HBO n’en a pas fini avec la franchise Game of Thrones. Alors qu’on attend la troisième saison de House of the Dragons pour cet été, le studio a mis en boite un autre spin off de la saga : A Knight of the Seven Kingdoms, adaptation de courtes histoires toujours écrites par George R.R. Martin.
« The Tales of Dunk and Egg » sont trois nouvelles dont la première est parue dans un recueil de fantasy en 1998. La plus récente date de 2005. On y suit un jeune chevalier dans l’univers bien connu mais avec un niveau d’échelle bien différent des histoires précédentes.
Le premier épisode (sur les six de la saison, que nous avons vu en intégralité) nous présente Dunk, un écuyer fait chevalier errant par son maitre sur son lit de mort. Sans ressource à part trois chevaux et bien décidé à se faire un nom, il décide de participer à un tournoi de chevalerie.

Après une série impliquant des personnages répartis sur deux continents et s’affrontant de toutes les manières possibles pour obtenir le Trône de Fer, après une histoire plus réduite, concentrée sur quelques familles de têtes couronnées, A Knight of the Seven Kingdoms raconte l’histoire… d’un chevalier tout seul, quasiment personne en fait. Se déroulant 90 ans avant la série d’origine, ce nouvel opus surprend par son niveau d’échelle mais aussi par sa tonalité. La personnalité de Dunk, incarné par la montagne de muscles qu’est Peter Claffey, fait des six épisodes presque une comédie. Certes, on retrouve tous les éléments qui font le sel de Game of Thrones : les décors somptueux et naturels, une superbe production, les têtes couronnées, des gens prêts à en découdre à la moindre occasion. Mais ici on rigole devant les gaffes du personnage et devant sa (fausse) bêtise, le tout dans une petite poignée de décors. Ca n’empêche pas une dose de sensualité, pas mal de violence (tournoi oblige) et quelques twists bien sentis. Du changement dans la continuité, donc.
Si vous découvrez l’univers de GRRM par ce biais, vous serez surement décontenancé. La série n’explique rien de son monde, se focalisant sur ses deux héros (dont le jeune et mystérieux Egg) tout en continuant de lâcher des noms : les Targaryen et autres Baratheon sont une nouvelle fois de la partie. Mais A Knight Of se déroulant entre les deux séries précédentes, tous les protagonistes sont nouveaux. Un joyeux bordel qui se regarde en essayant de pas trop comprendre la mythologie. En réalité, vous n’en avez pas besoin : le focus est sur la participation du chevalier, le fameux « hedge knight ». Il tient son nom du fait qu’il est errant et donc dort dans des haies. Dans la série, les buissons sont remplacés par des arbres, sous lesquels il trouve refuge.

Soulignons aussi le personnage de Egg, jeune garçon sans cheveux dont on ne spoilera pas les secrets mais qui est exactement ce que Dunk avait besoin : un contrepoint, fragile physiquement mais bien plus intelligent que son maitre. Dexter Sol Ansell, aperçu dans La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur est indécent de justesse. Soulignons aussi la très bonne partition de Dan Romer qui s’amuse avec les thèmes d’origine tout en proposant de nouvelles choses comme … clôturer la saison par de la country.
A Knight of the Seven Kingdoms est définitivement une production étonnante, jusqu’à son générique final. Petite histoire dans la grande (et par ici, on aime ça) porté par des personnages super attachants, ce n’est pas forcément la meilleure des portes d’entrée mais plutôt un petit bonbon à déguster en patientant pour découvrir à nouveau de grandes batailles.
A Knight of the Seven Kingdoms d’Ira Parker – Disponible sur HBO Max à partir du 18 janvier 2026
