A force de couvrir des festivals, on finit forcément par voir des films inédits mais pourtant déjà vus pour nous. C’était le cas jeudi 14, 5e jour à Sitges. David a en effet vu deux films dont on a déjà parlé à l’Etrange Festival. Mais c’est aussi l’occasion d’avoir un autre point de vue dessus. Il a également visionné Les Nuits Rouges du Bourreau de Jade, un premier film français signé Julien Carbon et Laurent Courtiaud. Pour moi, c’est l’occasion de vous en montrer le premier teaser.

Jeudi 14 octobre 2010, 5ème jour de festival
Le programme de la journée de jeudi est beaucoup plus étoffé de celui proposé la veille. Je décide de suivre les conseils de mes collègues et choisis finalement trois films complètement différents.

10h15, première séance de la journée à la salle Auditori, où est projeté Monsters.
L’histoire en une phrase : coincés au Mexique suite à une attaque extra-terrestre, un photographe et la fille de son patron vont essayer de rejoindre les Etats-Unis, pour cela ils vont devoir traverser une zone infectée par les aliens.
Le premier film de Gareth Edwards est une réussite de tout point de vue. Avec un sens du drame et du suspense remarquables, il livre au spectateur un film à la fois dramatique et romantique poignant. A l’instar de District 9, le jeune réalisateur y utilise le genre fantastique pour traiter de problèmes de société (les problèmes d’immigration).
Le voyage des deux personnages est avare en action et les créatures extraterrestres sont peu présentes à l’écran, car l’intérêt du film réside principalement dans le développement de ses deux personnages principaux, parfaitement interprétés par Whitney Able et Scoot McNairy.
Finalement le récit, pourtant très simple, arrive à nous captiver durant toute la durée du film qui se termine par un magnifique plan.

J’enchaîne directement avec la projection du film scandale A Serbian Film, dans la salle remplie pour l’occasion. Tout au long de la projection, plusieurs journalistes espagnols sont restés postés devant l’entrée de la salle Auditori afin de couvrir la sortie prématurée de certains spectateurs, et ainsi enfler une polémique pleinement voulue par le réalisateur serbe, afin de populariser un film qui ne devrait pas être visionné par tous les types de spectateurs.
L’histoire en une phrase : un ancien acteur porno retraité, en difficulté financière, se voit offrir un cachet astronomique pour effectuer son comeback dans un porno serbe indépendant d’un nouveau genre dont il ignore totalement le contenu.
Dans beaucoup de films de genre, la sexualité (les pulsions sexuelles) est souvent liée à la violence (les pulsions meurtrières). A titre d’exemple, les pulsions sexuelles sont d’ailleurs l’élément déclencheur de la folie meurtrière de Mike Meyers dans Halloween. Mais le premier film du réalisateur serbe ne s’inscrit absolument pas dans cette logique.
Le problème principale du film de Srdjan Spasojevic n’est pas son accumulation de scènes, voulues ultra-choquantes, qui franchissent largement les limites de la décence mais la totale absence de propos les justifiant. En effet, à aucun moment du long-métrage je n’en ai perçu la moindre trace afin de comprendre et justifier les intentions, la démarche artistique, du réalisateur serbe.
Même si la réalisation est soignée et que les acteurs jouent très bien, je ne vais pas m’attarder plus longtemps sur A Serbian Film, car ce film est, à mes yeux, injustifiable et donc totalement inutile.

Ma troisième et dernière séance de la journée est programmée à 18h00 toujours dans la salle Auditori. Les Nuits Rouges du Bourreau de Jade, film français en concours pour le prix Méliès, est présenté par ses deux réalisateurs, Julien Carbon et Laurent Courtiaud.
L’histoire en une phrase : trois femmes fatales vont s’affronter afin de prendre possession d’un mystérieux poison de jade.
Ce premier film du duo de réalisateurs français, qui se situe quelque part entre un polar et un giallo, est très soigné au niveau technique et comporte notamment de très belles scènes de meurtre teintées d’érotisme et de perversité : une des premières scènes semble tout droit sortie d’un ancien film d’Argento.
Malheureusement, les qualités de Red Nights (titre du film pour l’exploitation internationale) se limitent principalement à sa facture technique. En effet, le scénario est très faible et manque cruellement de fond, le film devient très vite ennuyeux. Au niveau du casting, le principale défaut réside dans interprétation en demie-teinte de l’actrice principale, Frédérique Bel, qui manque totalement de crédibilité dans son rôle de femme forte.

