Nous avons vu The Sessions à l’automne 2012. Mais le film a longuement été repoussé, les distributeurs espérant notamment des nominations aux Oscars pour les deux acteurs principaux.

Avant cela, le film avec John Hawkes et Helen Hunt a fait le tour des festivals emportant notamment le Prix du Public à Sundance en 2012 et de nombreuses autres nominations. Restait à savoir si tout cela était un gage de qualité. Voici ma réponse.

The Sessions est dans les salles françaises depuis ce matin.

 

Le handicap est un sujet diversement abordé au cinéma ces derniers mois. On pense à Intouchables et à de Rouille et d’Os aussi, mais il ne faudra pas non plus oublier la comédie dramatique belge Hasta La Vista qui abordait, sous un angle complétement différent de celui qui nous intéresse, la sexualité chez les personnes handicapées à travers un road trip un peu foutraque.
Nous avons en effet tendance à ne pas toujours penser qu’une personne en situation de handicap à la même besoin qu’une personne valide. Ce n’est pas parce que votre corps ne peut plus bouger que vous n’avez pas d’envies.

C’est l’histoire vraie de Mark O’Brien. L’homme né en 1949, journaliste et écrivain, s’est retrouvé paralysé des bras et des jambes par la polyomélite. Amaigri, très affaibli, il doit vivre dans une machine en métal, sorte de cercueil l’aidant à respirer. Mais ça ne doit pas l’empêcher d’avoir des désirs sexuels. Sa vie avait déjà été évoquée dans un court métrage intitulé Breathing Lessons sorti en 1997 et vainqueur d’un Oscar. L’auteur a écrit une autobiographie sur sa vie à l’origine du film qui nous intéresse aujourd’hui.
On va donc le découvrir dans son quotidien, à partir du moment où il va avoir l’idée de faire appel à une aide sexuelle pour le dépuceler. Le principe, qui peut surprendre, n’a absolument aucun lien avec la prostitution puisque parfaitement légal aux USA.

Il va donc faire appel à Cheryl Cohen-Greene et nous allons enchainer scènes de lit et scènes où le narrateur se confesse à son prêtre (William H. Macy, décidément abonné aux rôles hilarants depuis Shaemeless). Mais Ben Lewin, metteur en scène, n’a aucunement envie de montrer du sexe gratuitement. Les scènes -et même l’ensemble du fil- sont donc filmées avec une incroyable pudeur et les dialogues incroyablement sensibles. On se prend au jeu de la découverte sans gêne, plutôt avec le sourire, tant les deux personnages nous semblent éminemment sympathiques.

Et si la mise en scène est sans fioriture, le film est porté par deux éblouissants acteurs. On avait repéré John Hawks dans Martha Marcy May Marlene et Winter’s Bone et on se doutait que le bonhomme allait encore nous surprendre. Il est ici tout simplement bluffant et n’aurait pas démérité une nomination aux Oscars. On imaginait d’ailleurs le voir sur les listings pour remporter une statuette dorée car le film avait été repoussé au vu d’une éventuelle récompense mais il n’en fut malheureusement rien. Pour lui, car Helen Hunt a -elle- été nommée. Plus en retenue mais n’hésitant pas à se montrer intégralement nue devant la caméra, la comédienne livre la meilleure prestation de sa carrière.

Il semble évidemment à un moment du film que l’attirance entre les deux personnages n’est pas qu’à sens unique. On pourrait reprocher donc à The Sessions une certaine facilité, si ce n’est qu’il ne faut pas oublier que le long métrage est une histoire vraie et que Mark O’Brien et Cheryl Cohen-Greene sont resté amis jusqu’à la fin. La fin, c’est le seul vrai défaut du film. Plutôt que de se limiter aux fameuses sessions, Ben Lewin choisit de montrer les derniers instants de l’écrivain, insistant un peu sur le coté pathos et cherchant à nous tirer des larmes.

The Sessions est au final une belle histoire, surtout portée par ses deux acteurs principaux. On précisera en conclusion que l’assistance sexuelle n’est toujours pas légale en France contrairement aux pays voisins. On espère que le film fera bouger les choses.

 

The Sessions – Sortie le 6 mars 2013
Réalisé par Ben Lewin
Avec John Hawkes, Helen Hunt, William H. Macy
Mark fait paraître une petite annonce : “Homme, 38 ans, cherche femme pour relation amoureuse, et plus si affinités. En revanche paralysé… Amatrices de promenade sur la plage s’abstenir…”. L’histoire vraie et bouleversante d’un homme que la vie a privé de tout, et de sa rencontre avec une thérapeute qui va lui permettre d’aimer, “comme tout le monde”.

1 commentaire

  • EagleWolf jeudi 7 mars 2013 15 h 19 min

    …s’est retrouvé paralysé des bras et des gens (?) par la polyomélite.
    …dans un court métrage intitulé intitulé (?) Breathing Lessons…

    Relis-toi Marc, relis-toi ! ;)

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