Étonnant phénomène que celui qui s’est passé sur Internet hier en fin de journée. Le créateur de l’excellente série Veronica Mars, celle qui a révélé Kristen Bell, a lancé un Kickstarter pour financer un film basé sur la série. Le projet de Rob Thomas était dans un carton depuis un moment et les fans étaient nombreux sur le Net pour demander un retour de l’héroïne. Le projet de financement a donc atteint son but en quelques heures seulement. A l’heure où ces lignes sont tapées, la somme de 2 500 000 $ a été atteinte, moins de 24 heures après le lancement de l’opération.
Warner Bros, qui a les droits de la série, va donc devoir se bouger pour mettre le projet en branle et répondre à cet incroyable mouvement (un fan a même dépensé 10 000 $ pour avoir un petit rôle !). Vous pouvez toujours participer ici, même si la plupart des récompenses sont limitées aux USA.

Mais l’opération soulève des questions…

Kickstarter est un formidable outil qui permet aux particuliers de financer de jolis projets et d’être récompensé. Ça permet à des gens pleins de talent de trouver de cette manière le financement nécessaire à une publication ou une réalisation. Mais il ne faudrait pas que ça devienne une solution pour les boites de production peu motivées à sortir de l’argent. Quand on voit l’engouement autour de Veronica Mars, on se dit que Warner Bros -qui a largement les moyens- aurait pu sortir de sa poche les 2 millions demandés par Rob Thomas.
De la même manière, les ayants droits de Jacques Demy cherchent un financement pour faire restaurer Les Parapluies de Cherbourg et fait appel à la générosité du public. N’est-il pas étonnant qu’on doive en arriver là. Pourquoi aucun distributeur ne met la main à la poche ? Vu la somme demandée, on pourrait également poser la question à Catherine Deneuve.

On vit une époque étrange où on finance des projets avec l’argent de gens qui n’en ont pas et où les gens qui en ont n’en donnent pas. C’est un raccourci un peu facile mais on espère que le phénomène Veronica Mars ne donne pas de mauvaises habitudes aux producteurs. Et on se réjouit quand même de savoir que la délicieuse Kristen Bell va reprendre le rôle !

9 commentaires

  • alex_bono jeudi 14 mars 2013 11 h 06 min

    Oui mais non. Pour les deux cas ce sont très différents.
    Pour Veronica Mars, c’est tout à fait normal de la part de Warner de ne pas vouloir mettre de la thune dedans : la série s’est mangée surtout sur la troisième saison et c’est au fil du temps qu’elle a acquis son public (merci netflix). Warner avait donc “raison” (d’un point de vue purement marketing même si ça nous faisait chier) de ne pas vouloir mettre de la thune pour un truc de niche qui allait potentiellement se ramasser. Là, le projet Kickstarter a juste montré aux prods qu’il y avait un vrai public derrière, près à s’investir

    Pour Les parapluies de Cherbourg, ça rejoint un peu le truc d’au dessus.Ont-ils vraiment envie de mettre de la thune pour un truc dont l’industrie est en chute libre ?

  • MashedPotatoe jeudi 14 mars 2013 11 h 46 min

    Bien qu’heureux que le film Veronica Mars se fasse, il y a effectivement quelques questions sur le financement de l’industrie cinématographique qui se posent.

    La première chose qui me gêne ici est la comparaison entre la recherche de financements pour la création d’un film et celle pour la restauration. Les deux choses n’ont absolument rien à voir, que ce soit dans l’intérêt que cela peut générer pour un studio mais aussi sur le fait que les deux projets n’ont pas la même origine, et ne bénéficient donc pas du tout du même système de financement / d’aides.

    A propos de Veronica Mars, et donc de la Warner, il ne faut pas oublier que malgré le fait que ce soit un gros studio et qu’on l’imagine comme une réserve inépuisable d’argent, on a avant tout affaire a des entreprises privés qui cherchent la rentabilité et le bénéfice. Et ce, avant de chercher à faire plaisir aux différentes fanbase. Il suffit de voir l’état de l’industrie aujourd’hui : licences sur licences, sequels sur reboot. Les prises de risques ne sont plus au rendez-vous, et si risques il y a, on les retrouvera surtout dans le cinéma indépendant.

    Le problème qui se posait ici avec le projet Veronica Mars est donc que le risque était plus important que le reste. Une série ayant été annulé, n’est effectivement pas le meilleur des paris. De plus, sortir un film basée sur une série n’est jamais un plan marketing intelligent : On n’intéressera que les connaisseurs de la série, et le grand publique s’en retrouve pour la plupart exclu. Il s’agit donc de proposer un film pour une infime partie de la population.
    Malgré tout, des films se font effectivement sur la base de séries, c’est vrai. Seulement, le pitch pour le film Veronica Mars laisse entendre qu’il sera une suite à la série. Hors les films tirés de séries qui ont marché au Box office sont des films reprenant les choses à zéro, ré-expliquant les origines pour que chaque spectateur puisse comprendre.

