La critique qui suit a été initialement publiée en août 2010 pour une sortie qui devait avoir lieu en décembre de la même année.

A l’époque, le film de John Madden s’appelle La Dette. Sans que l’on sache vraiment pourquoi, à quelques semaines de sa sortie, le film a disparu des plannings pour réapparaitre début 2011 sous un nouveau titre : L’Affaire Rachel Singer.

A l’occasion de sa sortie définitive mercredi 15 juin, revoici donc la critique – retouchée pour l’occasion car elle contenait des détails anachroniques (Tree of Life est sorti, tout comme X-Men Le Commencement).

 

L’Affaire Rachel Singer – Sortie le 29 décembre 2010
Réalisé par John Madden
Avec Sam Worthington, Helen Mirren, Ciarán Hinds
Un ancien agent du Mossad (Helen Mirren) qui a pris part à une mission secrète il y a trente ans pour capturer et faire juger un criminel de guerre nazi, doit retourner en Europe de l’Est pour revivre le traumatisme lié à ces événements et découvrir la vérité. Elle doit à présent payer sa dette…

 

L’Affaire Rachel Singer est le remake (encore !) d’un film israélien sorti en 2007, intitulé La Dette et réalisé par Assaf Bernstein. Pour la version américaine de l’histoire, c’est le discret réalisateur John Madden qui s’y colle quelques années après avoir été auréolé du succès de Shakespeare in Love, joli conte dans lequel Gwyneth Paltrow faisait tourner les têtes.

Ici, on suivra trois agents du Mossad, les services secrets israéliens, devant capturer un criminel de guerre nazi en plein Berlin Est. Le personnage de Vogel n’a pas existé mais rappelle quand même le tristement célèbre Josef Mengele, responsable d’expériences atroces au sein d’Auschwitz, entre autre. Mengele, contrairement au personnage de la Dette, ne fut jamais capturé.
Vogel, lui, le sera. En effet, l’histoire raconte sa capture par le trio d’agents. Et puis, trente ans plus tard, sa réapparition.

Madden choisit judicieusement de montrer les deux époques mélangées, passant de l’une à l’autre sans transition. L’idée est d’autant plus intéressante qu’il y aura forcément des similitudes entre les deux traques. Malheureusement, il préfèrera raconter l’intégralité de l’histoire coté Berlin Est d’un bloc, coupant court à ce choix pour y revenir ensuite. Idéalement, il aurait été intéressant de conserver ce montage tout du long tant le mélange des époques est intéressant.

Il choisit également de commencer son film avec les personnages âgés pour remonter dans le temps petit à petit, nous faisant découvrir une histoire passionnante et très centrée sur l’humain. Au delà de la mission elle-même, les rapports entre les différents protagonistes, que ca soit les agents entre-eux ou vis à vis de leur prisonnier, ce sont bien les rapports humains qui sont mis en avant. Et mis à part Sam Worthington, qui ne sent pas super à l’aise quand il n’a pas des méchants à tabasser, le casting renforce notre intérêt. Jessica Chastain (dont le personnage vieux est incarné par Helen Mirren, parfaite comme d’habitude), auréolée depuis par sa prestation dans The Tree of Life et qui sera à l’affiche de Salomaybe d’Al Pacino, y est très jolie.

A mi-parcours du film, un petit twist mettra en avant une autre facette de ces héros, qui n’en sont finalement pas tant que ça et les obligera à rechausser les crampons et à remonter sur le terrain malgré un âge déjà avancé et d’autres désirs que ceux énoncés trente ans plus tôt : maintenant, ils tiennent à leurs acquis et veulent protéger leurs familles. On n’est plus ni dans la mission imposée par une force militaire ni dans la soif de vengeance mais face à des humains ayant des préoccupations encore plus humaines qu’auparavant. Ça n’enlèvera rien à l’intérêt de l’histoire, au contraire, puisque cette 2e couche temporelle ne servira qu’à la renforcer.

Mais à force de trop se focaliser sur l’humain, Matthew Vaughn (oui, l’homme derrière Kick Ass et X-Men Le Commencement, également producteur) et ses co-scénaristes en oublient un peu trop facilement qu’on parle ici de Juifs face à un monstre du nazisme. Et là le film ne fait pas mouche : il manque cruellement de l’émotion qu’on s’imagine ressentir face à ce genre de sujet. Qui plus est, il se terminera sur un deuxième twist final sorti d’un peu nulle part et clôturant bien trop vite et stupidement une histoire qui aurait mérité d’être un peu plus largement évoquée.

Avec de brillants acteurs à son casting, très correctement filmé mais légèrement plombé par un manque d’émotions et une fin un peu moisie, L’Affaire Rachel Singer est donc un film à découvrir.

3 commentaires

  • chandleyr vendredi 27 août 2010 10 h 39 min

    Ca ne m’étonnerait pas que le studio refasse des changements concernant le film Après tout ils ont encore pas mal de temps devant eux. Ca laisserait peut-être un peu de temps pour redonner de la place et d ela chair au personnage de Worthinghton dans le film. On verra bien, mais pour une fois je n’ai pas détester.

  • cloneweb vendredi 27 août 2010 13 h 37 min

    Faudrait retourner des scènes alors parce qu’il joue quand même pas très bien.

  • chandleyr vendredi 27 août 2010 17 h 45 min

    Le problème étant qu’il n’a pas bcp d’espace ds l’histoire. le scénario n’est pas si génereux que cela en ce qui le concerne. C’est le souci.

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