Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Critique : Le Comte de Monte Cristo

L’Alexandre Dumas Cinematic Universe continue son chemin dans les salles française. Après le dyptique consacré aux Trois Mousquetaires, les scénaristes Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte reviennent avec Le Comte de Monte Cristo pour lequel ils récupèrent en plus la casquette de réalisateurs. Pour l’anecdote, Denys de la Patellière, le père d’Alex, avait déjà porté le bouquin de Dumas à l’écran avec Jacques Weber dans le rôle principal. Parmi les autres versions, on se souvient entre autres de celle de Claude Autant Lara avec Louis Jourdan ou encore la mini-série portée par Gérard Depardieu, Jean Rochefort et Pierre Arditi.

Quelques mots sur le pitch : Edmond Dantès est un jeune marin prêt à épouser la belle Mercedes. Le jour de son mariage, il se fait arrêter, accusé de bonapartisme. Derrière cette arrestation se cache un complot : un marin concurrent veut reprendre son poste de capitaine, le procureur veut protéger un secret et le cousin de la future épouse veut se débarrasser d’un rival. Dantès se retrouve enfermé au large de Marseille. Dans sa prison, il va rencontrer l’Abbé Faria qui va lui indiquer l’emplacement d’un trésor. Évadé et riche, il va monter à Paris et utiliser sa fortune colossale pour mettre au point sa vengeance.

Le Comte de Monte Cristo version 2024 démarre bien. Le charme de Pierre Niney et d’Anaïs Demoustier fait mouche et on a rapidement de l’empathie pour les personnages. Les réalisateurs soignent leur emballage : gros budget, décors naturels, reconstitution minutieuse de l’époque, et même une construction solide permettant de nous embarquer avec le héros. Certes, la technique d’évasion est un peu ridicule mais elle est partiellement reprise du bouquin, on incombera donc la faute à Dumas lui-même.

C’est compliqué d’adapter un (très) gros bouquin racontant plein de choses. De La Patellière et Delaporte font donc des choix, certains audacieux et certains discutables. Ils choisissent de se focaliser sur la vengeance de Dantès, omettant ses aventures avant de monter à Paris, pour mieux se focaliser sur le plan que Monte Cristo veut mettre en place. On dit souvent que le personnage a inspiré les créateurs de Batman (un homme très riche qui se déguise pour rendre justice) mais les scénaristes s’inspirent ici de Batman, justement. Dantès s’adjoint deux personnages qui sont littéralement traités comme Robin et Batgirl, jusque dans leur relation d’amour-haine avec le justicier. Ce n’est pas la seule source d’inspiration contemporaine des auteurs qui piochent également dans la saga Mission Impossible.

Au coeur même de la vengeance, les scénaristes se focalisent sur l’aspect humain et familial, faisant des manipulations de Dantès des intrigues de chambre, mettant de coté l’aspect public des personnages qui, dans le bouquin, étaient tout en bas de l’échelle pour devenir des notables à Paris. Se faisant, on se retrouve avec des scènes finales qui manquent de souffle. Et une sensation de château de carte : la construction était belle et haute mais le résultat finit par s’effondrer rapidement – et même si tout le monde cherche à y mettre de la bonne volonté, les rôles principaux en première ligne.

Vous lirez partout que Monte Cristo est un « blockbuster à la française ». C’est à la fois vrai et peu flatteur : le film hérite des défauts des productions hollywoodiennes à l’écriture peu soignée jusqu’à forcer un combat final parce qu’il en faut bien un. Une tentative de, donc, qui aurait sans doute mérité de moins rogner dans Dumas pour qu’on y retrouve le souffle épique du roman d’origine. Un chouette emballage mais une surprise à l’intérieur un peu décevante.

Le Comte de Monte Cristo, de Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte – Sortie le 26 juin 2024

Voir les commentairesFermer

Laisser un commentaire