2e jour à l’Etrange Festival avec sûrement le record de films de la semaine puisque Jean-Victor a vu pas moins de six films dont trois diffusés pendant la fameuse Nuit Vampire.
Critiques éclectiques donc puisqu’on passe d’un film muet de 1924 présenté dans le cadre d’une carte blanche à Jodorowsky à trois avant-premières : Proie, film de genre de français signé Antoine Bloissier, Suck, un direct-to-DVD avec Alice Cooper en vampire et le faux docu belge de Vincent Lannoo sobrement intitulé Vampires.

Larmes de clown de Victor Sjöström (1924) – Extrait
Premier film américain d’un réalisateur considéré par Charlie Chaplin comme le meilleur metteur en scène au monde et première production intégrale de la MGM et apparition du fameux Lion ici aphone, ce film présenté dans le cadre de la carte blanche à Jodorowsky a été le lieu d’une expérience étrange puisque ce long métrage muet a été diffusé sans aucun accompagnement musical, la projection ayant eu lieu dans un silence religieux. Présenté comme un film dont on garde certaines images à vie, ce drame avait le mérite d’être fort pour son époque et de livrer dans la tragédie sans concession, donnant lieu à un final pour le moins émouvant. Visuellement impeccable, ce Larmes de clown fut une piqure de rappel nous montrant une fois de plus la toute puissance de l’image au cinéma.

Proie – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Antoine Blossier
Avec Grégoire Colin, Bérénice Bejo, François Levantal

Avant première mondiale pour ce petit nouveau dans la famille des films de genre horrifiques français, Proie était l’exemple même du type de projet qu’on a envie de défendre en espérant qu’il se posera comme une nouvelle brique importante dans ce que les étrangers appellent la nouvelle vague horrifique française. Une nouvelle brique, sûrement, mais malheureusement à l’édifice des ratages qui commencent à se cumuler, en raison d’un scénario plutôt bateau dans lequel 4 hommes de la même famille parte à la chasse pour s’occuper d’un gibier qui va bientôt inverser la tendance. Prévisible, bateau et terriblement frustrant (encore un film dans lequel vous ne verrez jamais la méchante bêbête entière lors de ses passages…), cette série B qui avait pourtant un bon point de départ fait partie de ses films avec une première partie classique dont on attend de voir comment ils vont se démarquer de cette situation d’introduction, pour vite se rendre compte qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil. Et comme ce n’est pas vraiment drôle ou effrayant et souvent filmé à la truelle, ce premier essai par des gens visiblement très marqué par certaines situations de Jurassic Park finit forcément par se planter. Et un de plus…

Thriller de Bo Arne Vibenius (1974)
Carte blanche cette fois ci pour Nicolas Winding Refn, le réalisateur du fameux Valhalla Rising, qui nous a ressorti une œuvre fondamentale pour Quentin Tarantino puisque ce « rape and revenge » est une influence indéniable de Kill Bill, que ce soit pour son genre et scénario à la base ou pour son personnage principale ayant un œil en moins et étant à l’origine du rôle inoubliable de Darryl Hannah en Elle Driver. Complètement old school, ce film sans morale et méchant prônant une justice radicale était plutôt sympa bien qu’extrêmement répétitif dans sa structure et plutôt long, entre les différents montages alternés de la préparation de l’héroïne ou les exécutions de ses bourreaux systématiquement filmées avec un ralenti extrême rendant la chose souvent plus drôle qu’autre chose. Ajoutant à cela certains passages à côté de leurs pompes, comme une poursuite démontrant les vertus explosives de nos bonnes vieilles automobiles auxquelles une simple sortie de route suffisait pour allumer le brasier (vous avez dit WTF ?), ce trip résolument rétro contrebalançait sa fabrication en demi teinte par son ambiance seventies titillant notre fibre nostalgique.

Suck – Sortie en DVD le 28 septembre 2010 – Bande annonce
Réalisé par Rob Stefaniuk
Avec Malcolm McDowell, Dave Foley, Iggy Pop

Premier film de la nuit Vampires, ce Suck qui sort chez nous en direct to dvd avait fait parler de lui en raison de ses guests prestigieux et de son humour visiblement fort présent. En ressort une comédie sympathique qui aurait pu certes donner un peu plus dans le délire bordélique vu son orientation « Sex, Drugs & Rock’n Roll ». Sans être inoubliable, cette histoire d’un groupe de rock canadien devenant enfin célèbre suite à la transformation vampiresque de sa bassiste était pour le moins rigolote et divertissante, grâce à une facture visuelle très propre (merci la Red One) et à quelques apparitions qui feront mouche, entre un Alice Cooper visiblement fan d’être un vampire, un Moby leader de groupe dont le rituel sur scène est de se faire balancer des bouts de viande sanglants à la tronche ou encore un Iggy Pop fidèle à lui-même, c’est-à-dire délicieusement barré.
C’est sans prétention aucune et plutôt rigolo donc.

Vampires – Sortie le 1e septembre 2010 – Bande annonce
Réalisé par Vincent Lannoo
Avec Carlo Ferrante, Vera Van Dooren, Pierre Lognay

Sorti cette semaine en salle, ce faux documentaire appliquant la formule du mythique « C’est arrivé près de chez vous » à une famille de vampires belge tient toutes ses promesses. D’une cohérence et d’un respect constant avec l’univers Vampirique dans son écriture plutôt maline et aux situations biens trouvées, ce strip tease aux dents longues possède un charme indéniable et parvient à faire oublier son léger bout de gras sur la durée grâce à des comédiens excellents et à certains passages fort réjouissants, en plus d’une atmosphère très travaillée. C’est déjà en salles et c’est conseillé !

Le lac de Dracula de Michio Miyamoto (1983) – Bande annonce
La nuit Vampires ayant été amputée tardivement de son exclusivité Prowl en raison d’un choix soudain de ses distributeurs que le festival a « chaleureusement » remercié, le film surprise vint donc clôturer cette nocturne sanglante. Une copie rare pour ce long métrage japonais voguant entre les films de la Hammer et ceux de fantôme japonais. Très premier degré, cette œuvre fait d’effets cartons pâtes guimauves était malheureusement bien trop répétitive dans son scénario et dans les multiples apparitions d’un Dracula aussi effrayant que Robert Pattinson sans jamais être drôle ou susciter le moindre intérêt. Et je ne vous cache pas qu’à environ 5 heures du matin, ça ne pardonne pas…

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