Le Festival d’Annecy accueillait ce jeudi une présentation d’images et un work in progress si important que la grande salle du Palais de Bonlieu a été remplie dès le petit matin par des fans et des étudiants en animation qui s’êtaient levés tôt pour écouter parler celui qui a initié sa saga avec brio il y a huit ans.

Le réalisateur de la trilogie Dragons Dean DeBlois, accompagné entre autres de son producteur Brad Lewis, a dévoilé le dernier volet sous-titré Le Monde Caché devant une audience gonflée à bloc.

Il a pourtant commencé en expliquant qu’il n’aimait pas les suites. Mais quand Dreamworks lui a proposé de faire non pas une mais deux suites au film de 2010, il a signé. C’était l’occasion d’évoquer des personnages grandissant en même temps que leur audience, et pas seulement différentes histoires séparées, et de boucler une histoire en expliquant pourquoi les dragons ont disparu. Le livre de Cressida Cowell, qui a inspiré le film d’animation, commence en effet par une citation de Harold/Hiccup : “There were dragons when I was a boy” (ou “il y avait des dragons quand je n’étais qu’un garçon”).

L’histoire du Monde Caché se déroule donc quelques temps après les évèmenets du second volet. Harold a réalisé son utopie : un village où vikings et dragons peuvent vivre en harmonie. Mais il va vite être rattrapé par la réalité. La population s’entasse, et il va falloir trouver un autre foyer si plus de dragons venaient à être libérés. La solution pourrait se trouver dans le monde caché qui donne son titre au film, mais cette terre originelle des dragons est une légende. Harold et sa troupe vont donc devoir se mettre en quête du lieu espéré, chose qui ne se fera pas sans embûche.

Trois chefs de guerre descendant de Drago ont embauché un tueur de Dragons, le fameux Grimmel, qui a tué toutes les Furies Nocturnes à l’exception d’une seule, Krokmou. Le lien avec Dragons 2 semble donc faible mais il est probable que l’équipe du film ait bien veillé à ne pas tout dévoiler. On a quand même vu que Grimmel chevauchait un dragon inspiré d’un scorpion (et dont les flammes sont en fait de l’acide) et qu’il vit dans un univers très militarisé, sombre et oppressant, qui nous a rappelé la Nation du Feu dans la série animée Avatatar Le Dernier Maitre de l’Air.

Si seul le départ de l’histoire et la justification du titre ont vraiment été expliquées, Dean DeBlois se gardant bien de tromper en montrer en ce qui concerne Grimmel, le réalisateur a été généreux en images, montrant notamment l’évolution des personnages et leurs nouveaux équipements. Harold a fait évoluer sa lame de feu, et surtout son costume désormais ignifugé car fabriqué à partir des écailles tombées de son compagnon. Une armure sombre et un casque intégrale. Tous ses petits camarades, dont Astrid avec laquelle une union est envisagée, ont suivi cette voie.
Pour Dean DeBlois, l’évolution de son personnage est logique. Celui qui a d’abord cherché à s’adapter au monde dans lequel il vit a ensuite abandonné sa jeunesse pour partir de chez lui et découvrir qu’on n’est jamais mieux que dans son foyer. Cette fois, Harold va devoir apprendre à laisser tomber ses croyances pour mieux se dépasser.

La libération des dragons a conduit à la surpopulation de la ville de Beurk, où des nids sont désormais construits au dessus des habitations humaines. Et où les moutons sont désormais en voie de disparition, à tel point que les humains sont obligés de les camoufler en dragons pour qu’ils ne se fassent pas bouffer.

On ne peut pas finir cet exposé sans évoquer la nouvelle Furie Diurne et pour laquelle Krokmou va perdre la tête. Designée par Simon Otto, déjà à l’origine du visuel du dragon noir, elle est blanche et plus fine que son futur (?) petit copain. Elle a également la possibilité de se camoufler dans le décor après avoir plongé dans son propre jet de flamme. Et elle va venir chambouler la relation entre Krokmou et Harold.

Au delà de cette présentation, différents extraits ont été montrés. Nous avons vu une scène de libération des dragons, partiellement présente dans la bande-annonce, passage permettant de réintroduire les différents héros et probablement au début du film. On a aussi vu un passage un Beurk vraiment surpeuplé, où Harold reçoit des conseils même conjugaux. Et Dean DeBlois n’oubliant pas ce qui fait le succès de ses films, il a également dévoilé une scène muette dans laquelle les deux dragons se font la cour (là aussi, quelques plans étaient dans le trailer).

Tout un pan de l’histoire a été mis de coté pendant ces 90 minutes. Mais le public d’Annecy a été conquis par les visuels montrés et quelques yeux humides ont été croisés à la sortie de la salle, après avoir entendu la musique John Powell. Nous, on a désormais hâte de savoir comment la meilleure trilogie produite par Dreamworks Animation va se conclure.

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