Jean-Victor avait déjà vu Captifs, le premier film de Yann Gozlan à l’Etrange Festival mais j’ai eu envie de vous en reparler. Pour plusieurs raisons : d’abord, le film -comme vous pourrez le lire ci-dessous- mérite d’être vu, ensuite nous avons eu la chance de rencontrer son réalisateur ainsi que Zoé Felix pour deux interviews. Pour mieux les comprendre, il fallait donc que vous, chers lecteurs, sachiez de quoi on parle.
Voici donc ma critique de Captifs.

Captifs – Sortie le 06 octobre 2010
Réalisé par Yann Gozlan
Avec Zoé Félix, Eric Savin, Arié Elmaleh
Carole est membre d’une équipe humanitaire dont la mission dans les Balkans touche à sa fin. Sur le chemin du retour, elle et ses deux co-équipiers sont brutalement attaqués et enlevés par des criminels aux motivations inconnues. Qui sont ces ravisseurs ? Que veulent-ils vraiment ? La vérité va se révéler terrifiante…

Captifs fait partie de cette nouvelle et très fournie vague de films de jeunes réalisateurs passionnés. Celui-ci, on pourrait le qualifier d’honnête, au sens propre du terme. En effet, on nous promet Zoé Felix en cage et c’est exactement ce à quoi on peut s’attendre.

On va suivre ici trois Français en mission humanitaire en Yougoslavie et qui se feront, sur le chemin du retour, capturé par de sauvages trafiquants d’organes. Yann Gozlan pose vite ses bases en montrant rapidement qu’on est dans le thriller et pas dans le film d’horreur gratuit, encore moins dans le fantastique actuellement à la mode.
Le réalisateur est d’ailleurs lui-même honnête : il sait que son histoire n’est pas bien épaisse et qu’il ne pourra pas tenir la longueur. Il tient donc 1h25 pour raconter son histoire, ce qui est largement suffisant. Il ne faut en effet pas oublier qu’on va voir des gens emprisonnés, chose pas forcément passionnante quand il peut ne rien se passer en captivité.

Mais rassurez-vous, le film n’est pas ennuyeux pour autant, bien au contraire ! D’abord, pendant les scènes où les héros sont emprisonnés, il se passe des choses : en gros, tout ce qu’on peut imaginer sur le sujet. Brutalisation, tentative d’évasion, etc… Du grand classique. Mais du grand classique travaillé.
En effet, pour compenser cela, Gozlan bosse à fond ses ambiances. Décors glauques mais soignés, acteurs ayant des gueules, lumière propre et surtout une ambiance sonore de folie. On finit même par croire à un moment du film que l’issue est inévitable et que les protagonistes vont passer le reste de leurs jours derrière des barreaux dans une cave gardée par des chiens.

Malheureusement, avant d’y croire, il faudra rentrer dans le film et il faut dire que le début ne nous gâte pas. La faute est à attribuer à Arié Elmaleh (le frère de l’autre). Non seulement son personnage de comique de service est insupportable mais en plus l’acteur est aussi bon que quand il jouait dans des pubs pour un opérateur de téléphonie mobile. On est presque ravis de découvrir qu’il sera la première victime des trafiquants (ne criez pas au spoiler, c’était prévisible depuis le début).
Zoé Felix, elle, une fois libérée de son acolyte, livre une jolie performance que ça soit en plein action ou seule se rongeant les sangs sur un matelas pourri. L’actrice prouve au passage qu’elle peut donc figurer dans autre chose qu’un navet se déroulant dans le Nord de la France.

Ajoutez à cela un final lui aussi très honnête : classique mais rudement efficace, bénéficiant d’une vraie tension et de quelques bonnes idées notamment une scène dans un champs de maïs (avec, encore une fois, une excellente ambiance sonore).

Pour un premier film, Yann Gozlan ne tente donc pas l’impossible : il livre du classique et efficace, plutôt grand public (j’insiste, c’est avant tout un thriller, pas un film d’horreur) et surtout très soigné. Il rejoint donc la liste des jeunes réalisateurs français à suivre.

– Marc

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