Même s’il reste des séances de rattrapage aujourd’hui, le 40ème Festival du film américain de Deauville s’est terminé hier soir par le palmarès et Sin City 2 en clôture.

Sans surprise, le jury, présidé par Costa-Govras, a récompensé, par le Grand Prix, et le Prix du Public, l’immense Whiplash (dont on reparlera bien plus longuement ici), car nous avons eu la chance de rencontrer le réalisateur Damien Chazelle et l’acteur Miles Teller.

Le prix du jury a été décerné à The Good Lie que nous avons vu ici, le prix de la critique revient à It Follows, vu au NIFFF, Things People Do a raflé le prix du 40ème anniversaire et celui de la révélation Cartier revient à A girl walks home alone at night, dont vous pouvez lire la critique juste en dessous.

Mais avant de rentrer il nous restera encore quelques films à vous montrer.

 

Infinitely Polar Bear
de Maya Forbes (2014)
Entre fous rires et crises de larmes Cameron Stuart ne sait plus où donner de la tête. Diagnostiqué bi-polaire, Cameron suit un traitement dans le but de reconquérir sa femme Maggie et de réintégrer le cocon familial qu’il forme avec leurs deux filles. Mais lorsque Maggie décide de quitter Boston pour partir à New-York reprendre ses études, la jeune femme n’a pas d’autre choix que de confier la garde de ses enfants à ce père pas tout à fait comme les autres…
Si Infinitely Polar Bear est le premier film de Maya Forbes, elle n’est pourtant pas inconnue dans le milieu du cinéma, puisqu’elle a été showrunner sur une série HBO, mais également productrice et scénariste. Et pour son passage derrière la caméra, elle s’entoure rien de moins que de Mark Ruffalo et Zoé Saldana pour raconter son enfance : la séparation entre ses deux parents et la vie avec sa soeur et son père bipolaire.
Pour une première fois, la forme est très classique pour un film indé : de la folk, des plans de la nature, une musique jaunie. Il remplit parfaitement le cahier des charges. La réalisation n’en est pas moins agréable pour autant. Sur le fond, en revanche, on sent là un film vraiment personnel. Très touchant, très juste, ça rappelle souvent In America de Jim Sheridan dans la dynamique de la famille et l’amour qui transpire à l’écran. Car la vraie performance de ce film est réalisée par ses acteurs. Zoé Saldana est parfaite mais le trio Mark Ruffalo – Ashley Aufderheide – Imogene Wolodarsky (la vraie fille de la réalisatrice) illumine le film d’une justesse et d’une émotion incroyable. Infinitely Polar Bear n’est pas parfait, mais le film est aussi honnête que drôle et touchant.

 

A girl walks home alone at night
de Ana Lily Amirpour
Dans la ville étrange de Bad City, lieu de tous les vices où suintent la mort et la solitude, les habitants n’imaginent pas qu’un vampire les surveille. Mais quand l’amour entre en jeu, la passion rouge sang éclate…
Un film de vampire iranien, en noir et blanc, ce n’est pas ce qui peut nous faire le plus rêver. Et pourtant. A girls walks home alone at night, sur le papier, est très classique : une vampire tombe amoureuse d’un humain. Il en est tout autre. En effet, on pourra reprocher au premier long métrage d’Ana Lily Amirpour d’énormes longueurs, tant le rythme du film est extrêmement lent, certains passages et intrigues inutiles et très peu de dialogues. Et pourtant, on est comme hypnotisé par la force de l’image et de ces silences, de la tension à moitié dangereuse, à moitié sexuelle du long métrage absolument fascinant, l’entrée en crescendo du fantastique avec un univers ultra-réaliste et porté par deux excellents acteurs. La fin est parfaite et on ne joue clairement pas dans la même cours que toutes les twilighteries.
Pas sûr qu’un court métrage aurait eu les mêmes qualités.

 

Alex of Venice
de Chris Messina
Alex Vedder, une avocate spécialiste des questions environnementales et véritable bourreau de travail, se retrouve à devoir réorganiser sa vie lorsque son mari la quitte du jour au lendemain. Entre un père vieillissant qui aspire encore à devenir un acteur reconnu, une soeur excentrique et un fils d’une timidité maladive, Alex est désormais seule, sans personne sur qui compter, pour faire face aux catastrophes du quotidien, des plus triviales aux plus désopilantes…
Vous connaissez sans doute Chris Messina acteur. Argo, Away we go, Elle s’appelle Ruby, il est surtout très connu actuellement pour incarner le docteur Danny Castellano dans l’excellente série The Mindy Project. Il passe à la réalisation pour son premier long, en engageant Mary Elizabeth Winstead, qu’on apprécie beaucoup ici.
Dès les premières minutes, on remarque le film estampillé Sundance. Un filtre instagram sur l’image rend toutes les couleurs pastels, de la musique folk sonne dans nos oreilles et tout au long du film, une scène de soirée entourée de lampions, la famille à problème façon Little Miss Sunshine et j’en passe.
On est à la frontière du cliché mais Messina ne la franchira jamais et reste toujours dans la justesse. Touchant, parfois drôle, son film est pourtant majoritairement assez pessimiste et mélancolique, sans offrir une certaine happy ending mais plus une acceptation de la vie et une certaine maturité de ses personnages.
Mary Elizabeth Winstead porte le film à bout de bras et est rayonnante dans chacun de ses plans. On aurait peut-être aimé un peu moins de classicisme dans la mise en scène.

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