Il a commencé chez Disney comme assistant réalisateur sur Rox & Rouky. Puis, dans les années 90, il a produit de nombreux films d’animations, ceux du fameux age d’or des studios : la Belle et la Bête, le Roi Lion, Kuzco, le Bossu de Notre Dame…Il est ensuite passé chez Disney Nature pour produire des documentaires animaliers et ce, tout en réalisant le documentaire Waking Sleeping Beauty.

A l’occasion de la sortie du Roi Lion en blu-ray, nous avons eu la chance de participer à une table ronde virtuelle avec des journalistes et rédacteurs du monde entier pour poser nos questions à Don Hahn.
Les aventures de Simba bénéficient dans de nombreux pays d’une sortie en salles après conversion 3D. Il est donc beaucoup question de ce passage, mais aussi de l’animation en général à une époque où la concurrence est de plus en plus rude.

La table ronde ayant eu lieu sous forme de chat modéré, les questions sont un peu dans le désordre. Mais en voici la retranscription française. Le Roi Lion sort aujourd’hui dans les bacs.

Si vous faisiez le Roi Lion maintenant en 2011, est ce que les choses seraient différentes ? Est ce que la technologie actuellement permettrait de faire les choses différemment ? De faire des choses qui n’ont pas pu être faites il y a 17 ans ?
Il y a eu des avancées technologiques extraordinaires dans le monde de l’animation depuis 1994 donc je ne doute pas que le film aurait été pensé de différentes manières. Par contre, je doute que ça touche à l’histoire, plutôt à la réalisation. Je ne suis même pas sûr qu’on en ferait un film en images CGI. L’Afrique est un tel mélange de couleurs, la vie sauvage, les paysages et les personnages auraient été dessiné à la main quand même.

Quelle a été votre réaction quand vous avez vu la version finale en 3D du Roi Lion ?
J’ai vu le film des milliers de fois pendant sa conception puis sa promotion. Je me suis donc assis avec les réalisaturs Rob Minkoff et Roger Allers quand la version 3D a été terminé et nous avons été surpris par sa puissance. C’est sans doute à cause de la qualité de l’image et de l’immersion naturelle que l’on obtient avec la 3D. Un grosse surprise a été le nouveau mixage sonore réalisé pour cette version 3D. Tous les sons sont disperés dans la salle autour de vous. C’était une belle expérience, même pour les réalisateurs.

Selon vous, quelles sont les scènes qui ont le plus profité de la 3D ?
La chanson d’ouverture, le Cercle de la Vie, nous a renversé dans nos fauteuils qu’on a vu le film. Ensuite, la scène avec les gnous peut donner envie de se cacher sous son siège tant on a l’impression qu’ils courent dans le cinéma. Le troisième moment est sans doute la scène où Mufasa apparait à Simba sous forme de fantôme dans les nuages. Ca m’a toujours semblé être le moment le plus émouvant du film et maintenant en 3D, il a une grandeur particulière qui lui donne encore plus de puissance.

Quelle est la partie la plus difficile dans le processus de conversion en 3D d’un film en animation traditionnelle ?
Un film dessiné à la main comme le Roi Lion est par définition une caricature de la vie faite de dessins et peintures plates. La partie la plus complexe consistait à prendre ces dessins plats et à créer une forme de géométrie derrière, pour donner une impression de relief. En animation 3D CGI, c’est beaucoup plus simple. C’était techniquement difficile car nous devions créer une profondeur là où il n’y en avait pas.

Comment est venue l’idée de convertir le Roi Lion en 3D ?
Il y a cinq ans, Disney réalisait Chicken Little, leur premier long métrage en images CGI. Ensuite, nous avons converti l’Etrange Noel de Monsieur Jack pour tester, pour voir si on pouvait donner du relief à un ancien film. Le Roi Lion 3D est né de ce test. C’était plus difficile mais le réalisateur est plutôt cool.

