Une poignée de journalistes et rédacteurs ont été conviés ce 12 janvier à voir quelques extraits de la conversion en 3D de Titanic, l’immense succès de James Cameron, en présence de son producteur Jon Landau, à quelques semaines de sa ressortie dans les salles françaises. Nous y étions.

On ne parle pas ici d’une conversion à l’arrache à la demande d’un producteur voulant s’en mettre plein les poches et ne faisant au final que vous piquer les yeux et râler sur les réseaux sociaux.
On parle de 60 semaines de boulot, de 300 techniciens, de plusieurs millions de dollars investis et d’un véritable amour à la fois pour son oeuvre et pour le cinéma en général.

Titanic converti en 3D sort le 4 avril dans les salles.

C’est un des films les plus vus de l’histoire du cinéma. En avril 2012, il ressort en salles, 15 après sa sortie initiale. Avant que les pleureuses ne montent sur leurs grands chevaux pour dénoncer le capitalisme des zaméricains, on rappellera que jusqu’à une trentaine d’années, les ressorties en salles étaient fréquentes. Les classiques de Disney tournaient tous les sept ans et bon nombre de chefs d’oeuvres de l’âge d’or Hollywoodien comme Autant en Emporte le Vent ont été multirediffusés. Si cette tradition s’est perdue, c’est en grande partie à cause de l’apparition du marché de la vidéo, de la place grandissante qu’a occupé la télé et de l’augmentation de la production cinématographique.

Mais que cela ne nous fasse pas perdre de vue qu’un bon film est fait pour être découvert en salles (à condition bien sûr que les conditions idéales soient là : projection de bonne qualité et public respectueux. Pour le premier, on ne peut d’ailleurs pas souvent compter sur les diffuseurs français, adeptes de la basse luminosité sur projecteurs, afin d’économiser la durée de vie des lampes…).
Et Titanic est plus qu’un simple bon film, c’est un chef d’oeuvre qui a à jamais gagné sa place parmi les plus grands classiques. Sa ressortie est donc une bonne nouvelle en soi.

À plus forte raison lorsque l’on sait que le master du film a été parfaitement nettoyé (et à grands frais : entre 3 et 4 millions de dollar pour un film qui n’a que 15 ans. À titre de comparaison, l’opération derrière la phénoménale restauration pour la sortie blu-ray de Ben-Hur a coûté “seulement” 1 million, pour un film autrement plus problématique). Le film est éclatant et promet, en plus d’une excellente expérience en salles, un portage blu-ray exceptionnel.

Et puis bien sûr, il y a un petit “plus”. Titanic de James Cameron est désormais un film 3D. Après 60 semaines de travail, sous l’étroite surveillance de Cameron qui valide chaque plan du film, Titanic achèvera sa transformation et deviendra cet OVNI du paysage cinématographique : un film converti qui fera oublier sa version originelle en 2D.

Les extraits présentés sont tout simplement époustouflants, non pas qu’ils fassent dans l’esbroufe tape à l’oeil souvent associée au grand spectacle 3D mais bien parce que le travail minutieux livré nous fait complètement oublier que ce film n’a pas été initialement tourné en 3D. Tout (ou presque) est évident et agréable à regarder. Passé les premières secondes d’accommodation, on se replonge tout de suite dans l’histoire et on ne cherche plus à dissocier la 3D du film. La stéréoscopie apporte une texture supplémentaire aux cadres que Cameron avaient construits en laissant toujours de l’importance aux arrières-plans. Il y a bien quelques micro-secondes problématiques sur les mouvements panoramiques ou les travellings un peu rapides, mais rien de bien différent à ce qu’on pourrait trouver dans une production tournée en 3D.

Ceux qui voudront crier au gimmick mercantile seront bien en peine pour trouver de réels arguments face à la maestria technique de cette conversion. Il n’y a pas de poudre aux yeux mais bien un choix artistique assumé et travaillé. Et cela semble clair aux yeux de Cameron et de son producteur Jon Landau, lorsque ces derniers citent une de leurs scènes préférés en 3D : le moment où Rose et sa mère sont enfermées dans leur cabine et que cette dernière ressert le corset de sa fille. Pas question de jaillissement à l’écran, de plongées ou de plans d’ensemble vertigineux. Simplement une façon souligner l’espace qui entoure les personnages, et dans le cas de Rose, l’enserre même. Bref, rajouter une nuance à la palette du storyteller. Cet extrait n’a pas été montré, hélas. Mais de toute façon, nous avons rendez-vous en Avril pour revoir, avec bonheur, tout le film.

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.