Ce mardi 24 mai avait lieu à l’UGC des Halles à Paris une avant première “exclusive” de Medianeras comme ils en organisent souvent.

Je n’avais pas du tout entendu parler de ce film avant lundi, ne connaissant rien sur l’histoire, ni les acteurs. La bande annonce m’a intrigué et mon amour pour la langue espagnole et le cinéma hispanophone m’a donc poussé à aller le voir.

A noter que le film est soutenu par TousCoProd.

 

 

 

Medianeras – Sortie le 1er juin 2011
Réalisé par Gustavo Taretto
Avec Pilar López de Ayala, Inés Efron, Carla Peterso
Martin est phobique mais se soigne. Petit à petit il parvient à sortir de son isolement, de son studio et de sa réalité virtuelle. Il est web-designer.
Mariana sort d’une relation longue. Elle est perdue et confuse, à l’image du désordre qui règne dans son appartement. Martin et Mariana vivent dans la même rue, dans des immeubles l’un en face de l’autre mais ne se sont jamais rencontrés. Ils fréquentent les mêmes endroits mais ne se remarquent pas. Comment peuvent-ils se rencontrer dans une ville de trois millions d’habitants? Ce qui les sépare les rassemble…

 

Medianeras. En voilà un nom bizarre pour une histoire d’amour.

Medianeras pourrait être traduit par “murs mitoyens” en français. Encore plus bizarre. Une façade qui ne sert à rien, généralement vide, collée ou en face d’une autre façade qui ne sert à rien, généralement vide. Et pourtant c’est ce mot qui caractérise probablement le mieux le film. D’ailleurs Gustavo Taretto ouvre son film sur une longue introduction nous mettant directement dans le bain où il explique la jolie ville de Buenos Aires et implicitement son film ou plutôt ses personnages : un mélange hétérogène d’immeubles, assemblés n’importe comment, sans harmonie, qui en résulte un charme incroyable et inévitable. Également, il annonce le ton : ce sera un film bavard. Bon, c’est sur, comme ça, ça ne donne pas forcément envie. Et pourtant c’est vrai, Medianeras est à l’image de son introduction : un mélange de personnes complètement hétérogènes, qui en résulte un charme incroyable et inévitable.

Martin est un geek. Mais pas un gros à lunettes barbus clichés, non. Créateur de sites web, il possède derrière son mac une flopée de figurines qu’on ne voit généralement pas (sauf une fois où il ouvrira un Astro Boy laisser sous emballage) tel qu’un Buzz L’éclair, un Batman et d’autres. Mais surtout, Martin est extrêmement réservé, en plus d’être une grosse feignasse. Il ne sort jamais, ne se bouge pour rien, commande même une promeneuse de chien. C’est comme ça depuis que son ex est partie.
Quant à Mariana, elle est aussi marquée par une ancienne relation. Cette jolie jeune fille vit seule au 8ème étage de son immeuble dans un duplex, refuse de rencontrer des hommes (et la seul fois où elle le fait, ça lui portera préjudice). Ils ne se sont presque jamais vu. Et pourtant ils habitent l’un en face de l’autres, leurs murs sont mitoyens. Nous allons donc suivre le destin des deux personnes jusqu’à, comme vous vous en doutez, leur rencontre. Mais rien ne se fait sans effort et les deux personnes vont sans arrêt se rencontrer sans le savoir. Sur le fond, on pourrait croire à une simple rom-com comme on en voit des dizaines chaque année.

Film indépendant argentin, Medianeras sort un peu des sentiers battus. Pour son premier long (Medianeras était à la base un court, primé d’ailleurs en 2005), Gustavo Tarretto va lorgner du côté de l’indépendant également, mais US. En effet, le long métrage rappelle par moment Juno mais aussi et surtout l’excellente surprise 500 jours ensemble.
Rappelant à maintes reprises le film de Marc Webb, Medianeras en est pourtant suffisamment éloigné pour voir que ce ne sont bel et bien que des inspirations et pas du pompage. Il s’avère en réalité que Tarretto n’a pas réalisé une comédie. Loin du côté bisounours du monde de Zooey Deschanel et Joseph Gordon Levitt, l’Argentin dresse un portrait beaucoup plus réaliste et terre à terre que son cousin américain, on assiste souvent à des pages de vies. Pourtant, même la scène la plus anodine aura son importance. . Et c’est donc réellement sur la forme que le film diffère. En effet les deux destins se suivront dans leurs vies moroses et Medianeras nous amène en réalité a une véritable réflexion sur la vie. Les quelques effets visuels viendront nous conforter dans cette idée que tout n’est pas triste et que le bonheur ne se trouve finalement qu’à trois minutes de chez soit, si on se permet de sortir un peu. Même si le réalisateur ne révolutionne pas le cinéma de part sa réalisation, on peut dire qu’il écrit terriblement bien. L’humour finalement assez noir omniprésent, il ne tombera jamais dans le niais ni dans le cliché. Même si quelques scènes sont parfois un peu capillo-tractée, la finesse du scénario nous entrainera avec les protagonistes essayant tant bien que mal de remonter la pente de la morosité. Les deux acteurs dont Pilar Lopez de Ayala livrent également une excellente performance remplie de justesse et qui semble sincère.

Au final il s’avère que Medianeras est un film couillu, tant sur le traitement que sur la fin. Intelligent, ingénieux et écrit avec finesse, sans pour autant être un véritable chef d’oeuvre, le réalisateur livre avec son premier long métrage une “comédie romantique” qui n’en est pas réellement une mais qui tape plutôt du côté du feel good movie. Il nous amène à une jolie réflexion sur la vie et malgré quelques longueurs (le film est un peu trop bavard) Pilar Lopez de Ayala et Javier Drolas nous feront ressortir avec un sourire jusqu’aux oreilles.

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