NIFFF Saison 5 épisode 2.

Les aventures de Jean-Victor continuent de l’autre coté des Alpes et le bougre enchaine les films de genre. Au menu, en vrac, un film de vampires par l’équipe de Flight of the Conchords, un docu sur la folie des films Super 8 en France à la bonne époque de Mad Movies, ou encore une histoire de couple avec Rose Leslie (Ygritte dans Game of Thrones).

Mais c’est aussi pour vous l’occasion de découvrir un avis totalement opposé sur The Raid 2 Berandal, qui ne fait donc pas l’unanimité (la critique originale est ici). Le film sort dans les salles le 23 juillet.

 

What We Do in the Shadows (2014) de Jemaine Clement & Taika Waititi
Le cliché voudrait que les vampires vivent dans de vieux châteaux en Transylvanie. Ce n’est pourtant pas le cas de Viago (379 ans), Deacon (183 ans), Vladislav (862 ans) et Peter (8000 ans), qui ont établi une collocation à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Ensemble, ils doivent surmonter les petits tracas du quotidien, tels que la bonne répartition des tâches ménagères, ou encore leur constante soif de sang. La vie moderne ajoute bien des désagréments aux habituels problèmes de miroir et de lumière du jour…

Les joyeux lurons derrière la série Flight of the Conchords ont décidés de passer au niveau supérieur avec ce premier film toujours tourné en Nouvelle Zélande, sous forme d’un faux documentaire dédié à une colocation de vampires. Agés entre 160 et 800 ans, les 4 hommes très différents (un dandy, un blasé, un romantique et un Nosferatu en puissance) profitent de l’occasion pour faire découvrir leur univers décalé dans une réalisation réjouissante qui développe son univers intelligemment et multiplie les gags absurdes, les situations loufoques et les quiproquos grinçants.
Entre son found footage solide et assez soft, son lot de gags bien sentis et un vrai plaisir communicatif, What We Do in the Shadows s’impose comme un premier film solide, et tout simplement une très bonne comédie.

 

The Raid 2 : Berandal (2014) de Gareth Evans
Après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils…. Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission : Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de « Yuda », un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d’Uco, le fils d’un magnat du crime indonésien – son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation. Sur fond de guerre des gangs, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l’empire du crime.

Avec le premier The Raid, le gallois Gareth Evans avait mis un uppercut à tous les fans d’action vénère et directe. Cette suite très attendue change un peu les règles en prenant la forme d’une fresque mafieuse dans laquelle le survivant du premier épisode n’en a pas fini de déguster puisqu’il va devoir infiltrer tout ce beau monde en laissant sa vie de côté et en passant notamment par la case prison.
Le premier opus était notamment réussi parce que son pitch était simple et en accord avec les désirs de mise en scène du film. Or ici, avec ses 2H30 au compteur, ce Berandal prend beaucoup de temps pour exposer ses familles mafieuses, les différents acteurs de l’intrigue, leur environnement, et comment tout ce beau monde va être amené à se foutre sur la tronche. Disons le sans détour : si on salue l’ambition d’Evans, il se perd dans une suite de scénettes anodines et vues 1000 fois, sans jamais donner suffisamment de matière à cet univers pour qu’il soit vraiment captivant. Peut-être est-ce dû à l’attente qu’on a en venant voir un film qui s’appelle The Raid, dans lequel on attend autre chose qu’une heure quarante de blabla concerné et de questionnements existentialistes pour certains personnages dont on se fout royalement de leur vie privée.
Quand il est question d’action, Evans a tendance en plus a ressortir pas mal d’effets et de coups déjà vus auparavant. On ne boudera pas notre plaisir devant un combat de boue barbare, un affrontement à 3 dans un couloir qui virevolte et un duel final à la virtuosité technique indéniable malgré un côté jusqu’au boutiste un peu trop poussif. A part ça, la plupart des fights sentent la redite, sont beaucoup moins variés que dans le premier, pour un film dont la seule vraie nouveauté niveau réalisation est une course poursuite en voiture dont les quelques excentricités de cadrage sont contrebalancées par une tendance à trop découper la séquence suivant chaque action qui s’y déroule.
Bref, si le premier The Raid était une descente aux enfers sous forme de poussée d’adrénaline constante, sa suite ne cesse de faire monter la sauce pour qu’elle redescende aussi tôt, et on en ressort bien moins galvanisé.

 

Discopathe (2013) de Renaud Gauthier
La musique disco est une affaire de goût. Duane, lui, déteste ça, à un point tel qu’il se met à massacrer les jeunes femmes amatrices du genre pour assouvir ses pulsions incontrôlables.

