Il faut bien admettre ceci, en préambule : l’auteur de ces lignes n’avait jamais vu ni même entendu parler du personnage de McWalter avant la promo du film par Prime Video. Et peut-être parce qu’on est trop vieux pour ces conneries, on s’est toujours méfié des Youtubeurs qui passent au format long métrage. Le pas très bon « Pas Très Normales Activités » avec Norman nous ayant donné raison. Pourtant, MisterV vend super bien son concept et la présence de Simon Astier au générique (il co-signe le scénario et réalise) était là pour nous rassurer.

Pour les vieux, donc, McWalter est un super agent secret pas secret du tout puisque tout le monde le connait. A la fin d’une mission où il dégomme des terroristes, il voit sa compagne mourir sous ses yeux et abandonne tout. Mais pendant qu’il fait son deuil, de gigantesques explosions menacent la planète. Et alors qu’il pourrait reprendre du service pour sauver le monde, il va se retrouvé accuser des attentats.

Le premier point qui surprend les non-initiés est l’écriture. McWalter est écrit comme l’étaient les films de Zucker Abrahams et Zucker. Flirtant avec la parodie de film d’action, la réalisation de Simon Astier déroule les vannes à grande vitesse, avec le même genre d’humour absurde qui caractérisait la série des « Y a-t-il un flic ? ». On pense aussi à la Cité de la Peur, qui s’inspirait déjà des auteurs américains. Les Nuls ne sont pas si loin.
Mais tout ne fonctionne pas toujours. Certaines séquences particulièrement décalées sont de bonnes trouvailles et font rigoler quand d’autres tombent à plat. La force des films des ZAZ était de ne rien lacher (et leur suite spirituelle avec Liam Neeson fonctionne de la même manière) : il y a tout le temps un truc absurde à l’écran, voir plusieurs. De là à penser que McWalter aurait pu pousser les curseurs un peu plus loin il n’y a qu’un pas.

Un film surprenant par son humour mais aussi par le soin apporté à sa réalisation. En faisant avec les moyens qu’il a (sans doute pas assez), Simon Astier livre une réalisation soigneusement ficelée. C’est cadré comme il faut, joliment éclairé et les effets numériques sont suffisants.

Mais McWalter n’est pas sans défauts particulièrement embêtants. L’écriture pêche dès qu’il s’agit de raconter une histoire plutôt que des vannes avec des péripéties pas très engageantes et un personnage auquel on a du mal à s’attacher (peut-être aurait-il fallu voir les vidéos Youtube au préalable mais pour le film en tant que tel ça ne fonctionne pas). Enfin, le problème majeur c’est qu MisterV ne joue pas très bien. Alors, forcément, on s’attache encore moins à ce qui lui arrive et il nous faut compter sur l’absurdité des gags pour rester accrochés. Même Géraldine Nakache n’est pas très bien dirigée…

L’ensemble n’est donc pas désagréable et donne même envie d’aller se balader sur la chaine Youtube de l’intéressé. Ce serait normalement insuffisant mais dans le cas présent, c’est surement le but recherché. Non ?

McWalter, de Simon Astier – Disponible sur Prime Video

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