Que signifie le Roi Lion pour vous après 17 ans ?
L’animation est une chose amusante car elle ne vieillit pas. Donc quand je regarde le film aujourd’hui, c’est comme si on l’avait fait hier. Le plus grand souvenir de ce projet est le miracle qui s’est produit en regroupant 400 personnes dans un hangar pendant quelques années. Quelle collaboration ! Je suis toujours impressionné par leur talent, on garde encore le contact et certains sont devenus de vrais amis. On peut dire sans hésiter que le Roi Lion est le film d’une vie, qu’il a affecté nos vies comme nous ne pouvions l’imaginer.

Vous avez produit La Belle et la Bête, le Bossu de Notre Dame, etc. Pensez-vous que le conte de fée soit désormais absent de l’animation actuelle ?
Il semble que le conte de fée soit bel et bien vivant mais de manière différente. Je pense que Harry Potter contient tous les éléments du conte de fée mais l’emballage est différent. Et le prochain film de Pixar, Brave, va surprendre du monde à cause de son histoire. Il y aura toujours de la place pour les histoires classiques. Tim Burton l’a prouvé aussi avec Alice au Pays des Merveilles.

Est-ce que vous pensiez que le Roi Lion serait le succès qu’il est devenu ?
Nous ne le pensions pas. C’est l’histoire d’un lion accusé d’un meurtre, plus ou moins inspiré de Hamlet, se déroulant en Afrique et avec Elton John à la musique. Ce n’était pas la recette d’un succès assuré. Les premiers mois de la conception, je ne trouvais personne pour travailler sur le projet. Mais ceux qui ont fait le travail l’ont fait avec passion et ont réussi à faire la différence.

Comment vous êtes-vous retrouvé à travailler dans l’animation ? J’ai entendu que vous avez d’abord appris la musique ? La musique et l’animation ont des choses en commun ?
J’étais étudiant en musique à la fac, et j’ai appris les percussions. Mais chez Disney j’ai vite vu que l’animation et la musique allaient ensemble. La forme d’un film d’animation est comme une symphonie, avec hauts et des bas, des moments lents et rapides et un gros final. Tout ça forme un tout dans mon esprit et je ne fais que des films depuis.

Que pouvons-nous attendre du son et de l’image du blu-ray ?
Terry Porter, l’ingénieur du son d’origine, a fait un travail extraordinaire pour la version 3D. Il a pris tous les éléments sonores et les placés dans le cinéma de manière à ce qu’on ait l’impression que tout sorte de l’écran. Je ne sais pas comment il s’y est pris mais le mixage est comme vous ne l’avez jamais entendu, comme si on était assis au milieu de l’orchestre de Hans Zimmer. L’image a été numérisée quand nous avons fini le film, donc on a été capable de travailler sur les fichiers numériques d’origine pour la version 3D. Le résultat est clair et propre. La palette de couleurs est aussi intense que les réalisateurs voulaient qu’elle soit.

Comment l’animation et l’industrie du dessin animé ont évolué depuis la sortie du Roi Lion ?
L’industrie du film est comme l’industrie de la mode. Les choses vont et viennent. Mais c’est difficile de suivre la mode quand on fait un film. Il a fallu quatre ans pour faire Le Roi Lion, on doit donc s’appuyer sur des thèmes intemporels et qui parlent à un public international.

Que pouvons-nous attendre des films d’animations dans un futur proche ?
Il y a un boom dans l’animation maintenant. De grands films viennent de nouveaux réalisateurs du monde entier et c’est excitant, comme l’Illusioniste de Sylvain Chomet. On voit aussi des réalisateurs comme Spielberg et Jackson utiliser la performance capture pour plonger dans l’industrie de l’animation. C’est bon pour nous. L’animation a toujours été un mélange de bonnes histoires et de technologies incroyables, c’est exactement ce qui est en train de se passer.

