Critique : Ghostland

L’actrice américaine Taylor Hickson a porté plainte contre la production du film de Pascal Laugier. Lors du dernier jour de tournage, elle devait frapper une porte vitrée et le réalisateur aurait insisté pour qu’elle le fasse de toutes ses forces. Elle est malheureusement passée à travers de la vitre, pas sécurisée, s’est entaillée la joue gauche et a reçu 70 points de suture. Des mois plus tard, elle a toujours une grande cicatrice.

C’est dans ce contexte que Ghostland sort en salles.

 

LA CRITIQUE

La critique qui suit contient de légers spoilers.

Après deux films de genre en France, Pascal Laugier est allé tenter sa chance outre-Atlantique. En est ressorti le plutôt réussi The Secret avec Jessica Biel et l’Homme à la Cigarette William B. Davis. Un peu moins de six ans plus tard, il récidive avec Ghostland et son casting inattendu, de Mylène Farmer qu’on voit très peu à Crystal Reed (de la série Teen Wolf) qui se voit ici offrir son premier grand rôle de cinéma.

Pour un résultat un peu trop bancal.

Ghostland raconte l’histoire d’une mère et de ses deux filles qui héritent d’une maison, quelque part aux USA. Alors qu’elles s’installent, deux meurtriers entrent et s’en prennent aux trois femmes qui finiront par s’en sortir grâce à la pugnacité de la mère (Mylène Farmer, qui devrait faire plus de cinéma). Des années plus tard, l’une d’elle est devenue une écrivaine à succès et vit loin du drame. Mais elle va devoir se reconnecter avec cette nuit de cauchemar quand elle retourne dans la maison.

Divisé en deux actes, Ghostland est un film bancal. La première partie aligne les éléments déjà vus mille fois. Laugier cite Stephen King dans tous les sens, mentionne H.P Lovecraft frontalement (jusqu’à une scène totalement ridicule) et a bien du mal avec ses deux jeunes actrices, d’avantage à coté de la plaque quand il s’agit de jouer naturellement et plus à l’aise quand il faut hurler face à une menace. L’écrivaine qui raconte sa propre vie, les poupées partout, l’ambiance gothique et la campagne américaine sont des éléments tout sauf originaux. Et Laugier n’arrivant pas à faire monter sa mayonnaise, il laisse le spectateur sur sa faim.

Certes, il y a un twist qui remet en perspective ce qu’on vient de voir. Et un deuxième acte plus intéressant, avec de vraies scènes intenses – quand les premiers jumpscares étaient à l’ouest – et un final assez réussi. Le problème vient du fait qu’on s’est désintéressé de l’intrigue. On a envie de connaitre le dénouement et le sort des personnages mais on n’est déjà plus dedans, à cause de cette fichue première partie qui contient des scènes bien trop longues et ennuyeuses pour nous accrocher et toute une série de jumpscares ridicules. Il y avait un concept qui aurait mérité d’être mieux développé, peut-être aussi avec plus de personnalité.

Au milieu de ce gloubiboulga d’idées – pas forcément toutes mauvaises – seules les comédiennes adultes tirent leur épingle du jeu. Pascal Laugier, lui, tente de faire du James Wan sans jamais arriver à la cheville du réalisateur américain.

Ghostland, de Pascal Laugier – Sortie le 14 mars 2018



3 commentaires pour “Critique : Ghostland”

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