Critiques SXSW : The Hero, The Ballad of Lefty Brown, Walking Out

Dans les prochains jours, nous parlerons un peu plus de western avec la sortie en salles de Brimstone. Mais de l’autre coté de l’océan, dans la mère-patrie du genre, il était également question du grand ouest américain avec deux films en particulier : The Hero, avec le vénérable Sam Elliott vu notamment dans Tombstone aux cotés de Kurt Russell ; et The Ballad of Lefty Brown qu’on espère -même si c’est peu probable- voir distribué dans nos contrées.

Et on parle aussi d’un ado très urbain qui se retrouve au fin fond de l’Alaska…

 

The Hero (2017) de Brett Haley

Le héros du titre, c’est un ancien acteur de western en fin de vie qui cherche encore du sens à son existence. Maintenant que la gloire est passée, que reste-t-il, si ce n’est une fille qui s’en fout, et une carrière derrière lui ?

Film méta par excellence puisque le rôle-titre est incarné par Sam Elliott et sa moustache mémorable, The Hero est une œuvre tendre et lucide sur la question de l’héritage et du vieillissement, prônant les expériences de vie jusqu’au bout. Le déroulement du film n’a à vrai dire rien d’original et on devine rapidement ce qu’il va arriver à la scène suivante, surtout que la réalisation type Sundance rentre elle aussi dans un moule bien connu, mais le tout reste fait avec un amour véritable pour ses personnages qui ne demandent qu’à vivre comme ils l’entendent, avec simplicité.

 

The Ballad of Lefty Brown (2017) de Jared Moshé

La malédiction du western continue. Tandis que de véritables baudruches sortent en salles accompagnées de buzz positifs assez incompréhensibles, comme l’immonde The Salvation ou plus récemment le débilissime Brimstone, les films du genre faits avec amour, déférence et intelligence restent cantonnés à des festivals et des sorties confidentielles.

Deux ans après The Dark Valley, c’est donc The Ballad of Lefty Brown qui se retrouvera sûrement sous distribué, la faute à une absence de tête encore bankable pour le vendre. Et pourtant, ce second film fait preuve d’un amour total pour le genre mythique qu’il investit, et s’avère rafraichissant dans son traitement puisque le personnage principal est un éternel side-kick vieillissant qui va voir le héros de l’histoire se faire tuer sous ses yeux, avant de décider de le venger. Personne ne croit en lui évidemment, et le bougre est un peu lent et loser sur les bords, mais c’est précisément pour ça que ce vieux cowboy s’avère attachant, lui qui tente d’avancer avec un système de valeurs qui n’a plus sa place dans un monde de plus en plus corrompu.

Filmé avec une sobriété classique à l’ancienne, teinté de nostalgie et d’affection pour la figure qu’il met en scène, The Ballad of Lefty Brown est un très beau film sur les affres du temps et les notions d’héritage ou de filiation, le tout dans de superbes paysages et le soucis de tout faire à l’ancienne sans utiliser d’images de synthèse. Un vrai western donc, jamais feint, toujours incarné, qui fait plaisir à voir.

 

Walking Out (2017) d’Alex & Andrew Smith

Un ado citadin accro à son smartphone et à son train de vie « classique » se retrouve en vacances chez son père vivant au fin fond de l’Alaska, avec des coutumes bien différentes. Décidant d’initier le fiston à la chasse, les deux vont se retrouver confrontés aux forces de la nature…

Bon, en soit, les forces en question mettent un sacré temps à venir, le temps de creuser la relation dysfonctionnelle entre deux êtres que tout oppose dans le mode de fonctionnement si ce n’est le sang. Il est là encore question de transmission, de patrimoine et de ce qu’on laisse à ses successeurs, tout en essayant d’inculquer ce qu’on n’a pas forcément de la part de nos aïeux. Plongé dans un environnement glacial sublime, Walking Out est un étrange film de par son sujet auquel il s’attelle réellement, ce qui tourne en sa faveur tant il le fait sans compromis dans les difficultés de communication au sein de son duo, et là encore avec une bienveillance envers ses personnages qui rassure. Oui, on peut parler de filiation masculine un peu virile au premier abord (on rappelle que ça chasse sévère) sans pour autant omettre les sentiments et la bonté de cœur entre les deux.

Sans doute un peu longuet dans son exécution, Walking Out garde pour lui une certaine singularité du sujet, et une mansuétude à cet égard des plus touchantes.



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