Vous n’avez pas produit un film d’animation depuis dix ans. Pourquoi cette absence ?
Comme tous les artistes, j’aime le changement. J’ai travaillé sur des films live, notamment pour Disneynature (Un Jour sur Terre, Océans, Félins [sortie le 1er février 2012]). Walt Disney a été un modèle pour moi et il est passé de l’animation aux parcs à thèmes, à la télévision, aux films live. Peut-être suis-je en train de suivre ses pas ? J’ai quand même toujours un pied dans l’animation. Je travaille avec Tim Burton sur Frankenweenie depuis quelques années et c’est formidable. Quand on a l’animation dans le sang, difficile de s’arrêter.

Que pensez-vous de la comédie musicale ? Avez-vous travaillé dessus ?
Je l’adore. J’aime quand Julie Taymor prend une histoire originale et l’interprète à sa manière. C’est impressionnant. J’y ai participé de manière très superficielle en donnant quelques conseils lors des toutes premières répétitions. J’ai été impressionné quand j’ai vu le résultat pour la première fois à Broadway. C’est un beau testament au pouvoir de l’histoire.

Avez-vous jamais pensé à une suite au Roi Lion en CGI ?
C’est une idée qui me fait un peu peur. J’aime les films en CGI, ce sont des miracles modernes. Mais l’histoire du Roi Lion est une allégore des émotions humaines à propos de nos parents, nos enfants et la beauté de l’Afrique. Un dessin à la main m’a toujours semblé correspondre à cette idée. C’est d’ailleurs littérallement un film fait à la main. La musique a beaucoup de percussions et de voix africaines. Ca ajoute quelque chose d’unique à l’animation traditionnel et je pense que c’est le meilleur choix possible.

Est ce que des concessions ont dû être faites pour la conversion 3D ?
Non, absolument aucune.

Comment Disney s’adapte à ce nouvel environnement compétitif ?
La compétition est bonne pour nous tous. Il y a eu des périodes sans mais maintenant, avec tous les travaux d’animateurs dans le monde entier, nous sommes obligés d’être au top. Raiponce est un grand film car nous voulions montrer au public la force de l’animation Disney, qu’elle est toujours vivante et en grande forme !

Pensez-vous que l’animation traditionnelle a un futur ? Ou pouvons-nous nous attendre à d’avantage d’images CGI dans les années à venir ?
Je pense que nous vivons dans un monde dominé par les images CGI. Je pense quand même qu’il y a un futur fort pour l’animation à la main, et même pour toutes les techniques. Tim Burton réalise Frankenweenie pour nous en stop motion. Les films de Miyazaki sont des chefs d’oeuvres faits avec des crayons et de la peinture. Pour moi, le public ne va pas au cinéma pour voir une technique mais pour être pris par une histoire, s’amuser, quelle que soit la technologie.

Justement, pouvez-vous nous dire quelques mots sur Frankenweenie ?
C’est trop tôt pour en parler mais je peux juste vous dire que Tim Burton est un artiste extraordinaire et que ce film est impressionnant. Nous sommes toujours en pleine production mais vivement que vous puissiez le voir.

Ne peut-on pas dire que l’animation CGI est plus froide ?
Dans les mains de maitres comme John Lasseter, Andrew Stanton et Brad Bird, l’animation CGI est très chaude et très accessible, bien que l’animation traditionnelle ait sa propre chaleur. C’est la même humanité que celle que l’on reçoit quand on voit une note manuscrite puis un dessin fait par un enfant. Il y a quelque de direct et d’humain dans ce que peut faire un crayon sur un papier.

