Le Paris International Fantastic Film Festival s’est cloturé ce dimanche.

Le Jury International a décerné son prix à Bellflower, d’Evan Glodell. Le Prix Spécial Cine+ Frissons et le Prix du Public ont été attribué à Masks (le film sera donc diffusé sur la chaine).

En plus des films primés, Jean-Victor a vu 4:44 Last Day on Earth, dernier film d’Abel Ferrara, Detention qui sera à suivre de près mais aussi un docu français sur un génie du cinéma : Ray Harryhausen, le Titan des Effets Spéciaux

Rendez-vous l’année prochaine pour la seconde édition !

Ray Harryhausen, le Titan des Effets Spéciaux
Réalisé par Gilles Penso
Pionnier des effets spéciaux, Ray Harryhausen a inspiré les plus grands succès du cinéma fantastique, de Star Wars à Avatar. Retour sur une carrière de légende, commentée par les héritiers les plus prestigieux du maître.

Documentaire réalisé par un spécialiste de la Stop Motion et produit par un journaliste de Mad Movies, le Titan des Effets Spéciaux porte bien son nom puisqu’il s’adresse à un homme fondamental dans l’histoire du cinéma fantastique et de science-fiction. Du “Monstre des Temps Perdus” aux “Soucoupes Volantes Attaquent”, en passant par “le Choc des Titans”, “les Voyages de Gulliver” ou évidemment “Jason & les Argonautes”, ce monstre du trucage a eu une influence colossale, ce que le documentaire s’attèle à montrer en mettant en parallèle sa carrière et des grands films bien plus récents. Au rythme d’interviews des plus grands, allant de James Cameron à Steven Spielberg en passant par Peter Jackson ou Guillermo Del Toro, le film montre combien Ray Harryhausen a été capital (de l’aveu de tous les interviewés…) et surtout génial, tant son travail méticuleux était un enfer de précision. Riche, ludique, passionnant et même émouvant, un beau morceau d’histoire.

 

 

Masks
Réalisé par Andreas Marschall
Après plusieurs échecs dans divers conservatoires d’art dramatique, Stella est enfin retenue dans un atelier privé aux méthodes extrêmement particulières…

Une actrice en devenir enchaine les auditions ratées et termine dans une école privée à l’histoire mystérieuse, avant de se pencher sur cette dernière et de découvrir les sombres méthodes du fondateur défunt de l’établissement. Plongeant petit à petit dans un univers pseudo fantastique ultra coloré, Masks est un hommage vibrant au giallo, ne manquant pas de partir dans des visions érotiques fluos, et de faire preuve d’un dévouement absolu pour le modèle du genre, le Suspiria de Dario Argento.
Malgré un dénouement étiré jusqu’à l’épuisement et quelques maladresses certaines, le film séduit par son côté rétro assumé, sa mise en abîme pertinente et la passion qui l’habite.

 

 

Bellflower – Sortie le 28 mars 2012
Réalisé par Evan Glodell
Avec Evan Glodell, Jessie Wiseman, Tyler Dawson
Deux amis consacrent tout leur temps libre à la construction de lance-flammes et d’armes de destruction massive dans l’espoir qu’éclate une apocalypse mondiale qui laisserait la place à leur gang imaginaire, “Mother Medusa”.

