Melissa George est une comédienne qui n’a pas vraiment de chance. Après l’excellent Triangle sorti il y a peu dans les bacs, c’est autour de Poursuite Mortelle de passer directement par la case Sortie DVD sans passer par celle du grand écran.

Et pourtant, sous ce titre qu’on pourrait attribuer à n’importe quelle idiotie d’action sortant en direct-to-DVD, se cache un intéressant thriller appelé en version originale A Lonely Place to Die.

Le film a eu le droit à une projection en salle quand même ce weekend à Strasbourg. Nous étions dans la salle.

 

 

Poursuite Mortelle (A Lonely Place to Die) – Sortie en DVD le 1er février
Réalisé par Julian Gilbey
Avec Melissa George, Ed Speleers, Eamonn Walker
Cinq alpinistes grimpent dans les montagnes écossaises. Ils trouvent une jeune fille serbe enterrée dans le désert, et tandis qu’ils essayent de l’en sortir, ils sont pourchassés par les ravisseurs.

 

A l’occasion de l’édition 2012, la nouvelle formule d’ « Horreur c’est vendredi », initiée par l’association strasbourgeoise des Films du Spectre, propose pour la première fois à ses spectateurs, en plus des rétrospectives habituelles, le visionnage de quelques films présentés aux festivals de l’année. C’est le cas du Poursuite mortelle de Julian Gilbey, dont on peut légitimement regretter le titre original – A lonely place to die – bien trouvé et beaucoup moins plat que sa version française.

En revanche le film, lui, étonnant mélange de thriller anxiogène et de varappe, ne manque pas de relief. Cinq alpinistes se donnent rendez-vous dans les highlands écossaises pour une escapade sportive. C’est au cours d’une randonnée qu’ils font une découverte pour le moins inattendue, celle d’une cellule souterraine qui renferme une petite fille originaire d’Europe de l’Est. Débute alors la fameuse poursuite mortelle, puisque les cinq personnages devront échapper non seulement à leurs poursuivants, responsables de l’enlèvement de la fillette, mais aussi aux pièges d’une montagne devenue subitement inhospitalière.

Et c’est sans doute dans cette délicate articulation que le film trouve une grande partie de son intérêt. Le réalisateur joue habilement avec les nerfs de ses spectateurs grâce à un montage habile, à un cadrage précis et à une photographie soignée. Les grandes étendues finissent par provoquer un sentiment paradoxal d’étouffement, sans ne rien perdre pour autant de leur beauté, ainsi que le donnent à voir les nombreux – sans doute trop nombreux d’ailleurs, donnant parfois un côté documentaire assez malvenu – plans en survol. Le travail de grande qualité du rythme y contribue pour beaucoup, faisant alterner intelligemment impressions d’ouverture et d’enfermement, sensations de répit ou d’accélération sans toutefois les faire coïncider mécaniquement les unes avec les autres.

Après une ouverture qui donne le ton d’emblée, plaçant le spectateur dans une position plutôt inconfortable, la longue introduction permet de poser une ambiance réussie et de donner corps à des personnages attachants, remarquablement campés par des acteurs que l’on sent investis, à l’instar de Melissa George ou de la jeune Holly Boyd. Les scènes d’action ne s’en enchaînent que mieux par la suite, lorgnant tour à tour du côté du thriller le plus classique au survival le plus sanglant. La simplicité relative de l’intrigue est d’ailleurs plutôt la bienvenue en ces temps de twist scénaristiques improbables. Quelques maladresses, comme d’inutiles références politiques, se mettent pourtant au jour. Si le souci d’intégrer à l’intrigue des personnages secondaires peut être tout à fait louable dans un souci de variété et de renouvellement, il est dommage que ces derniers se révèlent de plus en plus caricaturaux à mesure que le film s’achemine vers sa fin. Les personnages peuvent ainsi donner l’impression d’être de moins en moins fouillés en fonction de leur ordre d’apparition.

En effet, impossible d’effacer la désagréable impression d’une baisse de régime après les deux premiers tiers du film. Et pourtant les bonnes idées fourmillent, qu’il s’agisse du cauchemardesque et brutal renfermement des spectateurs et surtout des personnages dans ce village en fête ou de leur paranoïa grandissante, très bien rendue dans la scène du commissariat. La mise en scène et le cadrage sont toujours aussi bien léchés, mais la magie n’opère plus autant. Une impression qui sort renforcée du côté répétitif de la scène finale, qui confinerait presque au ridicule par son côté croque-mitaines invincible.

Dommage, vraiment, que le film se termine sur cette note un peu décevante, tant le reste pouvait sembler enthousiasmant. A retenir donc pour son travail soigné de l’image, du rythme et de la direction d’acteurs, à oublier en revanche pour quelques maladresses qui ne sont pas rédhibitoires, mais d’autant plus agaçantes qu’elles auraient pu être facilement évitées. Ressort de tout cela un film ravissant, aussi prenant que beau à voir, et qui incite à se pencher à l’avenir d’un œil bienveillant sur les prochaines réalisations de Julian Gilbey.

2 commentaires

  • Trackback: CloneWeb » Demain c’est … mercredi 1er février
  • Vince samedi 1 juin 2013 23 h 37 min

    J’ai adoré, même si effectivement le dernier tiers est un peu moins bien. J’ai quand même aimé cette dernière partie. C’est un peu un mix Delivrance /Cliffhanger, super bien filmé et très bien joué, très prenant. Le film est violent mais ça n’est pas de la violence grand guignol comme on voit trop souvent dans les films d’horreur de ces dernières années, et c’est plus inquiétant j’ai trouvé que d’autres. Vraiment une très bonne surprise.

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