Louis Zamperini, malheureusement décédé en juillet dernier, est une personnalité hors du commun. Coureur olympique qui fut remarqué par Hitler aux Jeux de Berlin, il sera enrôlé dans l’armée, passera des jours et des jours sur un radeau à presque mourir de faim pour ensuite être fait prisonnier de guerre par les Japonais.

Invicible, basé sur le livre paru en 2010 et écrit par Laura Hillenbrand, raconte sa vie. C’est aussi le deuxième film en tant que réalisatrice d’Angelina Jolie.

Voici ce que nous en avons pensé. Vous pouvez également découvrir sur le sujet notre interview de l’acteur principal, le brillant Jack O’Connell.

 

LA CRITIQUE

En 2012, Angelina Jolie passait derrière la caméra pour Au pays du sang et du miel. Critiques mitigées, box office bas, son premier long métrage n’a pas été le succès espéré. Ne baissant pas les bras, elle décide d’adapter la vie de Louis Zamperini, sur un scénario des frères Coen. 
Adapté du livre “Unbroken, A World War II Story of Survival, Resilience, and Redemption”, Invincible suit l’histoire de Louis Zamperini, un jeune américain ayant participé aux Jeux Olympiques de 1936 (il a fini 8ème) et surtout prisonnier militaire japonais après avoir passé 33 jours sur un radeau en mer.
Etrange mélange pour un film qui a constamment le cul entre deux chaises.

Le long métrage s’ouvre sur une scène spectaculaire et sûrement une des meilleures scènes du film. On se retrouve au cœur même de la guerre, dans un bombardier. En plus d’une réalisation impeccable, il y a un véritable soin apporté au son dans cette scène de bataille et rend l’ensemble impactant et violent. En plus de Jack O’Connell, on retrouve à ses côtés de jolies têtes en second rôle : Domhnal Gleeson (toujours excellent), Jai Courtney (toujours aussi nul) ou un peu plus tard Garrett Hedlund. Malheureusement, passé cet ouverture, le soufflé retombe rapidement et l’ensemble du film reste très convenu, tout en étant saupoudré ici et là d’éclairs de génie. On s’attendait à un véritable film de guerre mais on tombe rapidement dans le cliché du biopic et l’ensemble a un arrière-goût de déjà-vu.

On retourne donc dans la jeunesse de Zamperini et ses années olympiques, où il apprend à courir, poussé par son frère qu’il fini par battre. On retourne ensuite pour les suivre pendant 33 jours en mer, affamé, encerclé par des requins et recueillis par la flotte japonaise. Déconstruit, le film ne commence vraiment qu’au bout d’une heure, lorsque Louis sera envoyé dans un camp de détention japonais, face au sergent Mutsuhiro “The Bird” Watanabe de l’Armée Impériale Japonaise, véritable bourreau qui ne laissera rien passer à ses prisonniers. S’enchaîne alors 1h30 de face à face musclé, basé majoritairement sur la force non pas physique (quand bien même celle-ci est mise à rude épreuve) mais psychologique.
Encore une fois, on retombe régulièrement dans le cliché du biopic où le héros dépasse ses peurs et ses faiblesses et où le méchant ne se révèle pas si méchant mais avec une part d’humanité. La fin, à voir en parallèle du passé du personnage principal, sur fondu et avec grands violons, est très mal amenée.

Néanmoins, Invincible se suit sans déplaisir grâce à un duo d’acteur impeccable. Jack O’Connell, repéré dans Les poings contre les murs, prouve encore une fois qu’il est l’acteur du moment tant son jeu est impeccable. Face à lui, on découvre le chanteur de J-rock Miyavi dans son premier rôle, et il fait largement face au jeune anglais.

Très classique, Invincible est clairement un film à Oscar. Il est sauvé par son histoire extrêmement intéressante, quoiqu’avec un développement convenu, deux excellents acteurs et une réalisation réussie qui montre que Angelina Jolie est bien meilleure réalisatrice qu’actrice.

 

Invincible – Sortie le 7 janvier 2015
Réalisé par Angelina Jolie
Avec Jack O’Connell, Domhnall Gleeson, Garrett Hedlund
L’incroyable destin du coureur olympique et héros de la Seconde Guerre mondiale Louis “Louie” Zamperini dont l’avion s’est écrasé en mer en 1942, tuant huit membres de l’équipage et laissant les trois rescapés sur un canot de sauvetage où deux d’entre eux survécurent 47 jours durant, avant d’être capturés par la marine japonaise et envoyés dans un camp de prisonniers de guerre.

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