Gagnant du grand prix du Jury, Bellflower raconte l’histoire de deux amis californiens dont la vie tranquille va être perturbée par l’arrivée d’une fille. Très juste dans sa peinture de l’amitié pour des personnages par ailleurs attachants durant 45 minutes, le long métrage va alors souffrir d’un problème : la motivation principale de son auteur. C’est à dire que le réalisateur de la chose s’est mis en tête de faire son film… après s’être fait méchamment largué par une fille.
En vient donc le plat de résistance, la seconde partie du film dans lequel le personnage va se faire larguer, incident banal provoquant alors un véritable apocalypse dans la vie de nos héros.
Tandis que certains clameront une liberté incroyable devant la chose, il faut admettre qu’on a été atterré par tant de puérilité et de conneries (Bouhou cette sal*pe m’a quitté, et si j’allais tout casser…), le film fait surtout preuve d’un jem’enfoutisme total érigé en modèle de coolitude, en se permettant même de nous faire le coup de la partie de film soudainement zappée pour revenir à une scène passée pour nous faire comprendre clairement que tout ce qu’on vient de voir était pur fantaisie de la part du personnage. Un peu comme si les hallucinations d’Ally McBeal (on n’a pas trouvé meilleur exemple…) occupaient 20 minutes de long métrage. Et pendant ce temps là, ça cite Mad Max à tout va pour avoir l’air cool, ça laisse ses personnages se tirer des balles sans raison et surtout, ça fait la gueule devant un couché de soleil en brulant des affaires au lance flammes et en tirant des balles dans le vent pour avoir l’air vraiment trop cool.
Vous avez dit foutage de gueule?

 

 

4:44 Last Day on Earth
Réalisé par Abel Ferrara
Avec Willem Dafoe, Shanyn Leigh, Natasha Lyonne
Cisco, acteur talentueux et sa petite amie Skye, artiste-peintre, attendent ensemble dans leur appartement new yorkais la fin du monde qui sera provoquée par un évènement inconnu à 4h44 le lendemain.

Le monde entier est désormais au courant de la chose : la terre vit son dernière jour et va se prendre de plein fouet toute la puissance du soleil à 4h44, signant son extinction. Portrait d’un couple vivant ses dernières heures dans l’anxiété tout en essayant plus que jamais de vivre, le nouveau Abel Ferrara se caractérise par une approche ultra intimiste. Certes, les 82 minutes de film possèdent leurs tunnels de dialogue et s’égarent parfois dans des divagations quelque peu hors propos ou lourdes, mais la démarche a le mérite d’être étonnante, singulière et pas inintéressante, comme toujours avec Ferrara.

 

 

Detention
Réalisé par Joseph Kahn
Avec Josh Hutcherson, Dane Cook, Spencer Locke
Adolescente paumée, Riley tente de survivre à la pression quotidienne d’un lycée complètement azimuté et frappé par un tueur tout droit échappé d’un authentique slasher. Mais l’établissement recèle aussi d’autres secrets…

Joseph Kahn, clippeur à la carrière impressionnante dans le monde de la musique, avait décidé après son premier film Torque qu’on ne le reprendrait plus. Libéré d’Hollywood, c’est en total indépendance qu’il a réalisé ce second long métrage Detention, et on peut d’or et déjà remercier le seigneur pour ce cadeau du ciel. Décrit par Bryan Taylor comme “la sœur complètement baisée de Scott Pilgrim”, Detention est un ouragan d’images folle, mixant slasher, science fiction et teen movie pour une histoire schtarbée de lycée devant faire face à un tueur psychopathe tiré d’une série de films d’horreur à succès alors que la seule solution pour en sortir s’avère être le voyage dans le temps !
Tsunami pop emportant absolument tout sur son passage, ce délire indé irrésistible puise ses références dans la culture des 90’s, citant aussi bien Scream que le Breakfast Club, au son des Backstreet Boys, des Hanson, ou de groupes plus récents et non moins géniaux comme TV on the Radio ou The Raveonettes.
Porté par une réalisation sous substances psychotropes surpuissantes et réussissant même le défi d’être une grande cohérence dans son scénario halluciné, Detention est un bonbon acidulé ultra euphorisant, jouissant d’une liberté absolu et ne manquant pas de tirer sur tout ce qui bouge, y compris sur lui même.
Le festival l’annonçait comme “un film culte en puissance” et ils ne s’y sont pas trompés.

3 commentaires

  • ludsidious mercredi 30 novembre 2011 13 h 54 min

    Ray Harryhausen est un génie ! J’ai découvert les SFX avec le choc des titans en 1981 ! Un sacré grand nombre de grands noms actuels lui doivent tous !
    S’il fallait retenait trois noms dont l’influence se fait encore sentir, il y a :
    – Méliès
    – Willis O’Brien
    – Ray Harryhausen

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