L’ultime aventure de Harold/Hiccup et Krokmou/Toothless sortira sur nos écrans le 6 février prochain, juste à temps pour les vacances scolaires. Mais Dragons 3 bénéficie déjà d’avant-premières ce weekend du 27 janvier.

Et pour les plus parisiens d’entre vous, le film est accompagné d’une exposition gratuite montée par Art Ludique qui se tiendra jusqu’au 24 février dans le 7e arrondissement de la capitale…

 

LA CRITIQUE

Tout le monde se souvient de la bombe qu’était Dragons 2 sorti en 2014. Un film riche, émouvant, superbement réalisé, presque étonnant pour DreamWorks Animation qui enchainait à de rares exceptions près les comédies avec des animaux colorés qui parlent. Derrière ce projet, le premier How To Train Your Dragon sorti plus discrètement en 2010, librement adapté d’un bouquin de Cressida Crowell par DeanDeBlois et Chris Sanders, deux anciens de chez Disney et réalisateurs de Lilo & Stitch. Le premier volet surprenait par ses scènes muettes entre un dragon et un jeune garçon, douces et émouvantes. Neuf ans plus tard, DeanDeBlois termine son histoire.

Si la saga Dragons est le Star Wars de DreamWorks Animation avec le second volet dans le rôle de l’Empire Contre Attaque, alors ce troisième chapitre et conclusion est bel et bien le Retour du Jedi.

La comparaison est d’autant plus vraie que cet épilogue partage bien des similitudes (et donc des défauts) avec le film de Richard Marquand. En effet, si le Retour du Jedi était évidemment un film plus que largement satisfaisant, il n’était pas sans défauts, surtout à comparer de son ainé. Et il recyclait des idées déjà vues dans la saga. Dean DeBlois, lui, reprend aussi des ficelles déjà utilisées. Le méchant est nouveau et bien écrit mais il ressemble pas mal à son prédécesseur -dont on a attendu le retour en vrain- et le fameux Monde Caché évoqué dans le titre fait un peu trop penser au refuge des dragons dans lequel vivait déjà la mère de Harold dans le second volet.

On peut aussi ajouter des personnages, certes grandissant et évoluant toujours, mais moins marqué que dans les précédents. La relation de Harold avec ses camarades de jeu et cette fois inexistante, à l’exception d’Astrid. Le rythme très marqué laisse aussi penser que DeBlois aurait aimé un troisième volet plus long. Trop de scènes s’enchainent trop vite, et certaines sont vraiment expédiées. Le réalisateur a-t-il eu une contrainte de temps ? Le film aurait pu prendre 20 minutes supplémentaires pour développer certains aspects à peine effleurés. A moins qu’il ait voulu en finir pour se consacrer à son épilogue.

Et pourtant… Pourtant, difficile de bouder son plaisir devant les retrouvailles entre Harold, Krokmou et le public. Difficile de ne pas constater que la réalisation et les couleurs sont encore plus belles qu’avant (et merci à Roger Deadkins d’être resté dans le coin). On en prend une nouvelle fois plein les yeux, et plein les oreilles tant John Powell s’en donne à coeur joie avec d’anciens de nouveaux thèmes. On citera en particulier un passage à la harpe quand Krokmou rencontre la Furie de Lumière à tomber à la renverse. D’ailleurs, même si là aussi le réalisateur reprend des éléments déjà vus, les scènes muettes entre les deux dragons sont aussi belles qu’émouvantes.

En écrivant un film sur la séparation (entre Harold et Krokmou, entre les humains et les dragons), Dean DeBlois vise juste. Il est tout le long métrage question de laisser le passé derrière soi, de savoir dire au revoir et d’aller de l’avant. Le réalisateur s’adresse là directement au public, en leur signifiant que le très très (très très) émouvant final est bel et bien le dernier. Dragons ne reviendra pas au cinéma, et il est désormais temps pour lui comme pour nous de passer à autre chose.

On chipote sur quelques défauts du film mais c’est uniquement parce que le 2e Dragons était une pièce de maitre quand celui-ci est un poil en dessous. Ca n’empêche pas Dean DeBlois et ses équipes d’avoir signé une trilogie marquante dans l’histoire de l’animation et un très beau final. Nous sommes Beurk.

Dragons 3, de Dean DeBlois – Sortie le 6 février 2019

 

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