Lors de son passage à Paris pour la promotion du Dernier Maitre de l’Air, M. Night Shyamalan avait évoqué sous l’oeil de ma caméra ce fameux Devil, racontant une histoire se déroulant principalement dans un ascenseur.

Lors de la rencontre, le réalisateur s’était dit intéressé par situer l’action dans un ascenseur parisien, pensant sans doute à ses cages de fer étroites telles qu’on en trouve notamment dans les immeubles hausmaniens.
Mais, s’il est bien à l’origine de l’idée du film, il ne l’a ni écrit ni réalisé. L’action de Devil se déroule donc à Philadelphie.

Voici donc la critique de Devil, un film initialement prévu pour fin décembre et qu’Universal a décidé de repousser au 20 avril prochain.


Devil – Sortie le 20 avril 2011
Réalisé par John Erick Dowdle
Avec Chris Messina, Joshua Peace, Logan Marshall-Green
Un groupe de personnes coincé dans un ascenseur réalise que le Diable se trouve juste en dessous d’eux…

Devil est le premier volet d’un label appelé Night Chronicles. Le principe est assez simple et intéressant sur le papier : M. Night Shyamalan trouve une idée de base qu’il confie à une équipe aussi bien pour l’écriture détaillée du scénario que pour la réalisation. Il ne se charge donc que de la production, après avoir fourni un résumé de l’histoire imaginée ou un point de départ.
Les détracteurs du réalisateur de Sixième Sens apprécieront l’idée car si, en principe, l’homme a de bonnes idées, le résultat est rarement à la hauteur et dans la plupart des cas on se retrouve avec un film mollasson qui aurait pu être bien meilleur.

“Aurait pu être meilleur”, au conditionnel, car si Devil n’est pas exempt de qualités, ce n’est pas non plus la révolution.
En effet, le thriller fonctionne de la manière la plus classique qui soit. Au lieu de reprendre une idée à la mode, le huis clos à la Buried, et ne faire se dérouler l’histoire que dans le fameux ascenseur, Devil s’offre une galerie de personnages déjà vus mille fois, du bricoleur de service au flic qui a perdu sa famille dans une intrigue se perdant dans les méandres d’un immeuble ultra-moderne.

L’originalité du film est bien l’idée de départ émise par Shyamalan. Un ascenseur dans lequel se trouve rien de moins que le Mal, des gens enfermés qui vont s’entretuer. Ou être victimes du démon. Et quelques jolies frayeurs ponctuent le récit de moments de bonne tension, le genre auquel on doit s’attendre.
Il y a d’autres bonnes idées, notamment le fait que si l’un des protagonistes de l’ascenseur doit être le coupable, rien ne permet de savoir qui il est. L’avancée de l’enquête permet de trouver des raisons pour qu’ils soient tous impliqués voire liés entre eux.
Qui plus est, Drew et John Erick Dowdle qui mettent en scène le film de manière (là aussi) très classique s’offrent de très jolis plans de Philadelphie, dont une introduction filmée à l’envers.

On est donc partagé entre bonnes idées et mauvaises, dans une ambiance qui aurait être bien plus pesante qu’elle ne l’est, parfois saoulé par les réactions des enfermés qui sont, comme c’est souvent le cas, particulièrement stupides.
Devil donne donc un peu l’impression d’avoir le cul entre deux choses, les réalisateurs ne sachant manifestement pas trop quoi faire de l’idée de M. Night. Ils choisiront malheureusement, et sans doute pour s’éloigner des habitudes du réalisateur, de faire quelque chose de plus classique.

Devil est donc un film dispensable mais c’est aussi étrangement la meilleure idée de M. Night Shyamalan après un film où l’ennemi est le vent et l’adaptation à vomir d’une des meilleures séries animées de l’univers.

Reste maintenant à espérer que le 2e volet des Night Chronicles soit un peu mieux géré.

1 commentaire

  • Helldars samedi 11 décembre 2010 22 h 32 min

    “…la meilleure idée de M. Night Shyamalan après un film où l’ennemi est le vent et l’adaptation à vomir d’une des meilleures séries animées de l’univers.”

    *Note dans mon carnet de phrases qui tuent*

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