Après quelques heures de sommeil bien méritées suite à la Nuit Vampires, retour à l’Etrange Festival pour une journée placée sous le signe des avant-premières. En effet, les trois films vus ont le point commun de ne pas avoir de date de sortie en France. Au delà de ça, ils sont très différents : du suspens canadien, un thriller coréen et un film de zombies interdit aux moins de 18 ans.
Voici les avis de Jean Victor sur Pontypool, No Mercy et L.A Zombie.

Pontypool – Pas de date de sortie annoncée – Bande annonce
Réalisé par Bruce McDonald
Avec Stephen McHattie, Lisa Houle, Georgina Reilly

Après le film de genre à petit budget français raté qu’était Proie, le Canada nous donne une jolie leçon avec Pontypool, exercice de style casse gueule mais foutrement réussi. Plutôt que de dilapider le peu de tunes qu’il avait pour faire son film dans des galères pas possibles, Bruce McDonald a eu l’idée de centrer toute l’action dans un seul lieu, voir pièce, à savoir un studio de radio duquel un animateur et ses deux assistantes vont assister à un témoignage étrange avant de se rendre compte que la ville autour d’eux a littéralement pété une durite. Appelant constamment l’imagination du spectateur et ménageant le suspense crescendo avec un découpage sentant le long travail de préparation, Pontypool transcende son concept finalement casse gueule avec son twist de la mort, posant le film comme une version sonore du Prestige de Nolan, dans lequel il ne faut pas clairement observer mais ici écouter. C’était risqué, c’est maitrisé et très bien joué.

No Mercy (Yongseoneun Eupda) – Pas de date de sortie annoncée – Bande annonce
Réalisé par Kim Hyeong-Jun
Avec Seol Gyeong-Gu, Ryu Seung-Beom, Han Hye-Jin et Seong Ji-Ru
La cartouche asiatique du jour nous vient tout droit de la Corée du Sud et était une première française en plus d’une des sélections de Jodorowsky pour sa carte blanche (on appelle ça du 2-en-1). Thriller policier autour d’un meurtre et d’un chantage mettant une vie en jeu, No Mercy puise sa force dans sa transition lente mais sûre vers la tragédie absolue. Comparé avec Old Boy ou The Chaser, le film est tout sauf mauvais mais s’avère assez long et possède un développement trop tortueux pour qu’on suive constamment tant on est à la limite du bordélique par moment. Il pèche en plus par un final à rallonge se prenant en pleine tronche la pancarte Pathos, avec des moments certes durs mais sur lesquelles la surcouche de violons plombe pour ainsi dire quelque peu la chose. Reste tout de même la preuve que le cinéma Coréen en a à revendre.

L.A Zombie de Bruce LaBruce (2010)
Réalisé par Bruce LaBruce
Avec François Sagat, Eddie Diaz, Tony Ward

Une plage inconnue, le roulis des vagues, le chant des muettes… Soudain, un zombie sort de l’eau et s’en va. Ok. Un homme en voiture dans une route de montagne, le même zombie qui change de coupe de cheveux suivant les plans pris en stop puis crash de l’ensemble sur un noir. Ok.
Le conducteur affalé au sol, complètement éventré, puis le zombie qui vient, le regarde et décide de le soigner en fourrant généreux son gros engin dans les tripes. TA-DAH ! Voilà le fameux et tant redouté L.A Zombie, mort-vivant ou vivant-mort on ne sait pas trop, qui entre deux errances dans les rues de la cité des anges se pose comme le soigneur des malheureux grâce à son pénis. Tué par balles dans le dos, dans la tête, dans tout le corps ou simplement mort naturellement? Aucun soucis, puisque L.A Zombie viendra agiter son gourdin sur vos blessures et vous apportera la santé à l’aide de sa semence sanglante. Ou comment déguiser un porno gay filmé avec 3 francs 50 en “film de genre”, même si ce truc de 62 minutes ne se cache pas très longtemps puisque vous aurez le droit à de la fellation tout ce qu’il y a de plus normal, tandis que la sodomie n’est pas en reste. On en aurait presque oublié de citer les faux raccords de costume soit disant justifiés, un montage à la truelle, le maquillage digne du Lac des Morts-Vivants (une référence en soit) avec une mâchoire en plastique qui ne tient pas en place ou encore une fusillade tellement violente qu’aucun projectile ne sort des armes en question et que les cibles sont des mecs costaux en slip moulants cuir. Complètement affligeant, ce foutage de gueule intégral représente à son sens le plus primaire ce que peut être de la branlette à velléité auteuriste.

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