Critique : Ce Qui Nous Lie

La semaine du 14 juin sera marquée par les sorties de La Momie ou de Free Fire. Mais ce sera aussi le retour de Cédric Klapisch.

Celui qui avait filmé avec brio la jeunesse estudiantine dans l’Auberge Espagnole et ses deux suites revient avec ce qu’il sait raconter de mieux : une histoire de hommes et de femmes, cette fois dans les vignobles bourguignons avec Ana Girardot et Pio Marmaï en tête. Un film à déguster sans modération ?

 

LA CRITIQUE

Les fans de Cédric Klapisch attendent chacun de ses films, avec une impatience folle. Impatience décuplée cette fois-ci par la mise en ligne de photos sur son compte Instagram, lors du tournage de Ce qui nous lie. Tels des amis virtuels, nous sommes nombreux à avoir « aimé », suivi de loin le processus de fabrication de ce long et bon métrage. Et ce, depuis 2015. Alors, nous avions hâte de le déguster, ce nouveau cru. Et aucune déception au rendez-vous, bien au contraire.

Jean (Pio Marmaï) rentre chez lui, après dix ans passés à découvrir le monde. On apprend rapidement qu’il a une fiancée, en Australie. Sa vie est en Bourgogne, certes, mais ailleurs, aussi. Juliette (Ana Girardot) est la petite sœur, celle qui vivait encore à la maison, avec ses parents, son père. Celle dont on observera avec pudeur le changement, la transformation. Jérémy (François Civil), le cadet, est père d’un nourrisson, il a pour épouse une jeune femme, qui travaille aussi dans le milieu viticole. Il voit souvent sa sœur. Le trio fraternel, désormais orphelin, grandit et murit au fil des minutes du film, ce, à la même allure que leur vin.

Après la mort de leur père, dernier parent, se pose la question cruciale mais inévitable de l’héritage. Que faire pour pouvoir payer les droits ? Vendre l’ensemble du domaine ? Seulement quelques parcelles ? À qui ? Comment ? De cette intrigue découlent plusieurs thèmes. La relation fraternelle, le doute, le changement, le passage d’un moment d’une vie à un autre. Le tout est traité avec beaucoup d’élégance, de charme. S’ajoute celui des vignes, des paysages bourguignons et celui des verres de vins, dont le goût la couleur et l’odeur embaument à travers l’écran.

Les jeux de mots seront faciles pour les critiques qui en sont avides. « Ce qui nous lie » : un cru exceptionnel de la cuvée Klapisch. Un film aux arômes délicats, tendres. Une histoire qui reste en bouche, en tête. Une facilité d’écriture à laquelle Cédric Klapisch, lui, ne touche jamais. Il nous surprend, sans arrêt. Au détour d’un mot, d’un regard, d’un événement. Tout s’enchaîne, oui, mais il prend également son temps. Le temps de déguster le vin, de l’observer. Et de faire de même avec ses personnages.

Des moments drôles, d’autres plus tristes, des coups d’éclats, des haussements de voix, beaucoup d’amour. Un peu à la manière de la vie, de la vie normale. On aimerait suivre encore un peu le parcours de ces trois personnages, de leur famille. Le lendemain de sa projection, le film bien en bouche, il nous en reste une certaine douceur en travers des lèvres, un sourire, léger. Puisqu’on s’attache vite à ce trio plein de tendresse, on espère une suite, un beau jour. Ils paraissent si réels, si vrais, tous les trois. Dans une dizaine d’années, puis une vingtaine, nous voudrons prendre des nouvelles. Alors on espère délicatement, secrètement, une suite. Une nouvelle trilogie ? Cette fois-ci, ni espagnole, ni russe, ni chinoise, mais bourguignonne. Ou bien australienne ?

Ce qui nous lie, de Cédric Klapisch – Sortie le 14 juin 2017



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