Il y a quelques jours, nous étions invités à une projection spéciale organisée par Ulike de L’Homme qui voulait vivre sa vie, le nouveau Romain Duris mis en scène par Eric Lartigau, s’essayant pour l’occasion pour la première fois au cinéma scénario après avoir mis en scène Kad, Olivier, et sa compagne Marina Foïs dans tout un tas de comédies françaises.
Voici la critique du film signée Basile.

L’Homme qui voulait vivre sa vie – Sortie le 3 novembre 2010
Réalisé par Eric Lartigau
Avec Romain Duris, Marina Foïs, Catherine Deneuve
Paul Exben a tout pour être heureux : une belle situation professionnelle, une femme et deux enfants magnifiques. Sauf que cette vie n’est pas celle dont il rêvait. Un coup de folie va faire basculer son existence, l’amenant à endosser une nouvelle identité qui va lui permettre de vivre sa vie.

Éric Lartigau (Mais qui a tué Pamela Rose ?, Un ticket pour l’espace) s’essaye au film “sérieux” en adaptant un roman de Douglas Kennedy. Après tout pourquoi pas ? N’ayant pas pas lu le bouquin, je n’avais qu’une vague idée de ce que j’allais voir : un petit polar sur un type qui tire un trait sur vie.

Le problème (enfin, le premier problème, parce qu’il n’y en a pas qu’un…), c’est que le type en question est incarné par Romain Duris. Et là, gros drame, et pas dans le sens où Lartigau l’espérait. Impossible de prendre Duris au sérieux l’espace d’une seule seconde. Son physique d’éternel adolescent (ou de bobo branleur parisien, au choix) ne cadre absolument pas avec le rôle d’un riche avocat père de famille.
Ses limites flagrantes en termes de jeu empêchent de passer outre cette incrédulité initiale. Il faut le voir, les yeux mouillés, à tenter de nous convaincre que Paul, son personnage, souffre de mille déchirements intérieurs.

En cela, Lartigau n’aide pas des masses en multipliant ses gros plans sur les visages de ses comédiens. La confiance en ses acteurs, c’est bien, mais les choisir intelligemment dès le départ, c’est mieux. Le reste du casting est en mode automatique (la seule qui reste crédible, c’est Deneuve, qui donne le minimum syndical, mais le minimum syndical old school, donc très professionnel).
La galerie de personnages secondaires défile sans que l’on ait le moindre intérêt pour eux. D’ailleurs la moitié fout le camp au milieu du film.

le film dure d’ailleurs 1h55, ce qui s’avère terrible quand on voit la gestion de l’intrigue. Le second acte est d’une platitude épouvantable, les enjeux sont tous passés à la trappe et, plus grave encore, on a carrément changé le ton du film. Du polar on passe à une sorte de carnet de voyage sans intérêt aucun. Ainsi l’entrée dans le troisième acte se fait dans la douleur, Lartigau peine à faire redémarrer la tension et le danger. La fin est navrante (elle diffère du roman parait-il) tant elle est abrupte et facile.

Un montage banal, quelques effets sans inspiration (mais heureusement très rares), des cadres pas réfléchis, d’un point de vue technique rien de scandaleux mais rien qui ne retient l’attention ou mérite qu’on s’en souvienne.

Pour ceux qui aiment les polars qui n’en sont pas, sur deux heures, avec Romain Duris dans un rôle dramatique.

– Basile

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