Quelle scène du Roi Lion a été la plus difficile à réaliser et quelle est votre préférée ?
La course des gnous a été la plus compliquée car nous étions au début de l’utilisation de l’ordinateur. Nous savions que nous devions faire une menace bien réelle pour Mufasa. Il fallait donc créer des centaines d’animaaux. Scott Johnson et l’équipe chargée des images de synthèses ont inventé un logiciel qui nous a permis à nous de ne faire que quelques gnous et de laisser l’ordinateur faire le reste de la horde. Ca nous a pris des années, mais ca a été une référence.
Quand à ma scène favorite, c’est tout simplement le Cercle de la Vie. C’est une combinaison parfaite d’art, de musique, et de racontage d’histoire !

Est ce qu’il y a des films d’animations que vous avez vu en vous disant que vous auriez aimé travailler dessus ?
Les Indestructibles, le Géant de Fer, Princesse Mononoke, Ratatouille, La-Haut, Raiponce. J’aimerai pouvoir me cloner pour pouvoir travailler avec tous ces formidables animateurs qui ont fait tout ça.

Quel est votre Disney préféré ?
Peter Pan ! Il y a tout dedans : des pirates, des enfants qui volent, des sirènes, Londres, des crocodiles et la fée Clochette.

A l’origine, comment vous êtes-vous retrouvé à travailler sur le Roi Lion ?
Je venais juste de finir La Belle et la Bête quand le chef de l’animation Peter Schneider m’a proposé de jeter un oeil à un film intitulé Le Roi de la Jungle. Thomas Schumacher qui travaillait sur le projet allait vers d’autres fonctions et il fallait un producteur. Au début, c’était décourageant. L’histoire était un film sur la nature. Avec les réalisateurs Rob Minkoff et Roger Allers, on s’est assis dans un bureau pendant deux jours pour travailler avec Brenda Chapman (chargée de l’histoire et la première chargée d’histoire femme chez Disney), les réalisateurs de la Belle et la Bête Kirk Wise et Gary Trousdale ainsi que Chris Sanders (qui réalisera plus tard Dragon chez Dreamworks). On s’est enfermé jusqu’à ce qu’on finisse l’histoire. On a rempli des carnets, consommé une quantité incroyable de pizzas. Deux jours plus tard, nous avions notre histoire. Elle n’a d’ailleurs pas beacoup évolué ensuite. On a juste changé le titre. Vous connaissez la suite…

Quel est le rôle du producteur que vous êtes ?
Je suis d’abord un chef d’équipe, rassemblant les meilleurs artistes, réalisateurs et scénaristes pour travailler sur mon film. Puis je leur donne un environnement où travailler et je les soutiens. Je suis moins un patron qu’un exécutant, comme un entraineur de football : je dois mettre ensemble les meilleurs joueurs, les entrainer autant que possible, leur donner la meilleure musique et les meilleur doubleurs et les laisser jouer à le meilleur. Mes modèles en la matière sont Walt Disney et Jim Henson. C’est le meilleur boulot du monde.

Vous produisez aussi des documentaires sur la nature pour Disney. Qu’est ce que ce genre de travail représente pour vous ? Est-ce que c’est plus cool que vos précédents gros projets ? Et quel est votre préféré ?
Je ne dirai pas que c’est plus cool. Nous avons à l’heure actuelle une équipe en Afrique pour un projet avec des singes. C’est un travail difficile mais ce que j’aime, c’est apporter la manière que Disney a de raconter les histoires au monde de la nature. Notre planète connait de nombreux problèmes et DisneyNature et nos films comme Un Jour sur Terre et Océans apporte ce monde directement dans votre salon, vous rappelant que nous devons prendre soin de notre fragile planète. Ca m’a aussi permis de travailler avec d’excellents réalisateurs de l’univers du documentaire comme Alastair Fothergill et Mark Linfield.

