Le 14 juillet étant naturellement férié, certains films sont exceptionnellement sortis à cette date plutôt que le lendemain histoire de compter sur ce jour particulier pour que les spectateurs retournent en salle. Des salles qui en ont bien besoin dans un contexte exceptionnel où la reprise est difficile. C’est le cas de l’Aventure des Marguerite.

 

LA CRITIQUE

En juin dernier, Pathé dévoilait les premières images de l’Aventure des Marguerite. Le nouveau long métrage de Pierre Coré, passé par l’animation et Sahara en particulier, nous montrait des images plutôt sympathiques de deux jeunes filles qui échangent leurs places dans le temps grâce à une malle magique. De l’humour, du fantastique et même des nazis. On avait forcément envie de juger sur pièce. Le résultat est loin de sa promo, très très loin.

Margot vit au 21ème siècle. Elle vit une relation compliquée d’ado de 14 ans avec sa mère et son beau-père, incarné par Clovis Cornillac. Marguerite, elle, vit en 1943. Son père a disparu pendant la Guerre et, alors que tout le monde le croit mort, elle est persuadée qu’il est retenu quelque part. Un concours de circonstance fait que les deux jeunes filles, physiquement jumelles, se retrouvent dans une malle magique et échangent leurs place. Margot, désormais dans le passé, va partir à la recherche du père disparu de son alter ego car plus téméraire qu’elle. Marguerite va faire la même chose dans le futur, espérant qu’elle puisse trouver des traces de ce qui lui est arrivé.

Une tentative de cinéma de genre français, voilà qui a tout pour nous plaire, surtout au moment où Netflix clôture son éblouissante série Dark. Par ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’un cinéaste français tente sa chance avec le voyage dans le temps doublé de comédie. Jean-Marie Poiré l’a fait avec brio dans le premier volet des visiteurs, toujours hilarant près de trente ans après sa sortie (on oubliera les suites). Qui plus est, L’Aventure des Marguerite s’ouvre sur une séquence assez charmante en 1943 dont les premiers plans rappelle Downton Abbey.

Tout cela va vite s’effondrer tant l’écriture du long métrage est à la ramasse. A part à de très rares exceptions près parce qu’il le faut bien, le long métrage ne joue jamais la carte de la découverte de l’époque. Les Visiteurs misaient tout là-dessus quand le film de Pierre Coré ne tente pratiquement rien. Pourtant, en échangeant deux jeunes filles à des époques différentes, il y avait tellement à faire sans pour autant recopier le travail de Jean-Marie Poiré. Les rares tentatives d’humour autour des époques sont réussies mais beaucoup trop anecdotiques. Le long métrage fait régulièrement des références à la pop culture et Margot cite frontalement La Grande Vadrouille. Voilà une belle idée dans laquelle il aurait fallu s’engouffrer : citer le film de Gérard Oury, transformer brièvement les deux protagonistes en des versions féminines de Bourvil et de Funès. Ca aurait d’autant mieux fonctionné que le film s’offre une scène d’avion dans l’esprit de la conclusion du film de 1966. Mais il n’en fait jamais rien. Tout est survolé pour plonger à pieds joints dans la comédie française de base, avec tous les travers que ça implique.

Pierre Coré, pas aidé par le réalisateur de Spirou & Fantasio à la “collaboration artistique”, balaye d’un revers de la manche tout ce qui aurait pu être de belles idées pour mieux montrer Clovis Cornillac dans l’un de ses pires rôles et une avalanche de gags jamais drôles ni jamais proprement filmés. Et à l’exception d’Alice Pol, sympathique dans un rôle un peu old school, et des deux ados formidables Nils Othenin-Girard Lila Gueneau, tout le monde joue extrêmement mal.

L’Aventure des Marguerite avait tout pour être une tentative de comédie fantastique mais n’arrive jamais à grand chose. Le film se contente de rejoindre la longue liste des réalisations françaises pas drôles, ni écrites ni mises en scène comme l’Hexagone en produit à la pelle chaque année. Très peu pour nous.

L’Aventure des Marguerite, de Pierre Coré – Sortie le 14 juillet

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