Les Aventures de Tintin ont un statut particulier dans la carrière de Steven Spielberg. C’était un film aussi bien attendu par les amateurs de performance capture pour voir ce qu’en ferait le réalisateur que par les fans de l’oeuvre d’Hergé.

Cheval de Guerre est donc le retour du Spielberg classique qui n’avait rien fait dans des décors réels depuis Munich en 2008 (Indiana Jones et le Royaume du Crane de Cristal ayant été effacé des mémoires collectives). On connait la passion du cinéaste pour la guerre ainsi que pour les belles histoires d’amitiés. Que nous réserve donc le mélange des deux ?

Un grand film.

 

Cheval de Guerre – Sortie le 22 février 2012
Réalisé par Steven Spielberg
Avec Emily Watson, David Thewlis, Peter Mullan
De la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, Cheval de guerre raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey. Séparés aux premières heures du conflit, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver. Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…

 

Quelques mois à peine après la sortie de l’exceptionnel Tintin et le Secret de la Licorne, Steven Spielberg revient sur les écrans avec un film tourné sans capteurs et dans des décors réels, Cheval de Guerre.
Quand la première bande annonce a été diffusée, on a pris un peu peur. Quel animal héros de cinéma est moins charismatique que le cheval. On peut encore consacrer sans trop de mal un film à un chien ou à un chat, mais un cheval ? Malgré les quelques belles images, le spectateur pourrait-il ressentir quelque chose pour l’animal ?

La réponse est oui. Définitivement oui.

Joey est donc un cheval, héros du film qui porte son nom. Il va se lier d’amitié avec un jeune garçon issu d’une famille paysanne anglaise juste avant la première guerre mondiale. Mais le cheval sera enrôlé dans l’armée pour servir de monture à un officier. Envoyé en France, au front, il traversera de nombreuses péripéties et de nombreux champs de bataille.
Le jeune garçon, lui, passionné par l’animal, gardera l’espoir de le retrouver en se faisant enrôler dans l’armée de Sa Majesté.

Si Steven Spielberg est considéré par beaucoup, dont votre serviteur, comme le meilleur cinéaste du monde, c’est d’abord parce que c’est un formidable raconteur d’histoire. En faisant appel aux scénaristes anglais Lee Hall (Billy Eliott) et Richard Curtis (Good Morning England), il fait le bon choix. L’adaptation de la pièce de théatre de Michael Morpurgo (elle-même basée sur son propre livre) est une histoire intéressante, prenante et même émouvante. Qui l’aurait cru, s’agissant d’un cheval.
Chaque scène du film (au sens théâtral du terme), chaque étape de l’aventure de Joey depuis le moment où il laboure le champs de son propriétaire jusqu’à la fin du film est suffisamment bien écrit pour que le spectateur se prenne au jeu.
Il faut dire que, et c’est là la force du réalisateur, chaque humain qu’il croise sur sa route est suffisamment sympathique ou détestable pour rendre chaque passage attachant et nous faire aimer un peu plus le cheval.

Comme le réalisateur l’a lui-même expliqué en masterclass lors de son passage parisien, on ne filme pas un film de guerre avec un cheval comme on filme habituellement la guerre. Exit donc les plans serrés et la caméra tremblotante. Il faut laisser la liberté à l’animal de courir devant la caméra. Plans larges donc, sublimes mouvements de caméra et grandes courses à travers plaines et champs de bataille.
Les très beaux paysages du Devon, surtout au début du film, aident naturellement le cinéaste à nous livrer une flamboyante palette de couleurs. Les décors, les costumes du début du 20e siècle, font gentiment penser à Hobbitbourg, sans doute parce que c’est notamment cette région d’Angleterre qui a servi d’inspiration à Tolkien. Seul le dernier plan semble avoir été retouché numériquement, le reste n’est que naturel.

C’est d’ailleurs en utilisant moins possible la retouche numérique que le réalisateur filme sa guerre. Le cheval est presque tout le temps vrai. Officiellement, trois scènes sont numériques et on sait qu’un animatronic a également servi dans certaines circonstances.
Un film “à l’ancienne” donc, ce qui pourra faire grincer des dents certains. Quelque part, Cheval de Guerre n’invente rien de nouveau et il peut être difficile de rentrer dans le jeu. Mais on apprécie cette histoire rappelant de grands classique (John Ford que Spielberg admire est souvent cité). Quelque part, à une époque où on cherche l’innovation et l’inédit, il est agréable de voir qu’on peut encore se laisser porter par ce type de cinéma-là. Pour être plus clair, dès la séparation entre le jeune garçon et son cheval, et en voyant les épreuves par lesquels ils passent, on ne peut qu’espérer un vrai happy end, tout mielleux qu’il soit.

Cheval de Guerre, c’est au final du cinéma classique. Mais dans le sens le plus noble du terme, celui qui fait verser une petite larme à la fin.

8 commentaires

  • dan jeudi 19 janvier 2012 13 h 33 min

    VITE,VITE,VITE.J’en peux plus d’attendre cette autre chef d’œuvre de Monsieur Spielberg.

  • jeudi 19 janvier 2012 17 h 23 min

    [commentaire modéré]

  • Deadwing vendredi 20 janvier 2012 9 h 56 min

    Qu’en est-il de la musique du bon J. Williams?

  • Marc vendredi 20 janvier 2012 10 h 00 min

    Beaucoup aimé, et meilleure que celle de Tintin.
    Elle peut s’écouter sur Spotify

  • Saint Epondyle dimanche 22 janvier 2012 14 h 21 min

    Intéressant, un film qui peut être très beau s’il évite de larmoyer a grand renfort de violons. Ce qui d’après la bande annonce n’a pas l’air d’être le cas, et ce qui n’est d’ailleurs pas souvent le fort de Mr Steven.

  • D A R T H lundi 23 janvier 2012 0 h 54 min

    je viens de voir le film et le moins qu’on puisse dire c’est que je suis déçu ! Tout cela sonne creux et faux certains dialogues sont même totalement insipides on nage même en plein ridicules dans certaines scène qui se veulent pleine d’émotions mais qui deviennent drôle à force d’être mal jouées ou servit par des dialogues insipides mentions spéciale aux scènes avec le fermier et sa petites filles qui n’ont vraiment pas l’air de croire à ce qu’il jouent… reste les chevaux qui sont d’après moi les meilleurs acteurs du film, mais qui n’ont pas d’avenir dans le cinéma, leur jeu étant un peu limité pour faire d’autre rôles ^_^ bref après le désastreux Tintin S. Spielberg tombe encore une fois à coté…

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