Ca ne vous a pas sans doute pas échappé vu l’affichage massif dans les villes françaises : Vin Diesel revient cette année non pas au volant d’une voiture mais avant une épée bien calée dans le dos et l’envie de découper de la sorcière.

A ses cotés, Elijah Wood, Rose Leslie, Michael Caine ou encore Isaach de Bankolé, le tout devant la caméra de Breck Eisner à qui l’ont doit récemment The Crazies…

 

LA CRITIQUE

Après le Dernier des Mohicans, le Dernier Samouraï ou encore le Dernier Samaritain, voici venir… Le Dernier Chasseur de Sorcières ! Et ouais ça envoi d’emblée, et c’est sans compter sur la présence de Vin Diesel dans cette superproduction fantastique d’action pas si super que ça !
Il a toujours été de notoriété publique que notre Baboulinet préféré est un grand fan d’heroic fantasy, lui qui clame à tout va son amour pour Donjons & Dragons, et avec sa carrure de gros bourrin, on pourrait volontiers lui prêter une panoplie de viking pour aller éclater des têtes.
Ce serait oublier rapidement que l’homme au nom de gasoil envisage désormais sa carrière comme internationale et grand public, coupant court à toute velléité de cinéma un tantinet violent et bas du front. Bon, quand on a des voitures de tuning pour faire le show, ça peut passer, mais quand il est question de lutte millénaire contre des saloperies de sorcières, ça devient tout de suite problématique…

Sur le parchemin, Le Dernier Chasseur de Sorcières pourrait s’apparenter à une variante sorcellerie et nez pointus de Blade. Le héros « Kaulder » a été maudit il y a 800 ans en tuant une reine démoniaque et arpente le monde depuis tout ce temps pour flinguer la première lanceuse de sorts qui dépasse du rang. Avec un microcosme secret, fondu dans la masse des humains qui ne voient rien tels des moldus, on aurait pu assister là à la découverte d’un univers un tant soit peu inventif, détournant des figures connues de tous sous un jour magique, et en profitant pour montrer Vin Diesel dézinguer de la méchante à coups d’épées, pourvu que ça saigne.

Sauf que manque de bol, le bougre a voulu faire un film pour ados débiles, et le plus lisse possible.
Concrètement, il y a un vrai décalage entre ce que le bousin pourrait (devrait ?) être, et le résultat franchement craignos qu’on nous propose. Il n’y a qu’à voir l’intro médiévale, avec Vin Diesel et sa bande de chasseurs guerriers, peaux de bêtes sur le dos et épées en bandoulière dans un décor neigeux, s’apprêtant à s’infiltrer un arbre gigantesque qui n’est autre que le nid de vipères causant la peste dans leur pays. La première apparition de Vin provoque le rire tant le bougre a une tête de bébé testostéroné à barbe, tout un programme, et on se coltine ensuite une scène d’action au découpage approximatif pour ne pas dire illisible, avec des effets spéciaux caches misères, le genre d’effets « nuages d’insectes et de trucs trop dark » qui dégueule de partout auquel on ne comprend pas grand-chose. Mais soit, passons, peut être que le film peut se rattraper.
Sauf que là, ellipse de 800 ans dans les dents, et on retrouve Vin trop serré dans une chemise noire qui vient dire à une ado de ne pas jouer avec des runes magiques dans un avion en plein vol, avant de draguer l’hôtesse de l’air latino pour se la taper hors champ.
De quoi passer en 5 minutes du viking vénère au branleur de service qui se la pète avec le sourire en quoi tout en balançant quelques inepties magiques auquel lui-même ne croit pas. Et il reste 2 heures.

Dans ce truc pas possible qui ressemble à un mélange entre Mortal Instruments et Underworld, tout est donc au service de Vin Diesel qui annihile toute identification et charisme à son seul regard bovin. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’on se souvient que la seule fois où le type en imposait vraiment, c’était dans la saga Riddick, dans laquelle on ne voit pas ses yeux… Toujours est-il qu’ici, il est censé être un minimum classe et faire tomber les dames, mais joue soit le kéké du dimanche, soit le type qui essai d’avoir l’air concerné mais qui est manifestement trop bête pour y arriver.
C’est triste, et c’est pourtant rien face à Michael Caine qui se fait materner par l’acteur principal soit disant parce qu’il est plus vieux que lui, ce qui donne lieu à quelques passages bien gênants. Ou encore Elijah Wood qui vient faire on ne sait trop quoi là-dedans, tandis que Rose Leslie, la sauvageonne de Game of Thrones (« You Know Nothing Jon Snow ! » c’était elle), ne risque pas de faire décoller sa carrière ciné avec ça.

Dans un film qui est censé mettre en scène une lutte ancestrale avec des sorcières et qui termine sur un plan de New York avec une bagnole modélisée traversant la ville à toute allure en faisant des gros dérapages (parce que même quand il se prend pour The Witcher, Baboulinet roule en Aston Martin !), on ne cesse d’être ennuyé par l’inconsistance de l’univers reposant sur des poncifs couillons, avec une intrigue bateau qu’on nous a servis mille fois à toutes les sauces avec son lot de personnages secondaires bien fonctions, de méchant très méchant et de retournement de situation gros comme une maison, le tout enveloppé par une incapacité totale à générer quelconque spectaculaire ou intérêt.

Alors on aimerait vous dire que Baboulinet y est à mourir de rire et que c’est parfois débile au point d’en être drôle. Seulement Le Dernier Chasseur de Sorcières n’est jamais le nanar espéré, et s’avère tellement mortifère qu’on lui donne sans mal son titre de navet à éviter, même lors d’un dimanche pluvieux. La seule personne qui pourra peut-être en tirer quelque chose, c’est Mozinor.

 

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