Après avoir rédigé mon compte-rendu de la veille dans le salon du Melia, je rejoins mes amis dans leur appartement au centre de Sitges afin de célébrer un anniversaire. La fête, animée de plusieurs débats cinématographiques et alimentée par un festin cuisiné par Olivier Béguin, réalisateur talentueux de Dead Bones et du futur Stresseurs, va se poursuivre durant une bonne partie de la nuit. Le réveil fixé à 7h00, afin de pouvoir visionner Let Me In, va être très dur.

– Votre correspondant de Sitges, David Cagliesi pour CloneWeb.

 

 

Monsters – Sortie le 1er décembre 2010
Réalisé par Gareth Edwards
Avec Whitney Able, Scoot McNairy
Quand la NASA découvre l’éventualité d’une vie extra-terrestre dans notre système solaire, une sonde est envoyée afin de prélever des échantillons. Malheureusement, elle s’écrase au-dessus de l’Amérique centrale lors de son voyage de retour. Peu après, de nouvelles formes de vie apparaissent dans la zone du crash et la moitié du Mexique est mise en quarantaine, considérée comme une zone contaminée. Six ans plus tard, les armées américaines et mexicaines se battent encore pour maîtriser les «créatures»… L’histoire commence lorsqu’un journaliste des Etats-Unis accepte de raccompagner un touriste américain en état de choc, du secteur mexicain contaminé vers la zone sécurisée de la frontière américaine.

 

A Serbian Film – Pas de date de sortie en France
Réalisé par Srdjan Spasojevic, Srdjan Spasojevic
Avec Srdjan Spasojevic, Sergej Trifunovic, Jelena Gravrilovic
Milos, un acteur porno à la retraite, tente de survivre avec sa famille. Jusqu’au jour où une ancienne collègue lui présente Vukmir, figure influente de l’industrie pornographique, qui va lui faire une offre qu’il ne pourra refuser…

 

Les Nuits Rouges du Bourreau de Jade – Sortie le 20 mai 2011
Réalisé par Julien Carbon, Laurent Courtiaud
Avec Marina Foïs, Carole Brana, Carrie Ng
Sous le règne du premier empereur de Chine, un tortionnaire savant, féru d’acupuncture, de médecine et d’alchimie concocta un élixir qui paralysait les membres de la victime, tout en décuplant la sensibilité des moindres terminaisons nerveuses. Sous le coup d’une overdose de sensation, le supplicié pouvait aussi bien endurer un excès de plaisir comme des douleurs insupportables.
Tout dépendait de la partie du corps que le bourreau stimulait, et de la façon dont il opérait cette stimulation. Pour ce faire, il usait de griffes de jade, pierre chinoise mythique que l’on disait vivante. Ces griffes pouvaient aussi bien prodiguer de délicieuses caresses, d’érotiques attouchements, que d’épouvantables lacérations.
C’est la nature de ces instruments, et le fait que l’élixir était conservé dans un crâne de jade, qui donna au tortionnaire son nom de “Bourreau de Jade”. Las, son succès finit par rendre jaloux ses rivaux et l’empereur lui-même, car ne disait on pas qu’avant de mourir, ses victimes féminines connaissaient sous les doigts du bourreau de jade une extase telle qu’aucun homme ne pouvait leur procurer. Le bourreau fut déchu et poursuivi pour révéler son secret. Rongé lui-même par le désir de connaitre les sensations extrêmes qu’il procurait à ses victimes, il se donna une mort amplifiée par l’absorption de son propre poison. Ses poursuivants ne trouvèrent pas le crâne, qui avait été dissimulé au coeur d’un large sceau impérial.
Mais la malédiction du crâne de jade, qui avait causé la mort de son créateur, perdura à travers le sceau, apportant le malheur à tous ceux qui le possédèrent. Jusqu’à aujourd’hui…

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