Vous êtes le réalisateur de Waking Sleeping Beauty, qui est un très bon film documentaire. Réaliserez-vous d’autres docus de la sorte sur l’histoire de Disney ?
Je n’ai pas ce genre de plans pour le moment mais j’ai toujours pensé qu’il serait intéressant de monter un docu sur la vie de Walt Disney uniquement avec des images d’archives. C’était un des plus grands artistes influenceurs du 20e siècle et beaucoup de gens maintenant ne le connaissent pas bien. Pas de plans donc, mais qui sait…

Les studios Disney Animation ne donnent pas l’impression d’avoir beaucoup de projets dans le futur. Que pouvez-vous nous en dire ?
Il y a de grands projets sur la table à dessin de Disney Animation. John Lasseter et Ed Catmull nous ont poussé à créer les meilleurs films possibles sans la pression d’un planning. Ca permet aux réalisateurs de travailler sur des films jusqu’à ce qu’ils soient bons. Ce qui donne des choses comme Raiponce. Je ne pense pas que vous serez déçu du futur de Disney Animation.

Comment décriveriez-vous ce que vous avez gagné en travaillant avec Disney ?
Bonne question. Il y a un esprit particulier dans ce studio comme nulle part ailleurs. Les meilleures idées gagnent, qu’elles proviennent d’un réalisateur, de l’homme chargé de la sécurité ou de la dame qui fait le café. Cet environnement m’a permis de prendre plus de risques et de repousser les limites avec chacun des films que j’ai fais. J’avais 20 ans quand je suis arrivé chez Disney et j’y ai tout fait : de laver le sol à produire des films qui ont eu un succès fou. J’ai eu la chance de travailler avec des génies : Howard Ashman, Frank Thomas, Ollie Johnston, Woolie Reitherman, Tim Burton, Brad Bird, John Lasseter, John Musker, Ron Clements, Alan Menken, Elton John. Je suis l’homme le plus chanceux du monde.

Est-ce que vous considérez le Roi Lion comme votre fils préféré, vous qui avez produit beaucoup de chefs d’oeuvres ?
Ce sont tous mes enfants donc c’est difficile de n’en choisir qu’un. La Belle et la Bête garde une place spéciale dans mon coeur et le Roi Lion… Il y a des films qu’on ne fait qu’une fois dans une vie.

Quelle est la part consciente de la part d’histoire empruntée à Hamlet de Shakespeare ?
Peu consciente. L’histoire du Roi Lion est plus ancrée dans des histoires comme celle de Moïse que Hamlet. Mais à un moment, Maureen Donley, productrice de la Petite Sirène, a noté des similarité et nous l’a dit. Qui sait…

Qu’est ce qui est le plus important dans un film d’animation ?
L’histoire, l’histoire et l’histoire. Une place de cinéma coute cher, et il y a beaucoup de choix. Donc on utilise l’animation pour créer un monde et transporter le public dans un nouvel endroit, pour leur raconter une histoire qu’ils ne connaissent pas. Mon meilleur exemple est Ratatouille. Qui ferait un film sur des rats dans une cuisine ? C’est la pire idée possible avec celle d’imaginer un vieux faisant voler sa maison vers l’Amérique du Sud avec un gamin scout. Mais Ratatouille et Là-Haut sont deux magnifiques histoires magiques qui utilisent l’animation avec brio.

Quel a été votre part de travail sur le blu-ray ?
J’ai réalisé un documentaire pour la sortie qui est une sorte de film de famille sur mon expérience. Nous avons rassemblé tous les animateurs d’origines pour une discussion autour du film. C’était la première fois depuis 1994 qu’on se voyait tous ensemble. Vous réalisez alors qu’ils sont comme des frères et soeurs.

Une dernière pensée sur la sortie du Roi Lion ?
Je suis très honoré d’avoir participé à ce film et au phénomène qu’est devenu le Roi Lion. Je sais que je parle pour tous ceux qui ont travaillé dessus quand je vous remercie pour l’accueil que vous avez offert aux personnage et au film aux quatres coins du globe. La version 3D du film est très spéciale et une nouvelle manière de l’apprécier. Mais c’est un film fait à la main, réalisé avec beaucoup de soins et d’amour et j’espère que vous l’aimerez. Hakuna matata !

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