S’il y a bien une mode qu’il faudrait définitivement bannir Hollywood, c’est bien celles d’adapter des formats courts jeunesse en long. Deux ou trois exceptions comme le passage des Simpson sur grand écran confirment la règle la formule ne fonctionne finalement jamais vraiment puisque les scénaristes se sentent obliger de l’envergure à des séries ou des BDs destinées à rester intimistes.

Yogi l’Ours, d’après 112 épisodes pilotés par Hanna et Barbera, n’échappe pas à cette règle des adaptations dispensables. Voici la critique d’Alex.

 

 

Yogi l’Ours – Sortie le 9 février 2011
Réalisé par Eric Brevig
Avec les voix originales de Dan Aykroyd, Justin Timberlake, Thomas Cavanagh
Yogi l’ours, le voleur de panier de pique-nique tant adulé, est de retour sur grand écran. Parce que le parc Jellystone perd des clients, Mayor Brown décide de le fermer et de vendre le terrain. Résultat : plus personne ne pourra profiter de la beauté de cet environnement naturel et, pire encore, Yogi et son ami Boo Boo seront expulsés de l’endroit qui a toujours été leur foyer. Face au plus grand défi de sa vie, Yogi doit prouver qu’il est « un ours plus malin que la moyenne » en décidant de s’allier avec Boo Boo et le Ranger Smith pour empêcher la fermeture du parc.

 

Histoire de ravir aussi bien les petits que les grands, les distributeurs ont mis, face aux excellents Tron et Black Swan, une flopée de films d’animation plus merdiques les uns que les autres. Alors entre Animaux et Compagnie et Aladin et la lampe merveilleuse, la Warner a décidé de sortir une adaptation du dessin animé culte : Yogi l’ours. En 3D bien sûr.

Qui ne connait pas Yogi ? Cet ours à cravate et à chapeau, marchant sur ses pattes arrières, passe son temps à voler les pique-niques des touristes du parc de Jellystone. Créé en 1961 par les géniaux Hanna et Barbera, Yogi est accompagné de Boo-Boo dans ses aventures, et essaye d’échapper au méchant Ranger Smith.
Adapter des épisodes de 7 minutes en un long métrage, réalisé par celui qui a commis Voyage au centre de la Terre (avec l’insupportable Brendan Fraser) n’était donc pas chose facile. Surtout quand on sait l’humour extraordinaire des productions Hanna et Barbera, et de la médiocrité de leurs adaptations, Les Pierrafeux et Scooby-Doo (même si celui-ci est un de mes guilty pleasure) en tête.

Pour sa deuxième réalisation, Eric Brevig n’hésite pas de s’entourer d’une tripotée d’acteurs de seconde zone, ou tirée de séries télé. Ou les deux. Avec Thomas Cavanagh en “humain” principal, on se demande (un peu, faut pas déconner hein) ce que vient faire Anna Faris là. Mais surtout, on ne comprend pas pourquoi Justin Timberlake et Dan Aykroyd ont accepté de doubler respectivement Yogi et Boo-Boo. Et histoire de respecter les comédies enfantines (et infantile ?), les seconds rôles sont distribués entre le gentil un peu bêbête (T.J. Miller. Oui oui) et les deux méchants sans coeur (Nathan Corddry et Andrew Daly. Vous n’en avez jamais entendu parler? Moi non plus), et sans aucune rédemption possible (évidemment).

Visiblement, les scénaristes ont décidé de s’éloigner le plus possible de l’esprit du dessin animé original. Alors durant les 5 premières minutes, on voit Yogi volant les pique-niques, essayant d’échapper au Ranger Smith. Puis on se rend compte que finalement, ils sont copains comme cochons et s’installe une intrigue principale absolument insupportable. Le méchant maire de la ville veut raser le parc pour se faire de l’argent. Smith, Yogi, Boo-Boo, et Rachel décident de déjouer son plan par tous les moyens possibles. Entre les twists prévisibles trente minutes à l’avance (et encore) et les bons sentiments mielleux et insupportables, on enchaine les facepalm en se demandant ce qu’on fout là.
Inutile de dire que le scénario tient sur du papier toilette, tant c’est du vu et revu. Agrémentez ça d’un side-kick idiot et insupportable, accompagné d’un nombre incalculable de blagues de bas étages, de situations soit-disant drôle ne faisant rire que les amateurs de Zack et Cody et vous obtenez tous les ingrédients pour un parfait navet.

Histoire de ne pas rehausser le niveau, aucun effort n’a été fait. Concrètement j’ai eu l’impression d’être devant une production Disney Channel : Hanna-Barbera meet Camp Rock. Les décors, se voulant réel, tourné en Australie font plutôt effet de carton pâte (tout comme les acteurs). Yogi l’ours vise visiblement le même public que son rendu : celui d’une chaine de télé jeunesse. Affublé d’une 3D simplement insupportable, bave, aliments et autres gouttes d’eau viendront ravir les amateurs de CGI salement raté à la Alice aux pays des merveilles et gimmick dans nos têtes. On entendra probablement certains dire “enfin la 3D n’est pas inutile”. N’oublions pas le point positif : le rendu de Yogi et Boo-Boo est assez agréable à regarder et s’incruster très bien dans le décor.

Et là où Garfield avait réussi à garder l’esprit tout en visant aussi bien les grands que les petits (attention hein, le film n’est pas génialissime non plus), Yogi n’est qu’un ramassis de nullité, d’humour à deux balles ne visant pas plus âgés que les 4 ans, avec une réalisation à vomir, vaguement sauvé par le doublage de Richard Darbois, encore une fois et comme toujours exceptionnel.

2 commentaires

  • Matthieu mercredi 9 février 2011 22 h 19 min

    Je trouve cette critique bien sévère… Loin d’être le film de l’année, j’ai trouvé cette comédie quand même plutôt sympathique :/. Alors oui on est pas dans un film à grand budget et à grandes idées, mais bon j’ai passé un bon moment! Pis rien que pour le court métrage des Looney Tunes qui précède et pour Richard Darbois il mérite un peu d’attention!

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