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Critique : Epic, la Bataille du Royaume Secret


Avant de vous parler d’Epic, un petit mot sur les conditions de visionnage du film.

Peut-être avez-vous entendu parler de l’organisation d’une projection du film de Chris Wedge au coeur d’une forêt ? Après l’Odyssée de Pi montrée dans une piscine, c’est au tour du film d’animation Epic d’avoir droit à un lieu exceptionnel pour être dévoilé.
Nous étions une cinquantaine sur une sorte de plancher flottant fixé à une dizaine de mètres du sol au coeur d’une forêt et en pleine nuit. Enroulé dans des couvertures et entourés de coussins, nous avons vécu une formidable immersion : les premiers plans du film montrant une forêt à peu près à notre hauteur, en belle 3D, entourés que nous étions de grands arbres et bercé par une brise douce ont permis de vraiment se sentir au coeur de l’univers.

Mais de belles conditions de projections permettent-elles de mieux apprécier un film ?

 

Dans la bataille qui voit s’affronter Dreamworks et Pixar, un troisième studio faisant de l’animation se pose en outsider : Blue Sky. Fondée par Chris Wedge à la fin des années 90, la société s’est d’abord tournée vers les effets spéciaux travaillant sur Star Trek Insurrection, Fight Club ou encore les séquences 3D du dessin animé de Don Bluth, Titan A.E. Et c’est l’échec commercial de ce dernier qui a poussé Blue Sky en association avec la Fox à réaliser le premier long : l’Age de Glace.
Le succès du premier volet a non seulement poussé les producteurs à développer des suites mais a aussi imposé le nom de Blue Sky sur la troisième marche du podium. Le studio n’avait pas pour autant fait grand chose en dehors de la franchise préhistorique en dehors de Rio (et de Robots mais qui s’en souvient). Il était donc intéressant de le voir débarquer dans un nouvel univers, en espérant que celui-ci fonctionne.

Ce n’est malheureusement pas le cas. Epic La Bataille du Royaume Secret n’est pas une franche réussite. Ce n’est pas non plus un mauvais film pour autant.

Saviez-vous qu’en parallèle de notre univers vivent des créatures humaines de taille minuscule ? Oui, comme les Minipouces ou Arrietty. On les appelle les Hommes Feuilles. Et si personne ne s’est jamais rendu compte de leur existence, c’est uniquement parce qu’ils vivent à une fréquence différente. Chez eux, les ailes des colibris battent à une vitesse normale et les humains tels que vous et moins passent pour de gros balourds évoluant au ralenti. Dans ce monde, la magie existe et les insectes parlent. Dans ce monde, pour préserver la forêt, une reine aux pouvoirs surnaturels doit choisir un bourgeon… ce qui ne se passera pas comme prévu puisqu’un groupe de mauvaises créatures, anéantissant la nature, emmenées par le terrible Mandrake va intervenir. Le sort de la forêt va donc se retrouver dans les mains d’une jeune humaine passée là par hasard et miniaturisée de force.

Tout cela est bien joli sur le papier et l’ensemble parvient globalement à s’affranchir de ce à quoi le film pourrait ressembler. Ce n’est ni Arrietty et ses Chapardeurs ni les tentatives d’animation de Luc Besson mais un vrai univers original qui se dévoile à nos yeux. Certes, visuellement on sent quelques sources d’inspiration comme le Seigneur des Anneaux pour les armures des hommes feuilles et 1001 Pattes pour Mandrake, mais ça passe. Les images sont vraiment belles, la réalisation est très soignée et Chris Wedge s’amuse beaucoup entre scènes aériennes ultra dynamiques et personnages bondissants. On en prend plein les yeux.

Mais les scénaristes ont oublié qu’une histoire, ça se développe. L’arrivée de la jeune Mary Kate chez les humains est à peine expliqué et le personnage n’a aucun mal à évoluer dans ce nouvel univers. C’est comme si elle avait volé en colibri toute sa vie…
Globalement, Epic préfère se focaliser sur les péripéties et les scènes d’action que sur le background de ses héros. Le jeune Nod, évidemment une tête brulée qui emballera la fille, a l’épaisseur de la feuille dont il porte le nom. Et il est étonnant de constater qu’il y a plus à dire des personnages secondaires que des héros ! Le vieux sage Ronin est donc largement plus intéressant que son padawan. Le duo d’escargot, sorte de Timon et Pumba moderne, fait mouche à chacune de leurs interventions.
De fait, pas de deuxième niveau de lecture comme nous y habitue Pixar. Pas de morale applicable comme chez Disney…

On soulignera que le doublage français est de qualité. Mélanie Laurent et Jérémie Renier font le boulot, la plupart des doubleurs des personnages secondaires sont à la hauteur (et il semblerait, mais on n’a pas eu la confirmation, que le méchant Mandrake soit doublé par Jean Piat, ce qui lui donne de faire la voix de Scar dans le Roi Lion).
Une seule exception : Garou. On ne sait pas ce que le juré de téléréalité est venu faire là mais il n’est pas du tout à sa place et rend son personnage absolument insupportable.

Au final, c’est bien dommage de ne se limiter qu’à une histoire très linéaire et cousue de fil blanc alors qu’il y avait tant à faire. C’est d’autant plus dommage que la réalisation est dynamique, que la 3D est très belle et que les enfants auraient pu, avec un peu plus d’écriture, s’identifier aux héros.

Ce n’est donc pas avec Epic que Blue Sky montera d’une marche sur le podium. Il leur manque de bons scénaristes.

 

Epic La Bataille du Royaume Secret – Sortie le 22 mai 2013
Réalisé par Chris Wedge
Avec les voix originales de Amanda Seyfried, Josh Hutcherson, Steven Tyler
L’histoire d’une guerre insoupçonnable qui fait rage autour de nous. Lorsqu’une adolescente se retrouve plongée par magie dans cet univers caché, elle doit s’allier à un groupe improbable de personnages singuliers et pleins d’humour afin de sauver leur monde… et le nôtre.

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2 commentaires pour “Critique : Epic, la Bataille du Royaume Secret”

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