Après Brothers, le nouveau film de Jim Sheridan sort après demain sur les écrans.

Sur le papier, Dream House a tout pour plaire : une campagne d’affichage plutôt intrigante, la présence de Sheridan derrière la caméra, un casting intéressant, le tout dans une histoire apparemment fantastique.

Sur le papier, donc.
Mais en réalité, il semble qu’on en soit loin comme l’explique la critique suivante.

 

 

Dream House – Sortie le 5 octobre 2011
Réalisé par Jim Sheridan
Avec Daniel Craig, Naomi Watts, Rachel Weisz
Editeur à succès, Will Atenton quitte son emploi à New York pour déménager avec sa femme et ses enfants dans une ville pittoresque de Nouvelle Angleterre. En s’installant, ils découvrent que leur maison de rêve a été le théâtre du meurtre d’une mère et ses deux enfants. Toute la ville pense que l’auteur n’est autre que le père qui a survécu aux siens.

 

Jim Sheridan fait partie de ces cinéastes américains capables d’explorer des genres et des sujets variés, de cette famille de réalisateurs qu’on retrouve rarement là où on les attendait.
Il suffit de regarder ces 3 derniers films en date pour s’en rendre compte, puisqu’entre Get Rich or Die Tryin le film autobiographique sur 50 Cent, puis le drame Brothers sur fond de guerre en Irak et enfin le thriller fantastique qui nous intéresse aujourd’hui Dream House, il y a très peu de points en commun à première vue. Ce constat est d’autant plus flagrant qu’avec sa nouvelle réalisation, Sheridan s’aventure sur un terrain encore vierge pour lui. Ce nouveau genre fera-t-il bon effet sur son CV ?

Quand on voyage dans l’inconnu, mieux vaut être préparé et avoir quelques atouts à ses côtés, du moins des éléments que l’on maîtrise et/ou avec lesquels on est déjà familier. Il n’y a donc rien de surprenant à voir que la base de Dream House s’avère être l’histoire d’une famille dont les parents ne sont autres que Daniel Craig & Rachel Weisz (qui depuis est aussi couple à la ville, ça c’était pour l’anecdote people). Cette famille en question vient d’emménager dans la maison de leur rêve (d’où le titre peut être…) en Nouvelle-Angleterre et va vite déchanter quand ils feront face à des évènements inquiétants, du moins des silhouettes menaçantes ayant l’idée farfelue de jouer à cache-cache aux différentes fenêtres de la maison. Une mauvaise blague qui, vous vous en doutez, va vite prendre de l’ampleur et une toute autre dimension, tandis que le film va se révéler paradoxalement ultra immersif : Au fur et à mesure que la vie va devenir un enfer pour les personnages, la projection va se transformer en cauchemar pour les spectateurs…

Il faut dire que le film démarre franchement bizarrement puisque dès les premières scènes, quelque chose ne tourne pas rond. Que ce soit dans l’interprétation un peu à côté de la plaque des acteurs, dans une utilisation outrancière et omniprésente de la musique originale par ailleurs pompeuse ou encore dans le ton de chaque scène, l’ensemble fait toc et semble étrangement creux.
Les fameux squatteurs de jardin arrivent tandis que des rumeurs glauques autour des précédents habitants de la maison font leur apparition, laissant place à une série de passages que l’on a déjà vu des centaines de fois. Vous savez, ces fameux plans de voisins passant devant la maison en jetant un regard étrange et méfiant, ou alors les adolescents du coin qui rôdent juste pour le frisson de la légende urbaine. Du cliché en veux-tu en voilà, tandis que tout se retrouve pulvérisé dans une séquence clé nous faisant comprendre que l’on faisait fausse route.
Bon sang de bonsoir, on est devant un film à twists !

Et oui, après un retournement de situation nous faisant comprendre qu’on avait pas tout compris pour la simple et bonne raison que l’on ne savait vraiment pas tout, Dream House dévoile sa vraie nature de film fantastique appréciant balancer un bon coup de pied dans la fourmilière pour changer radicalement le contexte, histoire de surprendre le spectateur. Sauf qu’ici, on a à faire à du mauvais film à twists, du très mauvais même. A peine le temps de réaliser le genre de petits malins auxquels on a à faire que l’on réalise combien l’étrangeté de la longue exposition était pour le moins foirée.
Non seulement on avait la puce à l’oreille, mais surtout tout ça était bien trop gros pour être sérieux et forcément, on en vient à se dire que les festivités ne font que commencer.
C’est peu dire tant la deuxième partie de Dream House, démarrée par ce fameux twist censé vous péter les neurones, va creuser sa tombe plus vite que la lumière en essayant avec le plus grand mal de sauver les meubles. Et il y a une explication parfaitement rationnelle à ce beau bordel.
Vous devez avoir du mal à croire qu’un type intéressant comme Jim Sheridan & le casting du film (Daniel Craig, Rachel Weisz & Naomi Watts, quand même !) puisse se trouver dans une galère pas croyable. C’est pourtant le cas, surtout à cause d’un fautif appelé Ehren Kruger, scénariste/producteur ayant poussé à la concrétisation d’un script totalement foireux, d’autant que le monsieur en question est passablement responsable de ces scénarios de génie que sont Transformers 2 & 3 ou La porte des secrets. Et c’est bien lui et le scénariste original David Loucka auxquels il faut jeter les pierres tant la succession de twists débiles et les situations laborieuses, ridicules ou ennuyantes au possible sont leur œuvre. Entre un homme croisé deux fois 30 secondes dans le film qui va finalement être le grand méchant de l’histoire, un montage passé/présent bordélique au possible et ne cherchant même pas à indiquer visuellement dans quel temporalité on se situe ou simplement une histoire tout de même sacrément con pour être gobée, le scénario plonge la tête la première en emportant tout sur son passage, laissant complètement désarmé le reste de l’équipe. Les acteurs rivalisent de leur jeu monolithique, la mise en scène rame autant dans la semoule que le montage, la musique réemploie une formule toute prête de composition inquiétante pour violons stridents et tout, absolument tout, se rétame la tronche du début à la fin.
Il faut dire que partant d’un tel scénario, il est bien difficile d’en tirer quoi que ce soit.

Dream House peut d’or et déjà s’inscrire dans la liste des cas d’écoles de 2011 au titre de plantage intégrale et sans aucun répit. Véritable catastrophe causée par un scénario con comme la lune et tentant de surfer sur la vague Shutter Island en faisant preuve d’une médiocrité abyssale, le dernier film de Jim Sheridan s’avère être une expérience assez spéciale pour le spectateur : assister durant 1h30 à un naufrage cinématographique complet, que même un casting prestigieux subit de plein fouet. Vous cherchiez quels sont les pires films de l’année ? Vous venez d’en trouver un.

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