Dernier Work in Progress au Festival d’Annecy et non des moindres. Il fallait d’ailleurs être motivé et s’armer de patience pour découvrir les premières images d’Astérix et le Domaine des Dieux de Louis Clichy et Alexandre Astier.

A coté des accrédités bénéficiant d’une place réservée, les étudiants en animation étaient venus nombreux et ont longuement attendu sous un soleil de plomb pour découvrir le travail de l’auteur de Kaamelott et du jeune prodige français ayant fait ses armes chez rien de moins que Pixar (sur Wall.E et Là-Haut).

Le jeu en valait la chandelle.

 

Nous avons eu le bonheur de découvrir les 11 premières minutes du film (incluant un générique en 2D à la manière du Tintin de Steven Spielberg) après une présentation par les deux réalisateurs et le directeur artistique mais aussi quelques officiels de chez M6 qui croient fort au film. C’est en effet un gros chantier que cette nouvelle version, mais qui aura droit en novembre prochain à plus de 700 copies. Un chiffre énorme qui montre que le distributeur est persuadé de tenir quelque chose et de cartonner au box office.

Alexandre Astier, en charge d’adapter l’histoire de Goscinny et Uderzo est longuement revenu sur ses choix. S’il a préféré Le Domaine des Dieux plutôt qu’un autre album, c’est pour plusieurs raisons. La première est la plus simple : c’est son album préféré (et il a raison, c’est un chef d’oeuvre du 9e art). D’autres aspects sont entrés en ligne de compte, le premier étant que le Domaine bénéficiait d’un vrai méchant avec un plan contre les Gaulois (César et ses désirs immobiliers) quand beaucoup d’autres sont des chroniques à travers des pays. De fait, l’album a tous les éléments d’une véritable histoire de cinéma, qui ne sera donc pas complétée par des choses venues d’autres albums comme c’était le cas sur les films en 2D précédents.
Astier annonce néanmoins que certains éléments de l’histoire ont été modifiés et certains arcs narratifs ont été développés. Selon lui, le film sera fidèle à Goscinny “à 70 %”. Il évoque notamment le fait que le premier habitant du Domaine des Dieux (pour les connaisseurs de l’oeuvre) ne sera pas seul mais aura une famille. Il a également laissé sous entendre que le final devrait être plus “cinématographique” que celui de l’album. Nous avons aussi pu voir que ce qui correspond à la première case de l’album devient une scène de quelques minutes permettant d’introduire les héros, etc…

Un gros travail a également été fait du coté du doublage. Sachant diriger des acteurs, Alexandre Astier les a fait enregistrer leurs dialogues en amont de l’animation, “à la manière d’un feuilleton radio”. C’est une pratique courante dans le milieu de l’animation (en France, le studio Xilam utilise cette manière de procéder pour toutes ses séries) mais loin d’être obligatoire, d’autre préférant le vrai doublage sur image. En faisant bosser les acteurs entre eux, Astier a créé une dynamique intéressante, d’autant qu’il a choisi de filmer les sessions d’enregistrement. Les images ont été ensuite transmises aux animateurs qui avaient alors la possibilité de s’en inspirer pour reprendre les mimiques des comédiens. Il en résulte un lipsync absolument parfait et on prend beaucoup de plaisir à réentendre Roger Carel dans l’un de ses rôles les plus célèbres accompagné cette fois par Guillaume Briat (le Roi Burgonde dans Kaamelott) succédant à Pierre Tornade. Lionnel Astier (Léodagan dans Kaamelott) sera Cétautomatix face à François Morel en Ordralfabétix. A noter aussi la présence du regretté Artus de Penguern décédé juste après.

De ces choix, et d’un travail visuel méticuleux (les images sont vraiment belles et le rendu 3D réussi), on peut sentir que les auteurs se sont vraiment impliqués à fond pour respecter le plus possible l’oeuvre d’origine. Les images présentées lors de ce “work in progress” étaient vraiment alléchantes. Le succès devrait être au rendez vous en novembre prochain.

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