En ce 1er novembre sûrement gris et pluvieux (comme tous les premiers novembre mais cette intro étant écrite à l’avance, difficile de savoir), on va s’échapper un peu outre-Atlantique dans la moiteur de la Nouvelle Orléans avec un drame américain mettant en scène une Kristen Stewart à contremploi de son rôle d’amoureuse de pseudo-vampire. Elle est accompagnée par James Gandolfini, le Tony Soprano de la série du même nom.
Ca s’appelle Welcome to the Rileys et ça sort en salle le 10 novembre prochain.

Welcome to the Rileys
Réalisé par Jake Scott
Avec Kristen Stewart, James Gandolfini, Melissa Leo
Au cours d’un déplacement professionnel, Doug Riley rencontre Mallory, stripteaseuse dans un club de la Nouvelle-Orléans. L’affection paternelle qu’il ressent pour elle bouleverse le mariage de Doug et Loïs, huit ans après la mort tragique de leur fille unique.

Montré à Sundance dans le cadre du festival du film indépendant, Welcome to the Rileys est un drame familial comme on en a déjà vu quelques uns cette année et dans lequel on case sans mal des films comme Brothers ou Cyrus pour citer quelques exemples récents.
Ce qui m’a intéressé, et ce pourquoi je suis allé le voir, c’était pour vérifier que Kristen Stewart pouvait jouer autre chose que la gamine en chaleur assoiffée de vampires dans un univers coincé-mormon. C’était d’autant plus l’occasion que son rôle ici est à l’opposé complet de celui de Bella : elle y incarne une strip teaseuse vulgaire qui n’hésite pas à se prostituer.

Les premières minutes du film ne sont pas très engageantes tant la réalisation de Jake Scott (le film de Ridley, réalisateur de clips dont celui de Staring at the Sung pour U2) semble plate. Mais on va vite se rendre compte que le metteur en scène se sert de sa caméra pour renforcer le proposer. Le spectateur s’emmerde uniquement parce que les protagonistes s’emmerdent dans leur propre vie. On découvrira d’ailleurs par la suite une mise en scène beaucoup plus agréable et colorée, dont l’ambiance varie systématiquement pour insister sur le sujet.

Si j’allais voir le film pour Kristen Stewart, j’ai été surpris que de voir que le véritable héros est James Gandolfini. L’acteur livre ici une prestation éblouissante, à des millénaires de son rôle de Tony Soprano. Il est tout simplement exceptionnel !
Il incarne un père de famille, marqué comme sa femme par le décès de sa fille dans un accident de voiture. Sa femme n’a plus le goût à rien et ne sort littéralement plus de chez elle, pas même pour prendre le courrier. Lui la trompe avec une serveuse qu’il fréquente une fois par semaine. Elle décédera à son tour et il se retrouvera bien seul, trop seul.

Envoyé en Louisiane pour une convention professionnelle, il fera la connaissance d’une jeune strip teaseuse qui lui rappelera sa fille et lui apportera un peu de compagnie. Grâce, ou à cause de, cette rencontre, il ne rentrera plus auprès de sa femme bien décidé à s’occuper de la jeune fille. Mais ici, pas une once de désir ni de sexualité, bien que Mallory (le personnage de Kristen Stewart) fasse au début tout pour qu’un homme craque. Non, le personnage de Gandolfini -et sa femme incarné par Melissa Leo ensuite- n’est intéressé que par l’amour paternel.
Chaque geste, chaque parole, chaque attitude lui rappelera qu’il est d’abord un père et qu’il a encore besoin d’en être un pour survivre. Grâce cette jolie histoire un peu tordue, et malgré les difficultés que pourront apporter sa “fille adoptive” il reprendra goût à la vie. On en dévoilera pas d’avantage.

Si les acteurs sont parfaitement dirigés et brillants, on regrettera cependant que le personnage de Kristen Stewart ne soit pas plus développé. Finalement, elle ne sert pas à grand chose dans l’intrigue et n’est là que pour “subir les actions” des autres personnages sans vraiment y montrer un intérêt ou une implication. On peut mettre ça sur le compte de son personnage paumé mais ca n’en est pas moins regrettable pour autant.

On regrettera également une fin beaucoup trop classique. Mais, depuis le début, le film aussi sympathique et techniquement au point qu’il soit, n’a pas grand chose d’original. Un peu comme si tous ces drames familiaux indépendants étaient faits à partir d’un même moule.

– Marc

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