Mary Poppins revient ! Non, pas sous la forme d’une suite (ce qui finira bien par arriver un jour…) mais sous sa forme cinématographique originale : celle du film si connu que Disney sortira en blu-ray dans une version anniversaire prévue pour le 5 mars prochain.

Le même jour sortira sur les écrans “Dans l’Ombre de Mary – La Promesse de Walt Disney” sur la genèse du film et la relation entre Disney lui-même et l’auteur des livres Pamela Lyndon Travers.

Et si on peut douter de la véracité des propos du film, la personnalité de Travers et celle de Disney étant manifestement très très édulcorées par rapport à la réalité, on ne peut que se réjouir de pouvoir se plonger une nouvelle fois – et d’une manière différente dans cet univers à la fois si british et si merveilleux.

 

Avant d’être un film à succès produit par Walt Disney et réalisé par Robert Stevenson, Mary Poppins était une série de livres pour enfants publiés entre 1934 et 1989 et écrits par Pamela Lyndon Travers. Récompensé de cinq Oscars dont celui de la Meilleure Actrice pour Julie Andrews, Mary Poppins a été un succès colossal (102 millions de dollars de recette aux USA à ce jour pour un buget de 5), largement mérité tant le film mérite le titre de chef d’oeuvre. Il est sans doute ce que Walt Disney a produit de mieux en live de son vivant et fait partie de ces classiques intemporels qu’on revoit toujours avec plaisir.

Mais la création du film ne se fit pas sans problèmes. Disney avait promis à sa fille d’adapter le livre au cinéma et s’est heurté à une résistance : la créatrice du personnage, Pamela Lyndon Travers. Pour la convaincre, il invite donc l’auteur anglais à passer quelques jours dans ses studios aux USA. C’est cette rencontre, et à travers elle la genèse de Mary Poppins, que John Lee Hancock a choisi de raconter. Les studios Disney ont en effet décidé de réaliser un véritable long métrage plutôt que de se contenter d’un documentaire (ce qui aurait sans doute été faisable, notamment parce que les conversations entre Pamela Travers et les membres du studio de l’époque ont été enregistrées sur bande audio), l’histoire de Travers étant intimement lié à celle de son personnage fétiche.

Le film s’ouvre sur un thème connu et les images d’une petite fille en Australie, s’apprêtant à déménager dans le bush avec sa famille. Puis on passe en Angleterre pour découvrir le personnage de Pamela. Sans argent, son agent lui conseille de finalement accepter l’offre faite par Walt Disney, ou du moins d’aller le voir pour tenter de se laisser convaincre. Mais à l’image de George Banks dans le film de Stevenson, Travers est une dame anglaise coincée dans ses principes et ses idées qui, une fois de l’autre coté de l’Atlantique, va s’opposer à tout ce qui lui sera proposé, des visuels aux chansons en passant par la couleur rouge. Oui, Travers refuse tout simplement qu’il y ait du rouge dans le film alors que tout est de cette couleur en Angleterre, des boites de poste aux cabines téléphoniques. Elle est tout bonnement insupportable, et Emma Thompson qui l’incarne tout simplement éblouissante.

Tout repose sur son personnage. Bradley Whitford (surtout connu pour avoir joué dans A La Maison Blanche) est aussi excellent en Don DaGradi que Tom Hanks en Disney mais toute l’histoire tourne autour de Travers. Et au fur et à mesure qu’elle avance, le vernis va se craquer. En effet, on découvre en parallèle de sa visite américaine son enfance en Australie et sa relation avec son père (Colin Farrel, tout à fait à sa place). Il est banquier, à tendance alcoolique, se fait régulièrement virer mais déborde d’imagination quand il s’agit de raconter des aventures à sa fille. Il sera vite gagné par la maladie et son histoire va virer au drame.

