Critique : Mary

En 2009, Marc Webb sortait 500 Jours Ensemble, une comédie romantique avec Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel qui a marqué une génération.

Après ce qu’on appellera “l’affaire Amazing Spider-Man” pour ne pas en rajouter d’avantage, le réalisateur est revenu à ce qu’il savait faire de mieux : les films mignons. Et pour l’occasion il a fait appel à un Chris Evans plus proche de son rôle dans Before We Go que dans Captain America et l’incroyable jeune comédienne Mckenna Grace que vous avez pu voir dans la série Designated Survivor.

 

LA CRITIQUE

Trois ans après l’échec critique et public de The Amazing Spider-Man 2, qui a signé la fin du premier reboot des aventures de l’Homme-Araignée, Marc Webb revient par la petite porte. Celle qui lui a permis il y a bientôt dix ans de bouleverser l’univers indépendant et les comédies romantiques, avec « (500) Jours Ensemble ». Désormais loin des blockbusters, le réalisateur américain revient en force cette année avec deux films : « The Only Living Man in New-York », pas encore daté en France, mais aussi avec « Mary », dont on va parler aujourd’hui.

Descendante d’une prestigieuse famille de mathématiciennes, Mary est une petite fille intelligente. Très intelligente, même, bien au-dessus de la moyenne des enfants de son âge. Elle a un passé douloureux et ne vit pas avec ses parents, mais avec un chat à trois pattes et le frère de sa mère décédée, incarné par Chris Evans. Gardée à l’abri du monde extérieur par peur qu’elle ne soit retirée à sa plus proche famille, dotée d’un caractère irascible, l’enfant va faire face à des épreuves pour pouvoir rester dans son petit cocon.

Un super-héros casté en working class hero, une histoire d’amour impossible, une enfant prodige et un chat mignon : concrètement, avec ce film, Marc Webb a voulu cocher toutes les cases du feel-good movie. Ce type de films où l’on a beau savoir le dénouement, c’est le voyage qui compte le plus. Avec « Mary » (« Gifted », en VO), le voyage s’avère au final plus dur que prévu. C’est un vrai drame, certes optimiste et lumineux, parfois tire-larmes, mais dont les rebondissements dramatiques sont percutants et poignants à voir, loin de tout manichéisme.

Webb, contesté par beaucoup pour son style clipesque au possible sur « (500) Jours Ensemble », abandonne ici tout effet appuyé de mise en scène. Il mise beaucoup, même trop, sur les gros plans. Si la partie romantique du film, bien que secondaire, est très attachante grâce au duo Chris Evans/Jenny Slate, sa patte s’est diluée dans les écueils désormais habituels du cinéma indépendant. Sa réalisation, bien qu’efficace et parcourue de beaux moments de grâce, perd en force au détriment d’une caméra à l’épaule tremblotante et pas réellement réfléchie.

Dommage que ces défauts entravent le résultat final. Car avec un casting aussi efficace, un duo oncle/nièce épatant et la révélation McKenna Grace (vue dans « Designated Survivor »), « Mary » reste un drame plein de sentiments, dénué de tout cynisme, aux personnages attachants et au propos sur la différence intéressant. Inutile en tout cas de dire qu’on sent Webb bien plus à l’aise dans ce registre intimiste plutôt que dans celui d’il y a encore trois ans où il mettait maladroitement en scène un affrontement entre deux personnages composés de pixels…

Mary, de Marc Webb – Sortie le 13 septembre 2017



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