C’est à Blassac, petit village de la Haute Loire que Pascal Sid et Julien Lacombe ont posé leurs caméras 3D pour tourner Derrière les Murs, premier long-métrage français utilisant le relief (The Prodigies ne compte pas, la technologie utilisée -la motion capture- est différente).

Ils ont fait appel à Laetita Casta, qui était éblouissante dans Gainsbourg Vie Héroïque, et Thierry Neuvic, qui incarnait le petit copain de Cecile de France dans le film de Clint Eastwood, pour les deux rôles principaux.

Critique en relief.

 

Derrière les Murs – Sortie le 6 juillet 2011
Réalisé par Pascal Sid, Julien Lacombe
Avec Laetitia Casta, Thierry Neuvic, Jacques Bonnaffé
Auvergne, 1922. Suzanne, jeune romancière, décide de s’isoler à la campagne pour écrire son nouveau livre. Mais peu à peu des visions et des cauchemars font leur apparition tandis que de mystérieuses disparitions de petites filles sèment le trouble dans le village…

Sur CloneWeb, on aime défendre quand c’est possible le film de genre français car c’est un univers particulier avec des projets souvent compliqués à monter. Si on peut de temps en temps donner envie à une poignée de spectateurs d’aller voir un premier film en salles et permettre au réalisateur de se faire un peu plus connaitre pour enchainer sur d’autres choses, c’est toujours avec plaisir.
Malheureusement, et c’est bien dommage, ça va être assez difficile dans le cas de Derrière les Murs.

Julien Lacombe et Pascal Sid ont réalisé quelques courts et ont choisi une histoire frôlant le fantastique avec Laetitia Casta en tête d’affiche. Et ils ont choisi la 3D, ce qui fut d’ailleurs le premier argument m’incitant à aller découvrir leur histoire pour vous en parler. Après tout, deux jeunes Français qui se lancent dans l’aventure du relief avec des caméras dédiées, c’est suffisamment novateur pour intéresser.

L’intérêt principal de la 3D relief est d’offrir de la profondeur à l’image -et donc du réalisme. Ça fonctionne assez bien sur Pandora et ses immenses espaces. Ça fonctionne également bien quand Michael Bay filme des hommes en combinaison volante se jetant d’un immeuble. Malheureusement pour Lacombe et Sid, c’est moins efficace quand il s’agit de filmer une jeune femme dans sa maison.
Sans doute par faute de moyen, Derrière les Murs porte bien son nom. On ne sort que rarement de la grande demeure dans laquelle vit Laetitia Casta, si ce n’est pour aller éventuellement au village du coin.
On est donc en droit de se demander pourquoi avoir choisi de tourner ce film avec tant de technologie. N’aura-t-il pas mieux valu allouer le budget du matériel à autre chose (comme les décors par exemple ?) ?

Derrière les Murs est bien filmé et correctement interprété même si par moments Laetitia Casta semble être un peu coincée dans son rôle. Elle incarne une écrivain qui fuit la ville pour se réfugier dans une vieille demeure familiale, dans un petit village d’Auvergne où tout le monde semble se connaitre, le tout dans les années 20. Petit à petit, on va se mettre à douter de sa personnalité alors que des jeunes filles disparaissent. C’est du moins ce qui devrait se passer sur le papier, car on a vraiment du mal à accrocher aux personnages et surtout à l’héroïne, d’autant plus qu’elle est beaucoup trop silencieuse. “. Et même si on fait un effort pour trouver un intérêt à l’ensemble, on n’est pas récompensés par la fin, complétement absurde et rendant tout ce qu’on a vu jusque là finalement sans intérêt.

3,7 millions d’euros ont été dépensés pour plonger le spectateur dans l’ennui et pour couvrir les frais d’une 3D inutile. C’est bien dommage. Ça l’est d’autant plus quand on pense à tout un tas de films de genre français beaucoup plus réussis qui ont été tourné pour moins de la moitié de la somme. Ça sent le gâchis.

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