Avec un titre aussi évocateur, Discopathe vendait du rêve.
Sa promesse ? Voir un jeune homme dérangé perdant la boule à chaque fois qu’il entend du disco. En clair, jouer à fond sur le principe qui passe d’une boite de nuit à l’autre pour dézinguer de la demoiselle en chaleur. Or ce concept aussi simple soit-il n’est jamais tenu dans un film qui tend la carotte sans jamais nous faire mordre dedans. Passé une intro très sage, avec des jeunes filles toutes émoustillées qui restent habillées et un meurtre où l’on voit très peu de choses, le film quitte la ville et l’univers des night-clubs au bout de 20 minutes, pour passer le reste de son intrigue dans un pensionnat catholique en utilisant plus son humour québécois semi-absurde que son principe de base. En demeure une traque mollassonne, pour ce qui semble être désormais un téléfilm mal monté. C’est fou de se planter à ce point là quand on a une idée aussi géniale et aussi simple…

 

Tommy (2014) de Tarik Saleh
Après un an d’absence, Estelle revient à Stockholm pour annoncer le retour de Tommy, son mari, qui avait fui suite à l’un des plus grands cambriolages de l’histoire suédoise. La nouvelle fait trembler le monde criminel de la capitale : que Tommy vienne réellement récupérer son dû ou non, rien ne sera plus pareil…

En Suède, une jeune femme sort de prison après un braquage raté et retourne auprès de ses précédents collaborateurs pour prendre son temps en prétextant que son mari, le fameux Tommy, menace de débarquer pour calmer tout ce beau monde.
Ce polar ne propose pas grand chose d’autre que cette femme qui se bat avec cette menace illusoire tout du long pour s’en sortir, alors même qu’elle s’enfonce dans ces mensonges et une situation qui va évidemment finir par la dépasser. Avec une fabrication solide et de bons interprètes, le film maintient l’intérêt malgré un encéphalogramme assez plat tout du long, et l’absence de réel climax. Un polar assez classique en somme, et sans doute un peu trop anodin.

 

Honeymoon (2014) de Leigh Janiak
Fraîchement mariés, Paul (Harry Treadaway) et Béa (Rose Leslie, Ygritte dans Game of Thrones) partent pour une romantique lune de miel aux abords d’un lac, perdu en pleine forêt. Peu après leur arrivée, Paul trouve Béa en train d’errer dehors, nue et désorientée. Alors qu’elle se fait distante et que son comportement devient de plus en plus étrange, Paul commence à soupçonner que quelque chose de plus sinistre s’est passé lors de cette nuit de somnambulisme…

Un couple tout juste marié part fêter son amour et sa lune de miel dans une maison au bord dans un lac en pleine forêt. Après quelques jours, le mari retrouve en pleine nuit sa femme nue et déboussolée en train d’errer dans les bois…
Film centré sur la destruction du couple et l’incompréhension soudaine d’un être proche, Honeymoon se complaît dans une série de scènes sous tension qui reposent malheureusement sur un contexte fantastique fumeux et hors contexte pour que le film soit crédible. Plutôt que de vraiment creuser ses personnages, Leigh Janiak les montre en train de se détruire grâce à une pirouette scénaristique et n’aboutit à rien au final tant il sombre dans la gratuité la plus totale, et un certain néant thématique. Reste Rose Leslie (Ygritte dans Game of Thrones) et Harry Treadaway, assez bons devant la caméra.

 

La Santa (2013) de Cosimo Alemà
Quatre Napolitains planifient le vol d’une relique dans une bourgade des Pouilles. Le casse devait se passer sans encombre, mais les villageois ont eu vent du larcin et ils n’abandonneront pas leur sainte statue sans répliquer.

4 bandits vont dans un petit village en Italie pour sauver la statue de la Sainte en pleine semaine de célébration religieuse. Evidemment, le plan va vite foirer, et le village entier va se retourner contre eux. Partant d’un postulat assez aguicheur, La Santa souhaite sonder une Italie rongée par la religion et se permettant tous les excès sous prétexte de cette dernière, ce que les héros vont vite découvrir à leur détriment. Sans doute trop long et plombé par une suite de discussions philosophico religieuses dont le sens et le message est pourtant cristallisé dans quelques plans évocateurs, La Santa peine par son rythme et son côté sur-explicatif, mais n’en reste pas moins divertissant et assez pertinent sur ce qu’il raconte de l’Italie actuelle.

 

A Man for All Seasons (1966) de Fred Zinnemann
homas More s’oppose à Henry VIII, qui veut divorcer de Catherine d’Aragon pour épouser sa maîtresse Anne de Boleyn. Quand le cardinal Wolsey, puis son terrible ministre, Cromwell, lui demandent d’intervenir auprès du Pape pour faire annuler le premier mariage, Thomas More refuse, à son plus grand péril.

