On commence le récap’ de ce jeudi au Festival du Film de Neuchâtel en vidéo.

En effet, nos camarades du Daily Movies, journal suisse consacré au cinéma, ont tourné tous les jours une vidéo de débrief au NIFFF. Jean-Victor et Arkaron ont participé joyeusement à la dernière. Les autres sont à voir ici.

Mais ils ont aussi vu des films à commencer par Dark Touch de Marina de Van, le teen movie Ghost Graduation ou encore Au Nom du Fils du Belge Vincent Lannoo.

 

 

Dark Touch
de Marina de Van

La réalisatrice de Ne te retourne pas revient aujourd’hui avec une coproduction franco-irlando-suédoise traitant des enfants maltraités. Un sujet fort et important, qui mériterait d’être plus présent au cinéma. Malheureusement, la vision de la cinéaste se réduit à une pensée unilatérale qui manque cruellement de nuance et s’enferme dans une logique fataliste à laquelle on a bien du mal à adhérer tant l’horreur psychologique semble avoir pris le pas sur tout le reste. La forme est globalement lisse, profitant d’une photographie propre et de plans aérés. Ces plans sont toutefois desservis par une mise en scène assez aléatoire (on se passerait bien des plans sur le mobilier et sur la cime des arbres…). Sa volonté claire d’installer un climat anxiogène ne fonctionne pas un instant, étant donné que son approche fantastique est presque immédiatement mis en évidence et qu’un sifflement à la Paranormal Activity annonce les séquences censées nous mettre mal à l’aise… Le scénario, s’il va dans une direction bien précise, laisse un goût d’inachevé car l’évolution du personnage principal manque de crédibilité. L’acte final repose également sur de biens étranges choix, qui flirtent avec l’invraisemblance totale. Bref, on retiendra avant tout la jeune Missy Keating, qui donne réellement vie à cet univers auquel on ne croit pas tellement.

 

Ghost Graduation
de Javier Ruiz Caldera (2012)

Dans la dernière émission en date, on parlait de The Breakfast Club et de son importance capitale dans le genre du teen movie, un peu tombé en désuétude ces derniers temps… Jusqu’au NIFFF !
Tout du moins jusqu’à cette comédie espagnole dont le héros est un professeur de lycée se faisant virer d’un établissement à un autre à cause de sa capacité à voir les fantômes au point de parfois les confondre avec les vivants. Un don qui va lui servir lorsqu’il va devoir sauver un nouveau lycée hanté par 5 étudiants… Les fantômes en question semblent tout droit sortis du film de John Hughes à quelques détails près, dans un film au rythme implacable d’une heure et demie qui déroule une série de gags inventifs, des situations malines et un traitement intelligent du genre, la comédie pure laissant place petit à petit à l’émotion dans la conclusion. Hommage vibrant tout en étant accessible au plus grand nombre, Ghost Graduation parvient même à reprendre à son compte certaines codes incontournables du genre, comme la chanson « Total Eclipse of the Heart » de Bonnie Tyler et une flopée de titres de qualité, poussant la salle à taper des mains lors du final !
A l’image du fantôme bourré 24h/24 parce qu’il était ivre lors de sa mort, Ghost Graduation est une excellente comédie grand public, à la fabrication irréprochable, et qui mériterait d’être un grand succès populaire.

 

Au nom du fils
de Vincent Lannoo (2012)

On connaissait Vincent Lannoo pour son Vampires assez anecdotique et le bougre ne pouvait plus nous surprendre qu’avec ce Au nom du fils, qui voit une mère profondément catholique douter de plus en plus quand son cocon famillial implose sous le coup des excès de l’Eglise.
Au nom du fils, c’est la réponse parfaite aux nombreuses manifestations d’associations catholiques qui tombaient dans des amalgames tous plus crétins les uns que les autres pour mieux cacher leur intolérance. Sans jamais prendre de gants, le film dénonce les dérives d’une religion qui se croit parfois au dessus des autres quand bien même elle est gangrénée par des secrets inavouables.
Une charge frontale qui ne tire pas à vue bêtement, le scénario ne diabolisant pas l’Eglise mais ceux qui en abusent, tout en montrant les beaux côtés de la foi dans ce portrait de femme déchue.
La délicatesse et la neutralité avec lesquelles sont traitées certaines parties de l’intrigue sont d’autant plus surprenantes qu’elles sont appliquées à des éléments condamnables au premier abord, et que le film refuse de condamner en les entourant d’une zone de mystère bienvenue, et suffisante pour faire tomber les masques tout autour. Ajoutez à cela un épilogue fantastique sous forme d’analogie que ne renierait pas les frères Coen, et vous obtenez une petite bombe de subversion, le genre de film qui mériterait d’être diffusé un soir à 20h50 sur une grande chaîne histoire d’en remettre certains à leur place.

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