Toujours en mouvement est la Force. Et parfois elle tend vers le coté obscur. Tout a commencé en 2019 quand Dave Filoni, alors en charge des séries d’animation et auréolé du succès de Rebels, s’associe avec Jon Favreau pour développer la première série live-action Star Wars. Sur le papier, l’idée était séduisante : un lone gunman, le Mandalorien, rencontre un « bébé Yoda » et décide de « le ramener parmi les siens. » Les scénaristes donnaient l’impression de ne pas toujours savoir où ils allaient, souvent encombrés par cette créature mignonne, capable d’utiliser la Force, mais dont ils ne savaient pas quoi faire. Néanmoins, en trois saisons, le Mandalorien s’est imposé.

Vitesse lumière. Nous sommes désormais en 2026 et quelques mois après le départ de Kathleen Kennedy, Le Mandalorien et Grogu débarque sur nos écrans. Et Jon Favreau livre le pire Star Wars sorti au cinéma.

Mando et son acolyte sont désormais au service de la Nouvelle République. Ils traquent les derniers généraux de l’Empire après la destruction de l’Etoile de la Mort. Après en avoir chopé un sur une planète recouverte de montagnes enneigées, ils se voient confier une nouvelle mission : récupérer Rotta, le fils de Jabba le Hutt, pour permettre à l’organisation d’avoir d’avantage d’informations sur l’Empire. Evidemment, les choses vont mal se passer.

Le film est censé être une porte ouverte, un produit d’appel, pour donner envie aux spectateurs de Star Wars au cinéma de franchir le cap du petit écran (et donc de s’abonner à Disney+). Donc il ne prend aucun risque. Tellement aucun qu’il ne raconte rien. Le vide intersidéral, littéralement. Ce qui sert de scénario est en réalité la compilation de deux épisodes suivi d’un gros final où les héros doivent aller d’un point A à un point B en transportant une marchandise (ici, un Hutt) tout en esquivant des méchants droïdes ou stormtroopers. 3000 épisodes de Rebels et de Clone Wars sont basés sur le même modèle, des épisodes plutôt inutiles, des « fillers » comme on dit dans le monde de la série. Lucasfilm a fait d’un long métrage Star Wars un filler. Ou comment passer de George Lucas et Irvin Kerscher à du remplissage.

Dave Filoni assène au spectateur ses obsessions – les Hutt, les Mandaloriens, des personnages qu’il a conçu pour les séries animées et qu’il insiste pour faire revenir – sans chercher à faire évoluer ses personnages. Grogu, qui reste adorable et peut-être la plus grande réussite de ce foutoir, n’a pas bougé d’un Yoda. Or, une longue séquence était une belle occasion – manquée donc – pour faire plonger le personnage dans les possibilités offertes pas la Force.


On peut reprocher à la série de raconter des choses idiotes, comme ce crédo expliquant que les Mandaloriens suivent la Voie sans jamais montrer leur visage, ce qui contredit en passant la série animée. Ca n’a pas beaucoup d’intérêt mais ça ajoute de la matière à l’univers Star Wars. On peut reprocher aux films récents d’être ratés, mais ils alimentent encore les débats sur les forums de fans.
Le film de Jon Favreau ne fait rien de tout ça. Le réalisateur, d’ailleurs, peine à donner du souffle à ses scènes d’action, le résultat n’étant donc que peu divertissant.

On retiendra quand même le très bon travail de Ludwig Göransson à la bande originale et quelques aspects techniques. Les effets spéciaux made by ILM sont impeccables et les amateurs de designs de vaisseaux, planètes et bestiaires y trouveront leur compte. Et Sigourney Weaver. Elle est toujours impeccable Sigourney.

Difficile de comprendre le but de tout ça. Le film n’est pas assez réussi pour donner envie de découvrir la série. Et si vous l’avez déjà vue, il n’ajoute rien à ce que vous connaissez. On va espérer très fort que ce Mandalorien & Grogu n’est que l’échec d’une équipe marketing qui espérait gratter des abonnés sur une plate-forme. Que Dave Filoni, désormais à la tête de Lucasfilm, a caché sous son chapeau de vraies bonnes idées. Parce que ça ne peut pas être le futur de Star Wars.

Star Wars, le Mandalorien & Grogu – Sortie le 20 mai 2026

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