Spirou est né en 1938 grâce au coup de crayon de Rob-Vel puis celui de Jijé mais c’est véritablement Franquin qui lui donnera ses lettres de noblesses. Le groom le plus célèbre du monde a vécu 55 histoires sans compter les hors séries.

Mais personne ne s’était véritablement intéressé à sa jeunesse jusqu’à ce que Tome et Janry reprennent la série dans les années 80. Naissait alors Le Petit Spirou, qui est bien le grand Spirou quand il était petit. 17 albums, 78 épisodes animés. Et désormais un film live…

 

LA CRITIQUE

« Tout le monde le connait, c’est Spirou » pourrait-on presqu’entendre sur un marché de Marcinelle en Belgique tant le groom a marqué la bande-dessinée moderne, au même titre que Tintin. Le personnage créé en 1938 et popularisé par le génial Franquin a trouvé ses lettres de noblesses en seulement quelques albums et personnages de qualité. Personnage multi-décliné (il aura même bientôt droit à son parc d’attraction), il a eu droit à une série spin off dès 1990 avec Le Petit Spirou.

17 albums constitués majoritairement de gags d’une page et de petites histoires mettent en scène ce qui est officiellement la jeunesse du héros. On y découvre un garçon comme tout un tas d’autres qui s’intéresse aux filles, à l’approche de la puberté et fait des bêtises avec ses copains. Pas facile de retranscrire cet univers qui n’a pas vraiment de lien avec l’original. Pourtant, Nicolas Bary -avec l’aide de Laurent Turner, co-scénariste de l’Odyssée, s’en sort honorablement.

Le Petit Spirou version live reprend l’univers de la BD, le jeune garçon habillé en groom comme ses parents, ses copains, et la galerie de personnages rigolos créés par Tome et Janry. De ce point de vue, le casting est parfait. Les enfants font le boulot, Sacha Pinault en tête. Les adultes, eux, sont formidables. Natacha Régnier apporte ce qu’il faut de douceur à la mère du héros, Philippe Katherine joue un curé qui cite Metallica en français et François Damiens est l’incarnation idéale d’un Monsieur Mégot aussi hilarant que sur le papier – et malgré la clope électronique. On citera aussi Pierre Richard, agréable à retrouver dans un rôle à sa mesure.

L’inquiétude pouvait venir du scénario. Les auteurs allaient-ils céder à la facilité qu’est la grande aventure d’un petit héros ? A savoir faire sortir Spirou de son environnement pour lui faire vivre des péripéties, évitant d’avoir à travailler les albums ? Ce n’est ici pas le cas, et contrairement à ce que pouvait laisser penser une partie de la promo. L’histoire met en avant le futur de Spirou de manière assez maligne, évoquant son goût pour l’aventure alors que ses parents voudraient qu’il prenne la succession familiale, groom de père en fils.

Turner et Bary évitent la facilité pour, au contraire, évoquer largement les cases de Tome et Janry, reprenant différents éléments visuels et scénaristiques des versions de papier pour une petite aventure qui va évoquer la grande sans jamais y plonger, préférant s’intéresser aux thèmes de la transmission familiale et de l’adolescence qui pointe son nez.

Joliment éclairé par Vincent Gallot et mis en images comme il faut par Nicolas Bary, sauf peut-être lors de la scène finale qui aurait mérité plus de panache, Le Petit Spirou version live a le défaut de ne jamais être aussi hilarant que l’original. Un petit défaut quand on découvre cette jolie histoire pleine de tendresse – peut-être réservée aux plus jeunes et aux vieux nostalgiques de l’enfance.

Amenez-y donc vos enfants, et passez ensuite dans une librairie pour qu’ils prolongent l’aventure en papier. Le Petit Spirou le film est une parfaite introduction au héros de Tome et Janry.

Le Petit Spirou, de Nicolas Bary – Sortie le 27 septembre 2017

1 commentaire

  • Bordier lundi 25 septembre 2017 12 h 02 min

    Bonjour

    Aucun mot sur Gwendolyn Gourvennec en Mademoiselle Chiffre ?
    Pourtant, c’est un personnage important !
    Elle la joue parfaitement bien !
    Il est dommage, par contre, qu’il y ait eu trop de scènes de décolleté plongeant trop longues.
    Certes, c’est un élément du personnage agréable, mais ce n’était pas la peine d’en faire autant.

    Merci !

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