Après un passage chez Marvel Studios où il a réalisé une des meilleurs productions récentes de la franchise, Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Sam Raimi revient avec un projet inédit : Send Help, écrit par Mark Swift et Damian Shannon. Le duo de scénaristes qui a tenté de relancer la franchise Vendredi 13 et offert Baywatch à Dwayne Johnson revient avec une nouvelle idée, et il fallait toute la maestria du réalisateur de la trilogie Spider-Man pour en faire un film de qualité.

Rachel McAdams incarne une employée de bureau douée mais moquée par ses collègues masculins pour son physique. Son nouveau boss, qui a hérité de l’entreprise familiale par pur népotisme, décide de l’emmener en Thaïlande boucler un deal. Leur avion se crashe en pleine mer et ils échouent sur une île déserte. Là, leurs rapports vont s’inverser : il n’est plus du tout le patron.

En dehors de quelques cameos (y compris Bruce Campbell, bien planqué), tout Send Help repose sur son casting. Rachel McAdams y est absolument impeccable dans le rôle d’une jeune femme qui va trouver dans le crash son salut : elle rêvait de participer à Survivor, le Koh Lanta américain. Alors une fois échouée sur la plage et alors que lui se remet de ses blessures, elle a déjà fait un abri, trouvé à manger et fait du feu. Lui est tout de ce qu’on déteste dans le patronat : un nepo baby qui place ses potes plutôt que les gens talentueux à des responsabilités et s’en fout tant qu’il gagne de l’argent. Alors, forcément, il ne sait rien faire.

On n’est jamais loin de la caricature mais si vous qui lisez ses lignes travaillez dans une grande entreprise, vous avez déjà croisé ce genre de profils. Sam Raimi joue avec tout ça, alternant des moments dramatiques et d’autres de pure comédie, passant le script des deux scénaristes à travers sa moulinette : quelques jumpscares parcourent le récit, et quelques scènes particulièrement gores (on ne se refait pas) viennent en rajouter.

Le résultat est mordant et efficace, le jeu de chat et de souris entre les deux comédiens fonctionnant impeccablement. C’est d’autant plus efficace que Raimi distille les éléments d’un twist déjà vu, qu’il détourne pour mieux servir son récit. Et qu’on a tous envie de voir ce patron misogyne, menteur et incapable se faire un peu martyrisé. Rajoutez à cela une bande originale par Danny Elfman en grande forme.

Sorte de croisement entre Seul au Monde et Jusqu’en Enfer, Send Help est un divertissement jubilatoire qui prouve, s’il le fallait, que Sam Raimi a encore sous le capot.

Send Help, de Sam Raimi – Sortie en salles le 11 février 2026

Ecrire un commentaire