Comme vous le savez peut-être si vous suivez CloneWeb sur les réseaux sociaux, je suis actuellement au Festival du Film d’Animation d’Annecy pour la fin de la semaine, principalement pour voir des longs métrages, vous en parler et faire du pédalo sur le lac.

Si on aura l’occasion de revenir sur les longs-métrages vus, j’avais envie de vous conter ce festival de l’intérieur d’autant qu’on assiste à des conférences et making of où il n’est pas toujours possible de prendre des images.

Voici donc le compte-rendu de cette première journée.

Tout commence à Paris, Gare de Lyon. Un café dans un gobelet et quelques épisodes de Doctor Who chargés pour pouvoir prendre le TGV et ses presque quatre heures de trajet pour rejoindre Annecy et son très beau lac. J’avoue que je ne connaissais pas spécialement la région et une chose est certaine à l’arrivée : ce festival se déroule dans un superbe décor qui donne envie de revenir y passer des vacances.

Des vacances car ce n’est pas de tout repos. Une fois repérée dans la ville, l’accréditation, véritable sésame ouvrant toutes les portes, autour du cou, il fallait bien se lancer dans le grand bain. J’ai donc commencé par une présentation making-of de Paperman, le court-métrage des studios Disney montré en ouverture.
Première déception : si l’équipe du film est bien présente, le court ne sera pas montré. “Il fallait être là” comme on dit. Pas grave, ça n’en es pas moins intéressant et John Kahrs le réalisateur explique avec beaucoup de ferveur comment il a travaillé sur son bébé.
La particularité de Paperman, c’est son rendu. Le film est bien en 3D mais donne l’impression de 2D. Qui plus est, il est en noir et blanc et bénéficie d’un visuel très particulier.
Il s’agit en fait de redessiner sur l’animation 3D pour rendre apparent les “traits de crayon” et donner cette impression d’animation classique. Ca permet notamment de faire des choses beaucoup plus dynamiques. Kahrs a par ailleurs tenu à ce que la lumière soit particulièrement travaillée et il y a eu beaucoup d’allers-retours entre l’animation et la lumière.
Difficile de se faire d’avantage une idée du projet en voyant le making of mais pas le film terminé. Néanmoins, Paperman est techniquement novateur et rien que pour ça, ça vaudra le coup.
Le film sera normalement rattaché aux Mondes de Ralph.

De là, un bus pour filer à l’autre bout de la ville pour la séance de rattrapage de Voyage vers Agartha. Le Festival organise en effet des séances en accès libre pour les accrédités et ouvertes au public dans plusieurs endroits pour permettre à chacun de voir un maximum de films.
Voyage vers Agartha (Children Who Chase Lost Voices from Deep Below – 星を追う子ども) est un long métrage d’animation japonaise réalisée par Makoto Shinkai (déjà metteur en scène de 5 cm par secondes) qui emmène une petite fille dans le mystérieux et fabuleux royaume d’Agartha, accompagnée d’un professeur qui y vient pour réaliser un rêve mais aussi d’un jeune homme qui en est originaire.
L’animation est très belle. Les combats sont très dynamiques et la palette de couleur vraiment réussie. Malheureusement, le film m’a donné une impression de déjà vu, sans doute parce que le héros Shin ressemble un peu trop à Ashitaka de Princesse Mononoke et que certains éléments (la quête d’un royaume fabuleux, des cristaux magiques) rappellent des films déjà vu, notamment du coté de chez Ghibli.
Le film sort le 4 juillet en DVD et blu-ray chez Kazé.

La soirée s’est terminée dans la grande salle du festival pour la première projection au monde du Jour des Corneilles de Jean-Christophe Dessaint dont la sortie est prévue pour octobre prochain.
Ce film d’animation français raconte l’histoire d’un père et son fils vivant dans une forêt, coupés de la civilisation, à laquelle ils vont devoir se confronter suite à un accident.
Sans trop en dévoiler, on peut reprocher au premier tiers du film d’être trop complexe et trop bizarre, le spectateur n’a alors pas suffisamment de clefs pour se sentir impliqué dans l’histoire.
Tout sera expliqué à la fin et permettra de raccrocher les wagons mais c’est un peu dommage de ne pas avoir donné d’explications plus tôt car on sort un peu trop du film et il faut arriver au très joli dernier tiers, celui avec les corneilles du titre, pour arriver à s’y replonger.
L’animation est réussie, les décors (plus que les personnages et leur ressemblance avec les Razmokets) et le film est plaisant et agréable à regarder malgré une construction un peu trop bancale à mon goût. Néanmoins, on manque de productions françaises audacieuses et indépendantes donc rien que pour cela, le film mérite votre intérêt.

Demain, on parlera d’animation française d’après une bande dessinée, de production irlandaise et encore d’animation asiatique.

A demain !

3 commentaires

  • Mr.Aka vendredi 8 juin 2012 12 h 10 min

    Merci à l’équipe de CLoneWeb pour ces précieux reportages, surtout que je n’ai pas pu m’y rendre cette année.

  • Christophe@J’aime Annecy mercredi 4 juillet 2012 17 h 45 min

    Dommage que le beau temps n’était pas au rendez-vous. Les projections sur le grand écran en plein air ne sont pas top sous la pluie.

  • Trackback: CloneWeb » The Garden of Words : Makoto Shinkai à Paris

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