Dans Never Let Me Go, Mark Romanek met en scène un trio d’acteurs intéressants : Keira Knightley, qu’on a vu récemment dans Last Night et qui montre qu’elle peut encore jouer une adolescente, la jolie Carey Mulligan qu’on surveille depuis Wall Street 2 et parce qu’elle va jouer dans la nouvelle version de Gatsby le Magnifique mais aussi le fameux Andrew Garfield, futur homme-araigné.

Ce que la promo vend comme un secret autour de ce trio est vite révélé dans le film, très vite même. Ils savent qu’ils sont des clones destinés à donner leur organes, ce qui leur assure malheureusement une mort programmée.

Voici ma critique du film.

 

Never Let Me Go – Sortie le 2 mars 2011
Réalisé par Mark Romanek
Avec Carey Mulligan, Andrew Garfield, Keira Knightley
Depuis l’enfance, Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires d’une école en apparence idyllique, une institution coupée du monde où seuls comptent leur éducation et leur bien-être. Devenus jeunes adultes, leur vie bascule : ils découvrent un inquiétant secret qui va bouleverser jusqu’à leurs amours, leur amitié, leur perception de tout ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent.

 

Never Let Me Go est à l’origine un roman de l’écrivain britannique d’origine japonaise : Kazuo Ishiguro. Le bouquin était sorti en 2005 sous le titre de “Auprès de Moi Toujours” et est considéré par le Time comme l’un des 100 meilleurs romans britannique parus depuis 1923. Mark Romanek, réalisateur de Photo Obsession avec Robin Williams s’est chargé de l’adaptation de cette oeuvre de science-fiction avec Alex Garland, scénariste habituel de Danny Boyle pour Sunshine ou encore 28 Jours plus Tard, à l’écriture.

Car c’est bien de science-fiction qu’il s’agit, ou plutôt de l’uchronie. On nous explique en effet au début du film que la médecine a fait un bond en avant au début du 20e siècle et on découvre que le clonage est monnaie courante. Ce sera d’ailleurs le point central du film puisque les clones sont utilisés uniquement pour du don d’organes.
Mais dans tous ces univers où le clonage est évoqué, on a toujours affaire au futur, ou à des environnements futuristes, high-tech. On pense notamment à The Island de Michael Bay ou à Repo Men avec Jude Law (pour la partie don d’organes).
Ici Mark Romanek commence son histoire dans la campagne anglaise à la fin des années 70 et rien ne laisse penser qu’on est dans de la science-fiction. L’univers est parfaitement normal et le réalisateur profite de la nature verdoyante pour nous offrir de jolies couleurs, le tout dans un style très anglais. On est donc dans un style très col en dentelles et petites robes droites, qui donne un coté très réaliste à la chose.

On va donc suivre trois protagonistes élevés dans un pensionnat un peu particuliers : ils ne s’occupent que de clones destinés au donc d’organe (et donc à une mort programmée), les formatant, coupés de l’univers, mais tout en cherchant à rester le plus humain possible avec eux. Ils vont donc découvrir la vie à leur façon, l’amour aussi, et tout ce qui peut tourner autour. Dans le cas d’eux trois, un triangle amoureux se dessine au fur et à mesure qu’ils se découvrent physiquement.
Le film se déroule à plusieurs époques, avec de grandes ellipses temporelles ne nous permettant pas pour autant de perdre le fil de l’histoire : on les suit à l’adolescence dans un cottage très anglais puis à l’âge adulte, alors destinés aux dons : soit ils livrent, retardant de quelque peu l’échéance, soit ils commencent à donner leurs organes, s’affaiblissant et s’approchant donc d’une mort certaine.

La mort est donc pour eux un instant programmé, ils le savent et vivent avec. Mais contrairement à ce que j’écrivais plus haut, ce sont des humains comme vous et moi et pas de vulgaires clones qu’on imaginerait humanoïdes. Ils ont des sentiments, des émotions que Mark Romanek cherche à faire transparaitre dans son film pour bien nous faire comprendre qu’ils auront une courte vie.
Mais cette émotion dans le film est exagérée pour pousser le spectateur vers les larmes, les protagonistes passant leurs temps à pleurer de ce qui va leur arriver. Sans doute trop pour que le spectateur parvienne vraiment à les comprendre.
D’autant plus que s’ils sont formatés dès la naissance, n’ont pas ou peu de contacts avec le monde extérieur, on les laisse développer leurs sentiments, tous sauf l’envie de se rebeller.
On passe donc son temps à se dire qu’ils vont bien finir par prendre une voiture, partir loin, fuir le système, disparaitre mais rien ne vient jamais. Ils sont liés à leur destin, et on le savait depuis le début.

Malgré sa jolie mise en scène et de bons acteurs (Andrew Garfield confirmant au passage qu’il connait son métier), le film peine donc à émouvoir. A vouloir trop en faire, on passe finalement à coté du but.

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