La force du film est cette narration alternée qui permet de comprendre les motivations de Pamela Travers, ce qu’elle a traversé et pourquoi Mary Poppins est si importante pour elle. L’héroïne de ce qui deviendra un film à succès est en effet inspirée de plusieurs personnages que l’auteur a croisé dans sa jeunesse. Et on comprend mieux comment et pourquoi elle en est arrivé là.
Alors, évidemment, le film n’est pas un documentaire et assume largement sa part de fantaisie. Faisons nous donc à l’idée que tout ne s’est pas passé tel qu’on le voit à l’écran dans la réalité et une fois qu’on a accepté la part de romancé, on prend énormément de plaisir à découvrir les images.
Il faut dire aussi que, comme l’indique le titre français judicieusement trouvé, l’ombre de Mary Poppins plane sur tout le long métrage que ça soit à travers les différents moments de la vie de Travers ou à travers le travail de Walt Disney à la prod et des frères Sherman à la réalisation.

Ajoutez y la sublime musique de Thomas Newman, qui s’approprie les thèmes créés en 1964 et des acteurs s’amusant beaucoup et vous obtenez un très belle surprise. On avait peur que Dans l’Ombre de Mary soit un petit film sans intérêt mais, à l’image de son ainé, il déploie tellement de talents qu’on ne peut pas passer à coté. Pour mieux redécouvrir ensuite le chef d’oeuvre avec Julie Andrews et Dick van Dyke.

 

Dans l’Ombre de Mary – Sortie le 5 mars 2014
Réalisé par John Lee Hancock
Avec Tom Hanks, Emma Thompson, Paul Giamatti
Lorsque les filles de Walt Disney le supplient d’adapter au cinéma leur livre préféré, “Mary Poppins”, celui-ci leur fait une promesse… qu’il mettra vingt ans à tenir !
Dans sa quête pour obtenir les droits d’adaptation du roman, Walt Disney va se heurter à l’auteure, Pamela Lyndon Travers, femme têtue et inflexible qui n’a aucunement l’intention de laisser son héroïne bien aimée se faire malmener par la machine hollywoodienne. Mais quand les ventes du livre commencent à se raréfier et que l’argent vient à manquer, elle accepte à contrecoeur de se rendre à Los Angeles pour entendre ce que Disney a imaginé…
Au cours de deux semaines intenses en 1961, Walt Disney va se démener pour convaincre la romancière. Armé de ses story-boards bourrés d’imagination et des chansons pleines d’entrain composées par les talentueux frères Sherman, il jette toutes ses forces dans l’offensive, mais l’ombrageuse auteure ne cède pas. Impuissant, il voit peu à peu le projet lui échapper…
Ce n’est qu’en cherchant dans le passé de P.L. Travers, et plus particulièrement dans son enfance, qu’il va découvrir la vérité sur les fantômes qui la hantent. Ensemble, ils finiront par créer l’un des films les plus inoubliables de l’histoire du 7ème art…

3 commentaires

  • thierry vendredi 21 février 2014 17 h 29 min

    Ce film m’intriguait, et je me demandais ce que ça valait, merci!
    Dommage que je n’aille plus voir de biopic depuis très longtemps, je ne supporte plus la “license artistique” que certains se prennent avec la réalité, et ne pouvant moi-même faire le tri entre le vrai et le faux, j’ai renoncé.
    (indépendamment de la qualité intrinsèques des œuvres, bien sur :)

  • Marc jeudi 27 février 2014 1 h 25 min

    Le biopic a tendance a embellir les héros qu’il défend mais est ce le plus important ? Même si le format est devenu un standard qui occulte parfois certains pans entiers d’un caractère ou d’une vie, cela ne coute rien de rêver et plonger dans la vie de ces grand hommes, artistes ou sportifs, créateurs de génie ou entrepreneurs partis de rien pour fonder une dynastie ou changer notre regard sur le monde. Parcours atypiques et souvent étonnants qui attisent notre curiosité. N’est ce pas ce qu’on recherche en s’enfermant dans une salle obscure ? Se divertir, apprendre et redécouvrir le temps d’un film une ambiance et les musiques d’une époque ?
    Le prétexte est louable en tout cas, et donne même envie de relire une biographie plus complète parfois.

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