Première tentative de spin off autour d’un méchant pour le duo James Gunn et Peter Safran. Chez Sony Pictures et donc Marvel, on s’était fadés tout un tas de bouses du même acabit à commencer par la trilogie Venom. Et DC avait fait une tentative avec le diptyque du Joker de Todd Philips, un volet étonnant puis une suite ratée. Clayface est sorti ce 21 octobre sans tambour ni trompette. On y allait donc en marchant sur des oeufs. C’est pourtant un film réussi.

Vous connaissez peut-être déjà l’histoire Clayface (ou Gueule d’Argile en version française), cet ennemi de Batman ressemblant à un gros tas de boue, capable de prendre différentes formes (même des apparences humaines et des vêtements) et réputé indestructible. En plus de tous les comics, son histoire avait notamment été racontée dans Batman la Série Animée et plus récemment dans Caped Crusader.

Ici Matt Hagen est un acteur ultra beau-gosse qui mise tout sur son physique et est nommé à l’Oscar. Un soir, il couche avec la fiancée d’un parrain de la pègre. Le lendemain, le mafieux le défigure pour se venger. Abandonné de tous, il cède à un programme expérimental qui lui permet de reprendre son apparence. Mais il va découvrir que son corps réagit physiquement à ses émotions et qu’il peut prendre des apparences différentes. Il va donc en profiter pour se venger.

Ecrit par Mike Flanagan (Carrie) avec Hossein Amini et réalisé par James Watkins, Clayface est d’abord une plongée dans l’univers du body horror, un choix étonnant mais efficace. Le corps de Tom Rhys Harries est montré sous toutes les coutures, à commencer par une scène de massage facial qui préfigure de la suite. Sa descente aux enfers le transforme physiquement et le comédien est ébouriffant dans le rôle, allant de scènes ultra gores (celle dans l’avion reste bien en tête) à des petits détails (la pomme d’Adam qui bouge, le bas de l’oeil qui tremble) et qui préfigurent sa transformation.

Même si certains CGI piquent par-ci par là – quelques effets ratés, Gotham City souvent numérique – les effets spéciaux sont solides et James Watkins fait un boulot honorable de réalisation, se focalisant sur son « héros », allant même jusqu’à lui offrir un petit capital sympathie (alors que c’est un tueur). Il évite aussi tous les clichés dans lesquels Sony s’était enfoncés. Il n’y a pratiquement aucune référence à Batman si ce n’est des détails de son univers.

D’une durée raisonnable, étonnamment brutal, solide sur ses appuis, Clayface se regarde avec plaisir. On peut s’interroger sur l’intérêt d’un tel projet. Après tout, on vient d’évoquer l’origin story d’un méchant de Batman dont personne ne fera plus rien – et même si James Gunn réutilisait le personnage à quoi bon ? – mais ça a le mérite d’être tout à fait regardable et très bien fait. Si ça pouvait inspirer la concurrence…

Clayface, de James Watkins – Sortie en salles le 21 octobre 2026

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