Rien n’arrête l’Etrange Festival. Pas même le weekend pascal. Arkaron était donc sur les rails dimanche après-midi pour une nouvelle journée de cinéma. Au programme : Morgane et ses Nymphes, Viva La Muerte, Echo et Valérie ou la semaine des merveilles.
Voici les critiques !

Je tiens avant tout à remercier les organisateurs de l’Étrange Festival pour leur clémence: pas de séance le dimanche matin, parce que quand même, il faut penser à dormir (un peu). La quatrième journée du festival sera marquée par des films partageant des thématiques relativement voisines, présidées par la notion de découverte. C’est donc avec curiosité que je découvre à 14h Morgane et ses Nymphes, film de 1971 dont le réalisateur Bruno Gantillon n’a même pas voulu venir parler… et on comprend pourquoi. Ce film (premier de la rétrospective Alice) est un vide absolu. Aucun intérêt. Un somnifère érotique qui a la particularité de donner leur chance aux plus mauvaises actrices françaises de l’époque, c’en est même quasiment incroyable. On retiendra peut-être le fait que certaines scènes aient eu l’avantage d’être plus sensuelles que vulgaires, mais c’est une bien maigre consolation face à tant d’indigence.

Viva La Muerte, dernier film de la thématique Panique!, se voit amputé de sa présentation par Arrabal, qui a visiblement renoncé à venir à la dernière minute. La salle est pleine, cependant, et le film alterne scènes réelles et scènes fantasmées pendant 1h30, explorant et décortiquant le phénomène de confrontation d’un petit garçon à la mort sous toutes ses formes: sacrifice animal, récurrence de la crevaison des yeux, complexe œdipien et ingestion d’excréments ponctuent ainsi ce film pas comme les autres, assez rythmé et qui ne recule devant rien. Dommage que le réalisateur n’ait pas été présent.

La soirée commence avec la diffusion de Echo, un film danois de Anders Morgenthaler datant de 2007 mais jamais sorti en salles France… chose étrange vu ses qualités. Un policier tout récemment divorcé enlève son fils pour passer ses derniers jours avec lui avant que la loi ne lui enlève définitivement. D’une idée simple, Morgenthaler extirpe les ingrédients nécessaires à illustrer une aventure humaine à portée universelle: la confrontation à son passé pour mieux appréhender l’avenir. En proie à des souvenirs d’enfance dans la maison de campagne dans laquelle il a trouvé refuge avec son jeune garçon, le père se voit obligé de combattre ses démons. L’apparente simplicité du récit en fait sa force principale: scène anxiogènes d’une lenteur qui rappelle l’horreur selon les asiatiques, pics de rythmes soudains, et climax parfaitement maîtrisé finissent de convaincre un spectateur bercé par la narration sans faille de cet Echo. Un très bon film trop méconnu.

Pour conclure la journée, le festival nous propose une perle rarissime du cinéma: Valérie ou la semaine des merveilles, film Tchécoslovaque de 1970, en 35 mm. C’est donc avec une pellicule de collection venant tout droit d’Europe de l’Est que la salle est envoutée par ce voyage hors pair librement inspiré d’Alice au Pays des Merveilles. Difficile d’en dire beaucoup plus tant le film est dense: de nombreuses symboliques jonchent l’histoire de Valérie, 13 ans, qui entre petit à petit dans un monde qu’elle ne connaissait pas. Le passé ressurgit, les interdits se lèvent pour mieux être brisés, et les images d’une beauté et d’une poésie rare font de cet objet cinématographique un véritable trésor. À voir sans faute si vous en avez l’immense chance.

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