Présenté dans le cadre de la carte blanche offerte à Kevin Smith, A Man for All Seasons était décrit par ce dernier comme un sommet de « language porn ».
Il faut dire que ce film très verbeux met en avant l’histoire de Thomas More, chancelier pour le Roi Henry VIII qui s’était opposé au remariage de celui-çi, ce qui lui a valu d’être accusé de traitre à la couronne. Avec un casting prestigieux, qui compte notamment John Hurt & Orson Welles, Fred Zinnemann contait là un récit édifiant sur l’intégrité humaine et les dérives du pouvoir. Adapté d’une pièce de théâtre, le long-métrage souffre un peu de son statut d’adaptation et d’une mise en scène assez sobre, mais n’en reste pas moins passionnant dans ses différentes joutes verbales.

 

Super 8 Madness (2014) de Fabrice Blin
Portrait de la génération do it yourself en France dans le premier festival du court métrage en super 8 organisé à Paris dans les années 80.

Ce documentaire retrace la folie des années 80 et du festival du Super 8 fantastique mené durant 6 ans à l’initiative de Mad Movies et de son grand manitou de l’époque Jean-Pierre Putters. 6 éditions qui ont vu défiler des passionnés de toute la France, qui se défonçait pour créer les films les plus gores et fous possibles. Au milieu de tout ses fous de cinéma de genre qui pouvaient enfin mettre la main à la patte, quelques talents prometteurs pointèrent le bout de leur nez, et le film leur rend un hommage assez touchant. Très nostalgique, Super 8 Madness nous replonge dans une époque de création décomplexée et de passion exaltée, malgré un manque de structure narrative et l’absence de point de vue étranger. Entièrement centré sur la France, le film aurait peut être gagné à aller voir ce qu’il en était à l’étranger, mais en l’état, il possède en son sein la folie de l’époque, et se pose comme un témoignage émouvant de cet âge révolu.

 

Metal Hurlant Chronicles (2014) de Guillaume Lubrano
Adaptée du mythique magazine de BD de science-fiction Metal Hurlant, cette série télévisée franco-belge présente des épisodes autonomes qui ont pour seul point commun le « métal hurlant », une météorite traversant l’espace et le temps en bouleversant la destinée de ceux qui croisent son parcours.

Le NIFFF accueillait cette année le créateur de la nouvelle série Metal Hurlant, qui venait présenter les 3 premiers épisodes de la saison 2 (voir notre avis sur la saison 1). Le premier sur une escouade perdue dans une guerre face à des robots et qui doit escorter un gamin jusqu’à un puits d’énergie pour en faire leur sauveur. Le second sous forme de western avec un médecin aux pouvoirs guérisseurs étranges. Enfin, le dernier sur un Scott Adkins en loser de l’espace qui va tout faire pour se racheter d’une partie de poker foireuse. Animé par un esprit pulp indéniable et des interprètes volontaires (notamment l’ultra bad ass Michael Jai White), Metal Hurlant possède une production trop modeste pour vraiment donner une crédibilité totale à ses univers, mais fait preuve d’une réelle volonté et sent le travail bien fait. L’amour pour le genre est communicatif, et ses différentes histoires de 25 minutes donnent envie de supporter l’initiative, perfectible mais résolument attachante.

 

Girl’s Blood (2014) de Koichi Sakamoto

Quand des cosplayeuses font des combats en cage devant un public en chaleur, le résultat est forcément intéressé. Girl’s Blood ne joue pas la carte du gore une seconde, mais abuse des plans racoleurs et de ses interprètes au sang chaud pour chatouiller les fantasmes de tous les pervers adeptes d’écolières en chaleur qui s’en collent plein la tronche. Combats de boue dénudés, scènes de douche gratuites ou séquence lesbienne bien corsée, le film joue à fond la carte de l’érotisme latent avec quelques bastons au milieu, mais finit par rabâcher les mêmes scènes indéfiniment au bout de 40 minutes. Si vous voulez des japonaises nues et peu farouches, c’est fait pour vous mais sinon, ce grand moment de perversion un rien gogol finit par vite tourner en rond.

3 commentaires

  • thierry mardi 8 juillet 2014 21 h 58 min

    Personnellement, j’inverserais la critique de Raid2, et l’appliquerais plutôt au premier film..
    Mais bon , c’est juste moi.. (on n’a pas du voir le même film)

  • John Flichty mercredi 9 juillet 2014 15 h 40 min

    Juste pour corriger, What We Do in the Shadows (effectivement excellent) est la première réalisation de Jemaine Clement mais le 3ème long métrage de Taika Waititi après les très drôles Eagle vs Shark et Boy.

  • Trackback: CloneWeb » Vampires en toute intimité : What We Do in the Shadows enfin en France

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