos et des images, des traits parfois incomplets obligeants le spectateur à imaginer une partie du résultat. On a été séduit par cette belle production qui vise les adultes, chose rare en France, pour un budget de 5,7 millions d’euros. Hâte désormais d’en voir plus, ce qui sera possible dès décembre de cette année.

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