Critique : The Spy Gone North (Gongjak)

Le troisième film cannois qui a retenu toute notre attention a été lui-aussi présenté en séance de minuit.

The Spy Gone North (Gongjak) est un thriller coréen de Yoon Jong-bin (The Unforgiven, Nameless Gangster) réunissant Jung-Min Hwang, Sung-min Lee et Ji-hoon Ju. Sans date de sortie, il a été acheté par Metropolitan. Souhaitons que le distributeur en fasse autre chose que la sortie désastreuse qu’avait été Battleship Island.

 

LA CRITIQUE

Avec l’actualité chaude qui se déroule le long du 49e parallèle, il n’en fallait pas plus à Thierry Frémaux pour orienter ses choix sur le sujet à aborder par les films coréens pour être pris dans la sélection officielle. Entre Burning et Gongjak, tout tourne autour de cette frontière imposée pour séparer à la Corée en deux depuis 1951. Projeté en séance de minuit, le nouveau long-métrage de Yoon Jong-bin (The Unforgiven, Nameless Gangster) s’inspire d’une véritable affaire d’espionnage qui a connu ses derniers rebondissements il y a quelques années. Gongjak, sous-titré “L’Espion parti au Nord”, suit le parcours d’un agent des services de renseignements sud-coréens envoyé espionner les voisins du Nord sous la couverture d’un banal commercial.

Il est dommage qui vous ayez raté Hwang Jung-ming dans Battleship Island de Ryoo Sung-hwan, sorti en mars dernier. Car si l’acteur est toujours aussi impeccable pour tenir ce rôle ambigu entre le prince de machiavel et le dindon de la farce, le log-métrage en lui-même est un peu moins au niveau. Rarement les enjeux prennent de l’ampleur après le prologue qui nous concentre sur le programme nucléaire mené par Kim Jong-il. Gongjak est un film d’espionnage très bavard, où beaucoup trop d’informations et rapports de force entre les protagonistes passent par le dialogue. De fait, le rythme global en pâtit avec de grosses longueurs et nous avons du mal à nous projeter de l’empathie envers les personnages à l’écran.

C’est grâce à son final que Yoon Jong-bin parvient à revenir dans les clous. Une dernière séquence assez émouvante, même si voulue comme larmoyante, qui recoupe avec l’ère de détente entre les deux nations coréennes. Gongjak est néanmoins une belle tentative de vulgarisation du conflit dans les années 90, période où l’Asie du Sud-Est est en proie à de nombreux bouleversements politiques. Entre une réincarnation de Kim Jong-il digne d’un méchant excentrique de James Bond et un hommage musical à Shining qui se perd au milieu de cette affaire, Gongjak n’est pas forcément le thriller d’espionnage espéré.

The Spy Gone North, de Yoon Jong-bin – Sortie prochaine



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