Avant de vous laisser lire la courte critique de Basile, un petit mot sur le projet Les Contes de la Nuit.

Il y a quelques mois, lors du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, j’avais eu la chance de voir un des segments du film puisque, en réalité, Les Contes de la Nuit et une compilation de certaines séquences issues de la série animée Dragons et Princesses diffusée sur Canal+.
Ocelot expliquait d’ailleurs devant ma caméra que la plupart des séquences seraient en 2D comme à la télévision et qu’une inédite serait montrée en 3D.
Entre temps, de l’eau a coulé sous les ponts et Les Contes de la Nuit sont désormais intégralement en 3D relief.

A l’époque déjà, je doutais de l’intérêt de la chose sous forme d’un long métrage. Apparemment Basile est du même avis puisqu’il m’a précisé en rendant son papier que plus on avançait dans les petites histoires, plus les premières étaient déjà oubliées…

Les Contes de la Nuit – Sortie le 20 juillet 2011
Réalisé par Michel Ocelot
Avec les voix de Julien Beramis, Marine Griset, Michel Elias
Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma qui semble abandonné, mais qui est plein de merveilles. Les trois amis inventent, se documentent, dessinent, se déguisent. Et ils jouent toutes les histoires dont ils ont envie dans une nuit magique où tout est possible

 

Michel Ocelot est un cas intéressant. La critique le porte aux nues parce qu’il propose des films d’animation qui tranchent radicalement avec le reste de la production mondiale. Il est vrai qu’il fait montre d’une identité graphique bien à lui et immédiatement reconnaissable. Mérite-t-il pour autant d’être immunisé contre une critique technique de ses films ?
Les Contes de la nuit est inégal. Il fallait s’y attendre avec une structure pareille : le film regroupe 6 histoires, 6 contes, unis par un lieu (un vieux cinéma) et un trio de personnages qui jouent chaque conte, après avoir décidé des costumes et décors. Le film à sketches est une forme bien particulière assez casse-gueule. Car même si le trio constitue un point d’ancrage d’une histoire à l’autre, difficile de rester intéressé durant 1h20, sans enjeu global. Certains contes sont franchement oubliables, d’autres s’en sortent mieux en étant un peu plus malins.

Et comme souvent (toujours ?) avec l’animation française, tout passe dans le design et rien dans l’animation. Jouer sur le minimalisme et l’économie graphique de l’ombre chinoise aurait pu permettre à Ocelot d’offrir une animation réellement expressive. Plus c’est simple et plus c’est évocateur. Las, les mouvements sont rigides, limités et sans émotion. Ça bouge peu et pas très bien (pourtant Ocelot est affranchi des limites techniques de l’animation papier puisque ces ombres chinoises ont été post traités numériquement). Ce sont des caisses de dialogues (interprétés de façon crispante par les deux gamins, heureusement que l’excellent Yves Barsaq relève le niveau) qui viennent donner vie aux personnages.

Reste le design oui, et sur ce point difficile de faire la fine bouche. Mais dans ce cas là, Ocelot ferait mieux de faire des livres illustrés, il se débarrasserait de son animation sans vie et de ses interprètes insupportables.

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