The Chaser. The Murderer. The Strangers. Et désormais Hope. Il tourne peu mais chaque film de Na Hong-jin est un évènement. Son dernier long, présenté à Cannes en mai 2026, a fait la clôture de l’Étrange Festival dans une version expurgée de 20 minutes. Et on se demande bien ce que pouvait contenir ces minutes « de trop » tant le film est un monument de rythme et de tension.
Hope est le nom d’un petit port en Corée du Sud à la frontière avec l’autre Corée. On va d’abord deux flics (dont Hwang Jeong-min, vu dans The Stranger et Battleship Island) ainsi qu’un groupe de chasseurs. Ils vont découvrir que si des animaux se font massacrer, c’est la faute d’une créature surpuissante qui va s’en prendre au village entier.

Les influences de Hope sont multiples mais, ici, on a d’abord pensé à l’Attaque des Titans. Imaginez la série d’animation avec une intrigue se déroulant dans les années 80 et où tout le monde a des armes à feu. Gardez en tête l’anime pour son rythme, sa vigueur, ses scènes d’action maboules mais aussi pour l’aspect invincible de sa créature, un genre d’humain surdimensionné avec des cheveux.
Se contentant d’une courte introduction juste là pour poser les personnages (dont l’incroyable Jung Ho-yeon vue dans Squid Game), Na Hong-jin découpe son film en deux intenses courses poursuites. Au milieu, un temps de respiration histoire d’expliquer ce qu’on a vu pendant les cinquante premières minutes : une intense fusillade dans les rues du village, d’abord sans voir la créature. C’est peut-être l’un des rares défauts du film (avec, aussi, des CGI qui piquent un peu), ce passage se voulant mystérieux : on voit des résistants tirer dans le vide tout en ayant une petite idée de ce qui nous attend. Mais la générosité du face à face avec la bestiole est bien là.

La seconde scène d’action se déroule dans une forêt avec le groupe de chasseurs et des chevaux (et là aussi on pense à SNK), un environnement pour lequel le réalisateur a délaissé sa Corée pour aller tourner sous les arbres polonais. C’est aussi l’occasion de découvrir que les créatures sont jouées en performance capture par des acteurs et actrices anglo-saxons, Michael Fassbender et sa compagne Alicia Vikander. Le film passe alors la seconde en terme d’action et de mise en scène, le réalisateur ayant plus de liberté pour faire bouger sa caméra entre les arbres.
Si vous n’avez pas peur des spoilers, vous pouvez maintenant déplier le bloc ci-dessous qui revient sur la fin du film. Si vous voulez vous préserver, sautez à la conclusion.
Spoilers
On pourra aussi reprocher à Hope de prendre trop de temps à introduire le second volet, qu’on n’est pas sûrs de voir si le premier film ne rencontre par le succès escompté, Na Hong-jin ne l’ayant pas écrit.
Outre l’influence beaucoup trop visible de Star Wars dans le crash du vaisseau et d’Avatar dans l’apparence de la Princesse, on ne comprend strictement rien à ce que les personnages de Fassbender et Vikander veulent raconter. C’est trop long et ça casse le rythme de l’épilogue.
Hope est une bombe. Sorte de rencontre entre Predator et Mad Max Fury Road dans un village coréen, le long-métrage de Na Hong-jin ne s’essoufle jamais, comblant les amateurs et amatrices d’action que nous sommes. Il s’ajoute ainsi à la chouette liste de productions venues d’Asie (voir ici et là) qui nous ont fait vibrer cette année.
Hope, de Na Hong-jin – Sortie en salles le 28 octobre 2026
