Révélée par Martin Scorsese dans le Loup de Wall Street, Margot Robbie a ensuite cherché les rôles où elle n’était pas retenue pour sa plastique mais pour ses talents de comédienne.

Folle chez David Ayer dans le rôle d’Harley Quinn, elle est désormais la célébre patineuse Tonya Harding dans un biopic de Craig Gillespie avant d’incarner, fin 2018, la Reine Elizabeth Ier d’Angleterre dans un drame historique, Mary Queen of Scots.

 

LA CRITIQUE

En janvier 1994, quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Lillehammer, la patineuse américaine Nancy Kerrigan se fait agresser : un coup de barre de fer dans le genou -qu’on a cru brisé- met fin à sa participation aux championnats nationaux. Mais la patineuse rebondit et participe néanmoins aux épreuves olympiques. Sa concurrente, Tonya Harding, est soupçonnée au moins d’implication. Mais qui est-elle vraiment ? C’est son histoire que Margot Robbie, qui produit le film, a choisi de raconter devant la caméra de Craig Gillespie.

Moi Tonya s’ouvre alors que la patineuse n’a pas encore dix ans. Alors incarnée par l’incroyable Mckenna Grace vue dans le film Mary de Marc Webb, on découvre une fillette maltraitée par sa mère et dont le père a foutu le camps. Ou pour être plus clair : sa mère la bat et la pousse dans ses retranchements quand il s’agit de s’entrainer. Devenue adulte, Tonya Harding rencontre alors celui avec qui elle se mariera qui… la frappe également. On suit alors le parcours difficile d’une femme malmenée par la vie et qui ne trouve son salut que sur la glace.

Si le patinage ne vous intéresse pas plus que l’auteur de ces lignes, ne fuyez pas pour autant le film de Craig Gillespie. Le réalisateur s’intéresse d’abord et avant tout à la vie de la sportive, et jamais vraiment à l’aspect sportif de la chose. Un peu comme si Walk the Line ne contenait que le strict minimum de musique, il n’est ici pas vraiment question de patinage et même si quelques compétitions sont minutieusement reconstituées. Le sujet est de montrer qu’on peut monter tout en haut du podium en s’étant fait maltraiter toute de sa vie. Et on peut dire que Tonya Harding en a sérieusement bavé, entre une mère abusive et un mari violent. A l’écran, rien n’est épargné. Margot Robbie paye de sa personne et Allison Janney impressionne dans un rôle de méchante, inattendu pour elle.

Gillespie filme cette violence de manière crue, réaliste, et on ne peut que souffrir avec le personnage. Soulignant son film avec une bande originale soignée (donc un passage dur sur Romeo & Juliet de Dire Straits !), le metteur en scène avance dans le temps grâce à quelques trouvailles efficaces, dont de faux enregistrements vidéos qui auraient été filmés en amateur bien après les faits historiques. Il utilise aussi la voix off, ou plutot semi-off, puisqu’ici on va entendre les personnages puis les voir s’exprimer face caméra, en brisant le quatrième mur et s’adressant directement aux spectateurs.

Moi Tonya s’avère passionnant dans sa première partie, prenant, rythmé. Malheureusement le film finit par s’effondre dans sa seconde partie. Redondante, trop longue. Une fois passée l’agression de Nancy Kerrigan, le film continue à raconter la même chose inlassablement, sans jamais tenter autre chose. Et on finit par s’ennuyer malgré la performance de Margot Robbie.

Ceci dit, rien que pour la performance de l’actrice et la vie aussi dure que passionnante de Tonya Harding, le film de Gillespie mérite tout votre intérêt.

Moi, Tonya de Craig Gillespie – Sortie le 21 février 2018

Ajoutez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués * sont obligatoires.