    Bref, pour finir, je pense qu’il est peut être temps d’arrêter de remettre en question les studios, qui tentent tant bien que mal de s’en sortir. Qui plus est, de nombreux films se font avec des budgets de moins d’un million de dollars, et restent cependant très bons.

    Finalement, même si le projet me plait, en tant que fan de Veronica Mars, je dois avouer qu’en tant que producteur, je n’aurais probablement pas parié non plus sur un tel projet. Et heureusement que l’on ne finance pas ce film en France, puisque vu l’etat de l’industrie en ce moment, il serait mort même avec crowdfunding.

  • Marc jeudi 14 mars 2013 12 h 14 min

    Un producteur qui répond ? Chouette !
    Deux points
    1/ Le succès (2 millions de dollars en moins de 24 heures, ce n’est pas rien) de Kickstarter ne prouve-t-il pas que Warner aurait du prendre le risque ? Je vis sans doute dans le monde des Bisounours mais il semble que le public répond présent. Après, rien n’impose la sortie salles. Aux USA on a bien compris ça avec la VOD
    2/ La comparaison avec Les Parapluies, c’est juste pour dire que ce serait bien que les producteurs (pardon) se bougent quand il y a de belles occasions.
    Et qu’on ne me dise pas qu’il n’y a pas d’argent, que ça soit pour un projet à la fan base manifestement solide ou pour la restauration d’un grand classique.

    Le risque, c’est de voir des petits projets échouer sur Kickstarter parce que les majors verront ça comme une solution pour éviter la prise de risque. Et ça, ben ça craint.

  • alex_bono jeudi 14 mars 2013 12 h 20 min

    1/ Oui, Warner aurait pu prendre le risque, ils n’ont juste pas osé le faire et ce kickstarter était là pour leur montrer qu’ils avaient tort. Ils ont donné leur feu vert tout de même.

    2/Mais il faut arriver à se placer dans leur logique en fait. Bien sûr qu’ils ont la thune pour restaurer les Parapluies. Mais la question n’est pas de savoir s’ils ont de l’argent mais s’ils ne vont pas en perdre. Nous on a cette réaction de “oui, ce serait quand même cool” parce qu’on est des fans, on est la cible, donc forcément, on aimerait bien. Mais d’un point de vue uniquement marketing, ils ne vont pas lâcher du flouse pour un truc qui peut potentiellement se planter.

  • Marc jeudi 14 mars 2013 12 h 22 min

    J’ai tellement envie de troller sur le salaire des acteurs que ce serait facile :/

  • cine-man jeudi 14 mars 2013 13 h 57 min

    Pourquoi ? On paye un acteur pour le film, car on c’est qui représente et contrairement a une “série” en vue du contexte du film, l’histoire, le réal il est sur d’amené des spectateur donc oui il doit être payer, après tout dépend du prix, la oui on peut emmètre des resserve

  • MashedPotatoe jeudi 14 mars 2013 14 h 29 min

    Je pense que pour un studio comme la Warner, deux millions de dollars en moins de 24h est, même si c’est un record extraordinaire, une somme qui ne veut pas dire grand chose. Il suffit de voir les budget alloués à leurs productions pour le comprendre. Cela risque ceci dit, effectivement, de jouer dans la balance. En quelques sortes, avec cette somme, Rob Thomas se réattribue les droits de son oeuvre, tout simplement.
    Le film fera probablement une sortie discrète et deviendra éventuellement rentable par la vente de dvd/bluray.

    Par ailleurs, je ne dis pas qu’il n’y a pas d’argent. Je dis seulement que l’argent présent n’est pas investit dans ce genre de projets pour des raisons qui me semblent évidentes. Des raisons que je ne soutiens pas, précisons-le, mais qui en termes de production, trouve tout leur sens face au systèmes actuels.

    Pour le cas des Parapluies de Cherbourg, Alex_Bono a plus ou moins raison. Quel intérêt pour un producteur de dépenser dans la restauration d’un film, aussi classique soit-il, s’il sait que ses frais ne seront pas amortis par la vente de cette nouvelle version ?

    Pour finir, je ne pense pas que les majors profiteront de cette technique de financement. Ils n’ont rien à y gagner. Ce qui risquent à présent d’en abuser, ce sont tous ses auteurs et réalisateurs qui ont des projets qui leurs tiennent à coeur depuis des années mais qui n’ont jamais trouvés de financements. Imaginez par exemple Nathan Fillion lancer un kickstarter pour un retour de Firefly, par exemple. Pourquoi pas ? Les studios n’en veulent pas, et pourtant une véritable fanbase est prête à le financer, tous comme les acteurs sont prêts a rendosser leurs costumes.

    Oh, et à propos des salaires des acteurs, pour parler de la France, ne blamez pas les producteurs. Ils subissent plus qu’autre chose ce dictat imposé par les chaines de télévision, aides majeures lors du financement d’un film.

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